Cecil B. DeMille Collection
The Sign of the Cross / Four Frightened People / Cleopatra / The Crusades / Union Pacific
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Réalisateur: Cecil B. DeMille
Année: 1932, 1931, 1934, 1935, 1939
Classification: PG
Durée: 120 / 79 / 102 / 126 / 139 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 5 (DVD-?)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
10 juillet 2006

L'un des plus grands réalisateurs d'Hollywood obtient enfin un digne hommage de son héritage cinématographique avec le coffret "The Cecil B. DeMille Collection" où nous retrouvons cinq œuvres monumentales de ce légendaire pionnier du septième art: "Cleopatra", "The Crusades", "Four Frightened People", "Sign of the Cross" et l'inoubliable western "Union Pacific".

Ces cinq titres sont des productions tournées durant les années 1930. "Sign of the Cross" réalisé en 1932 est le troisième d'une trilogie biblique; "The Ten Commandments" (1923) et "King of Kings" (1927). Cecil Blount DeMille parle de religion et de sexe. Les censeurs de l'époque, les âmes bien pensantes ultrareligieuses de la société américaine n'ont pas cru bon de couper certaines scènes de nudité, de violence, de perversion sexuelle et de sadisme voyant plus important le message inclus à l'intérieur de cette œuvre. Ainsi, ce film que je qualifierais de mélodrame salé a évité le ciseau grâce à son contenu de valeurs fortement chrétiennes.

Dans le milieu du cinéma, le Hays Code était l'équivalent de la Limited Life. Il s'agissait d'un code de conduite élaboré pour l'industrie du film par la Motion Picture Producers and Distributors of America et son porte-parole était le Républicain Will Hays, au début des années 1930. Jusque dans les années 1960, le cinéma américain a été régi par ce code qui interdisait entre autres, le blasphème, la nudité, les scènes où la drogue, le sexe et la criminalité étaient présents, et il encadrait le recours non justifié à la brutalité ou aux armes à feu, ainsi que les scènes montrant hommes et femmes au lit. Bref, tout ce que Hollywood nous montre aujourd'hui. Il faut tout de même avouer qu'il y avait une bonne chose dans les interdits du Hays Code, ils étaient en fait générateurs de contrastes et de nuances... ils forçaient les réalisateurs à trouver d'autres façons de rendre ce qu'ils voulaient communiquer sans transgresser les règles établies. Cela donna un cinéma riche en allusions et en métaphores. Un cinéma qui s'imposait beaucoup plus par son intelligence et son imagination que par ses images dures ou choquantes.

D'autre part, "Sign of the Cross" démontre admirablement bien le sens du visuel et du spectacle de ce cinéaste. Cette version originale dénote avec quel panache le réalisateur a imprimé sur pellicule une histoire non seulement érotique mais également d'une violence allant jusqu'à l'excès. Il faut dire que DeMille aimait défier l'autorité de la censure et s'amusait à les provoquer par son voyeurisme. Nous voyons par exemple lors d'une scène, Claudette Colbert se baignant nue dans une piscine de lait d'ânes. Puis, elle invite Dacia (Vivian Tobin) à se déshabiller et à venir la rejoindre dans le bassin, nous invitant à imaginer qu'une relation homosexuelle entre les deux femmes aura lieu. Il y a aussi la scène de la danse de La lune nue qui est provocante et très érotique où l'allusion au lesbianisme est une fois de plus évoquée.

"Sign of the Cross" raconte le récit du préfet Marcus Superbus (Fredric March) qui a un grave problème... il est tombé amoureux d'une chrétienne, Mercia (Elissa Landi) et la loi le lui interdit. Il amène Mercia dans une soirée somptueuse et pour le moins décadente, ne se rendant pas compte que ses ennemis emploieront son amour contre lui. Pire encore, ses relations avec l'empereur Néron (Charles Laughton) sont au plus bas, puisque ce dernier est envoûté par la méchanceté de son épouse Poppée (Claudette Colbert) qui est tout simplement jalouse de voir Marcus amoureux de cette femme chrétienne. Poppée emploiera d'ailleurs toute son influence auprès de son mari afin que Marcus soit jeté aux lions...

Le second DVD "Four Frightened People" est une histoire intéressante mettant en vedette une fois de plus Claudette Colbert. Quatre passagers américains à bord d'un bateau frappé par une grave épidémie de choléra s'échappent de justesse et trouvent refuge sur les côtes inhospitalières d'une île sauvage de la Malaisie. Leur seul espoir de survivre est de traverser la jungle habitée de bêtes féroces et de tribus primitives...

"Cleopatra" se situe en 48 av. J.-C. et relate l'histoire de Cléopâtre (Claudette Colbert) qui doit faire face à l'insurrection en son royaume d'Égypte. Elle reçoit à bras ouverts Jules César (Warren William) car elle voit en lui le meilleur moyen de solidifier son pouvoir sous l'égide de Rome. Après l'avoir écarté, César est assassiné et Cléopâtre oriente maintenant son affection vers Marc Antoine (Henry Wilcoxon)...

