Le mystère opaque entourant les rituels des anciens druides celtes et le rôle joué dans ces pratiques par les cercles de pierres géantes érigées dans la campagne anglaise ont toujours fasciné les gens à l'imagination fertile. Comme les secrets de cette religion païenne étaient transmis de bouche à oreille par les grands prêtres à leurs apprentis, très peu d'informations et de détails ont survécu après l'établissement du christianisme dans les îles britanniques et l'éradication des vieilles croyances. Ce qui fait qu'on spécule beaucoup sur les pratiques anciennes et sur les monuments comme Stonehenge, mais qu'en fait on sait bien peu de choses.
Les scénaristes de fantastique trouvent donc toutes sortes d'idées de départ et de matière brute dans ces rites obscurs qui sont au centre de l'histoire de la culture anglaise actuelle. Que ce soit avec le superbe The Wicker Man, l'Excalibur de John Boorman et les nombreux autres films faisant référence à Merlin ou dans des scénarios d'émissions de télévision comme Doctor Who, les mystères des druides Celtes continuent de fasciner.
Dans les années 70, après le déluge "hippy" et son "flower-power", plusieurs esprits curieux et dégrisés cherchant un sens à l'univers (ou une croyance à laquelle s'accrocher diront les cyniques!) se tournèrent vers toutes sortes de religions alternatives et de croyances anciennes. Les scénaristes Jeremy Burnham et Trevor Ray eurent donc l'idée d'utiliser ce regain d'intérêt pour le folklore ésotérique local et d'en faire le point central de leur série en sept parties "Children of the Stones". En mêlant religion païenne et science moderne (astrophysique - rien de moins!) ils concoctèrent un petit bijou d'émission jeunesse qui marqua toute une génération et devint rapidement culte. Beaucoup des enfants qui virent la série à sa première diffusion sur ITV en 1977 en parlent encore comme d'un des programmes les plus épeurants de leur vie. Un peu comme les "Daleks" de Doctor Who l'avaient fait pour la génération précédente en 1963.
L'histoire de "Children of the Stones" se déroule dans le petit village fictif de Milbury et de son cercle de 53 pierres. Lorsque l'astrophysicien Adam Brake (Gareth Thoma, le héros de Blake 7) et son fils Matthew y arrivent pour passer quelques mois à faire des recherches sur le magnétisme des pierres druidiques, jamais ils n'auraient pensé se retrouver au centre d'un mystère théologique et scientifique qui risque de mettre leurs vies et leurs âmes en danger. Mais rapidement ils s'aperçoivent qu'une partie des villageois ne semblent pas tout à fait normaux avec leur absence d'émotion et leurs capacités intellectuelles étrangement décuplées. Comme s'ils étaient contrôlés par une force mystique extérieure. Puis les seuls amis qu'ils réussissent à se faire changent eux aussi peu à peu pour rejoindre les "zombies" bienheureux. La famille Brake saura-t-elle percer à temps le mystère du cercle de pierre? Ou le père et le fils seront-ils happés pour l'éternité par la force magique de Milbury et de ses habitants? Et puis quel rôle vient jouer Rafael Hendrick un autre astrophysicien habitant la maison au centre du cercle et apparemment chef spirituel de la communauté?
Tourné en grande partie dans le réel village d'Avesbury et de son cercle de pierres monolithiques, la série utilise toute sorte de procédés habiles pour créer un climat d'étrangeté et de tension autour des deux personnages principaux. Contre-plongées dramatiques sur les menhirs, soleil percutant la caméra de plein fouet au sortir d'un recadrage vertical, superpositions de figures de villageois et de pierres donnant l'impression que l'un est l'autre, ronde des habitants sans émotion au crépuscule, etc. L'utilisation osée d'une musique complètement bizarre composée de cris humains et d'un rythme de basse répétitif vient brillamment clore le tout et capter l'attention du public (de tous âges incidemment, même si la série visait les jeunes!) Il est sûr qu'avec le recul des années et l'évolution exponentielle des techniques télévisuelles et narratives pour créer la peur et l'angoisse, certaines scènes et certains effets nous sembleront aujourd'hui un peu vieillots. Mais il reste que pour ceux et celles capables de faire fi de ces détails et de se plonger dans l'histoire, "Children of the Stones" captivera aisément la famille pendant ses trois heures.
Pour la qualité audio-vidéo, on a fait un bon travail de restauration pour le transfert DVD. Des bandes vidéo et des extraits 16mm (qu'on utilisait pour les extérieurs) de l'époque on a réussi à améliorer un peu la qualité en corrigeant certains défauts comme les couleurs ternes, la définition manquant de netteté ou les contours mal définis. On a aussi amélioré le son général en filtrant adéquatement beaucoup de bruits de fond et en augmentant la plage des fréquences, ce qui rend les dialogues et les ambiances plus agréables à l'oreille. On a de plus mis l'emphase sur la musique horrifiante, la rendant claire et la ramenant au premier plan pour un effet de terreur des plus réussi.
En suppléments on retrouve une galerie de photos, quelques anecdotes sur la série, des notes de production et surtout deux entrevues avec des artisans de l'émission, soit l'acteur Sir Gareth Thomas qui joue le rôle de l'astrophysicien Adam Brake et Peter Graham Scott le producteur-réalisateur. Les deux se remémorent leur expérience sur le tournage avec affection et respect pour le scénario.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |