Basé sur la nouvelle de Daniel Keyes Flowers for Algernon, le film raconte l'histoire de Charly (Cliff Robertson), un jeune adulte retardé mental qui va être l'objet d'une expérience médicale. Après avoir subi quelques tests de sélection, il va avoir une opération chirurgicale au cerveau qui devrait lui permettre de retrouver une intelligence dans la moyenne ou même plus. Il est épaulé dans cette aventure par le Dr Alice Kinnian (Claire Bloom), qui croit beaucoup en lui. Dans un premier temps, l'opération montre des signes évidents de progression cognitive. Mais rapidement, tel un ordinateur qui s'emballe, Charly devient un être doué d'intelligence et de raisonnement dignes d'un grand professeur. Jusqu'au jour où les souris ayant servi à l'expérimentation meurent.
Même si nous retrouvons ici les clichés qu'il semble difficile de mettre de côté dans un film racontant la vie quotidienne d'une personne retardée mentale: moqueries de ses collègues de travail, petites manies de l'intéressé, cobaye humain, etc., le film s'attarde beaucoup sur la relation humaine entre Charly et Alice, qui va passer de simple "mère" de substitution à un amour quasi impossible. De fait, la vie quotidienne de l'être inférieur mentalement devient plus ironique, même si le Charly intelligent se rappelle encore, bizarrement, son état d'avant. Nous pouvons nous pencher sur le sujet et se demander si quelqu'un pourrait ainsi avoir des souvenirs d'un état antérieur sans aucun lien avec son état actuel.
Ceci étant dit, le personnage de Charly a valu l'Oscar du meilleur acteur pour Cliff Robertson en 1969, ainsi que pour le National Board of Review, la même année. En fait, Robertson avait déjà côtoyé le personnage de Charlie Gordon lors d'une participation à l'épisode "The Two World of Charlie Gordon", dans la série U.S. Steel Hour, en 1961. Il acheta alors les droits du livre et prépara tranquillement la transposition au grand écran. À noter la présence de Dick Van Patten parmi les scientifiques du centre.
Cette édition DVD nous propose deux versions du film sur un seul disque (double face): la version panoramique et la version plein écran. Les deux possèdent une image que je trouve dans son ensemble un peu trop sombre. De plus, la version plein écran modifie complètement la vision du réalisateur qui utilise à plusieurs reprises la technique de l'écran double (l'écran est partagé en deux verticalement, ce qui permet de voir en même temps le visage des deux personnages). En effet, la version plein écran ne montre qu'un seul des deux plans à la fois, ce qui grossit substantiellement l'image et agrandit les défauts de cette dernière. Je ne saurai donc que trop conseiller d'en rester à la version panoramique. La piste sonore mono anglaise est correcte, mais on manque parfois la compréhension de parties du dialogue en raison d'un volume trop bas. On peut alors se rattraper sur les sous-titres disponibles. La page de menu est statique et il n'y a pas de suppléments.
Cliff Robertson offre ici un bon rôle, sans pour autant être excellent. Je ne partage pas vraiment le choix de l'Académie pour son prestigieux trophée, sans pour autant dénigrer le jeu de l'acteur. Il y a aussi un peu trop de clichés à mon goût. Mais il s'agit là de ma vision de 2005 et nous devons être loin de celle des spectateurs de 1968. Un film qui vaut la peine d'être écouté, principalement pour l'histoire humaine qui en ressort.
| Film | 7 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 5 |