Cecil B. DeMille était un perfectionniste tyrannique. Indulgent envers les acteurs, il était souvent très dur avec les assistants, les accessoiristes, les costumières et les maquilleuses. Si une actrice arrivait en retard sur le plateau et qu'il savait que c'était elle la fautive, il ne la réprimandait pas. Ça n'aurait servi qu'à l'énerver. Mais devant elle, il fustigeait les coiffeuses, les costumières et les maquilleuses. Il disait: "Vous avez fait attendre Mlle Colbert, vous nous avez fait attendre, nous, pendant près d'une heure et demie. Je ne le tolérerai pas. Ne refaites jamais ça." Ils baissaient tous la tête. Mais l'actrice savait très bien que c'était sa faute à elle. Sur un plateau de tournage, DeMille était le seul maître à bord, il ne se prenait pas pour Dieu, il était Dieu!

"The Crusades", cette version romancée de la troisième croisade décrit l'aventure du roi Richard Cœur de Lion (Henry Wilcoxon) qui se joint aux croisés pour ne pas avoir à épouser la princesse Alice de France (Katherine DeMille); en route, il épouse plutôt la fille du roi de Navarre, la princesse Bérengère (Loretta Young) en échange de nourriture pour ses hommes. Quand Bérengère est capturée par le sultan Saladin (Ian Keith), Richard attaque la ville d'Acre et s'en empare. Mais Saladin, attiré par la jeune femme, l'entraîne à Jérusalem pendant que Richard court un grand danger.

Il est intéressant de savoir qu'au cours de ce tournage, le casse-cou Jack Montgomery, qui jouait un cavalier chrétien, expliquait lors d'une entrevue qu'il y avait énormément de tension sur le plateau de tournage entre DeMille et la douzaine de cascadeurs engagés pour les scènes de combats. Les cascadeurs étaient outrés par l'attitude peu cavalière du réalisateur qui faisait fi de la sécurité et où plusieurs cascadeurs furent blessés et bon nombre de chevaux tués durant les scènes de batailles. Voyant un DeMille indifférent à leurs revendications, ces doublures d'acteurs décidèrent de passer aux actes. Un jour où le réalisateur se tenait sur les parapets du château, hurlant dans son mégaphone ses directives aux combattants, l'un d'eux qui avait été engagé comme expert au tir à l'arc, exacerbé par les invectives de DeMille lui tira une flèche directement dans son porte-voix, à quelque centimètre de sa tête. DeMille quitta les lieux en toute vitesse et ne revint que le lendemain. Cet incident eut pour effet que pour le reste du tournage "The Crusades", DeMille n'hurla plus après les cascadeurs.

"Union Pacific" est l'histoire de l'un des premiers projets de loi signé par le président des États-Unis, Abraham Lincoln qui autorisait la Union Pacific Railroad de poursuivre son expansion ferroviaire dans les étendues sauvages jusqu'en Californie. Mais des hommes d'affaires peu scrupuleux comme Asa Barrows (Henry Kolker) comptaient faire fortune en y faisant obstacle. L'intrépide Jeff Butler (Joel McCrea) en a plein les bras de l'homme de main de Barrow, un joueur professionnel de cartes Sid Campeau (Brian Donlevy); de plus, l'adjoint de Campeau, Dick Allen (Robert Preston), est un copain de guerre de Jeff qui lui dispute les faveurs de Mollie Monahan (Barbara Stanwyck), la fille de l'ingénieur chef. Qui survivra en bout de ligne à cette aventure aux multiples rebondissements?

Nous retrouvons ici un Joel McCrea plus en accord que jamais avec son talent. Il incarne ici un tireur émérite dont la tâche consiste à protéger la construction de la ligne de chemin de fer. Barbara Stanwyck, dans le rôle d'une fougueuse receveuse des postes irlandaise, s'oppose à lui. Le réalisateur DeMille ne lésina pas non plus sur le matériel: six locomotives et 55 wagons absolument conformes aux modèles d'origine.

Le magnifique boîtier "The Cecil B. DeMille Collection" est soigneusement confectionné et prend la forme d'un livre; il se déplie en trois compartiments où trois plaquettes de plastique transparent sont superposées sur un cartonnage rigide et tapissé de magnifiques photographies des films présentés. "Sign of the Cross" et "Cleopatra" ont été reconstitués grâce aux archives cinématographiques de l'université U.C.L.A. Tous les films de ce coffret semblent être non coupés. Le seul point négatif que j'ai trouvé à cet album est qu'il n'y a aucun supplément disponible sur les cinq disques. Cette absence de complément est triste puisque j'aurais aimé personnellement en savoir davantage sur le tournage de ces films fabuleux.

En ce qui concerne l'aspect sonore et l'image des cinq films, il m'est difficile d'en faire une critique objective étant donné que ces productions cinématographiques ont vu le jour à l'aube du cinéma parlant. Nous sommes ici très loin des systèmes sonores d'aujourd'hui tel le Dolby stéréo. Cependant, tout est parfaitement acceptable, les voix sont parfaitement nettes et intelligibles. Du côté de l'image, bien sûr que ce n'est pas l'Eldorado non plus, il y a beaucoup d'imperfections, dont des rayures et des taches de tous acabits. Le niveau des noirs fluctue énormément, il manque de la profondeur et d'intensité. À plusieurs reprises, l'image devient floue et par moments, elle semble s'éteindre et se rallumer aussitôt. Mais encore là, il serait tout à fait incorrect de critiquer ces aspects avec nos critères actuels et nous devons excuser cette carence, compte tenu de l'âge vénérable de ces films.

Le coffret "The Cecil B. DeMille Collection" est une pièce de collection unique de l'un des plus grands réalisateurs de tous les temps et mérite inévitablement une place de choix au cœur de votre vidéothèque.


Cotes

Film8
Présentation10
Suppléments-
Vidéo6
Audio6