Il y a plus de deux ans, alors que je vous écrivais la critique de la première adaptation cinématographique des "Chronicles de Narnia", The Lion, The Witch And The Wardrobe, j'avais l'intention de lire tous les livres et je n'y suis pas encore arrivée malheureusement... Mais j'attendais tout de même ce deuxième métrage avec impatience, et je dois dire, j'ai été tout aussi enchantée par ce film qui nous projette dans un univers fantastique. Bien que le public de ces livres et films semble être les plus jeunes à la base, l'histoire est intéressante, le film est superbement réalisé, et les plus vieux aussi finissent par y trouver de leur compte. Cette Chronique de Narnia, intitulée "Prince Caspian", est le deuxième livre dans la série littéraire, mais sur la séquence chronologique des sept livres, il arriverait normalement en quatrième.
Il s'est passé 1300 ans depuis le départ des enfants Pevensie du monde de Narnia, mais dans la vie réelle, seulement un an s'est écoulé. Les jeunes sont en Angleterre et attendent le train qui doit les amener à l'école: ce n'est toutefois pas là qu'ils iront ce matin là, car les murs seront aspirés et un train qui doit les retourner à Narnia prendra place. Ils arrivent sur les lieux, et réalisent que le château Cair Paravel fut attaqué et que beaucoup de choses ont changé depuis leur départ. Sous le règne du roi Miraz, une nouvelle race de soldats appelés les Telmarines font la loi et règnent sous un régime de peur. Prince Caspian (Ben Barnes) est l'héritier au trône, mais le méchant roi Miraz (Sergio Castellitto) tente à tout prix d'éliminer tous ceux qui empêcheront son fils nouveau-né de devenir roi: sa première victime ayant été le père de Caspian, il tente maintenant de décimer toute cette famille. Les enfants Pevensie devront entreprendre une nouvelle mission, soit celle de ramener la paix dans le monde de Narnia et aider l'héritier à reprendre le trône qui lui revient de plein droit.
Le tournage de Prince Caspian a débuté en 2007, mais l'écriture a débuté avant même la sortie du premier film: en effet, le réalisateur Andrew Adamson voulait éviter de commencer à tourner le film trop tard, et que les enfants - acteurs - soient rendus trop vieux. On voit clairement qu'ils ont vieilli de quelques années entre le premier et le second tournage, mais ça passe encore. J'ai plus de craintes pour le troisième opus. Celle qu'on voit le plus de transformation est évidemment la petite (Georgie Henley), qui est maintenant adolescente et qui devient tranquillement une jeune femme. Personnellement, j'ai beaucoup aimé l'orientation qui fut prise pour ce deuxième film: on voit qu'Adamson a amélioré sa vision, le film est plus majestueux, mais surtout, un peu plus sombre. Adamson nous explique que plus de 1300 ans plus tard, Narnia a été oppressée par les Telmarines et il voulait transposer ce sentiment par le biais de scènes plus sombres, des batailles plus impressionnantes, etc. La scène de l'attaque organisée par Peter et Caspian sur le château de Miraz est particulièrement impressionnante, tout comme la scène de la bataille finale suite au combat entre Peter et Miraz.
Les effets spéciaux sont renversants dans ce film: on apprend dans les suppléments, que le château de Miraz fut bâti en modèle réduit à une échelle de 1/24 et 1/100 et que ceux-ci ont été utilisé pour du tournage et du montage subséquemment. Quand on sait que c'est Alex Funke, qui a travaillé sur la série Lord of the Rings, qui a dirigé cette portion du tournage, on comprend pourquoi c'est à ce point réussi. Durant la bataille la plus importante entre les Narnians et les Telmarines, seulement 150 figurants se trouvaient du côté des premiers alors qu'on en retrouvait le double pour les deuxièmes: or, le duplicage numérique a permis de faire apparaître 1000 Narnians et 5000 Telmarines. On apprend aussi que cerrtains des personnages, dont les Centaures, ont été créé entièrement à l'écran au lieu de créer des jambes numériquement, à des vrais humains.
Sur le premier disque de cet ensemble DVD, on retrouve comme suppléments quelques bandes-annonces ainsi qu'une piste de commentaires avec le réalisateur Andrew Adamson, les acteurs qui jouent les quatre enfants, mais cette fois également l'acteur qui joue le Prince Caspian. On voit que c'est Adamson qui dirige la piste de commentaires et les jeunes viennent ajouter de leurs commentaires ici et là: lorsque certains d'entre eux tentent de prendre la parole, cela devient un peu cacophonique parce qu'on entend de multiples rires entre les commentaires. Mais en somme, on voit que les commentaires d'Adamson sont pertinents et que les jeunes renchérissent par-dessus, aux moments où leur personnage intervient dans l'histoire.
C'est sur le second disque qu'on retrouve le gros morceau en termes de suppléments. D'abord, un documentaire sur la production, intitulé "Inside Narnia: The Adventure Returns", qui reprend le film depuis la Nouvelle-Zélande, jusqu'à son plateau de tournage final à Prague. D'ailleurs, les lieux de tournage ont pris toute leur importance dans ce second film, notamment pour des motifs budgétaires, mais ce fut après de longues recherches que les choix de sont portés sur la Pologne et la République Tchèque, en plus de la Nouvelle-Zélande. Le segment "Sets of Narnia: A Classic Comes to Life" nous en dévoile davantage à cet égard, mais également de la façon dont les lieux décrits dans le livre ont été transposés à l'écran pour nous donner le résultat que vous pourrez visionner dans le film. Dans la séquence "Big Movie Comes to a Small Town", on apprend comment le petit village de Usti, en République Tchèque, a été pris d'assaut à l'arrivée d'une équipe de tournage et de production de plus de 1 200 personnes.
Les effets spéciaux et le maquillage prenant une place de choix (The Lion, The Witch And The Wardrobe a remporté l'Oscar du meilleur maquillage et était en nomination pour les catégories effets spéciaux et mixage de son), il était normal qu'il y ait des suppléments leur étant consacré. "Previsualizing Narnia" montre un peu la façon don't le montage est effectué pour voir ce que le film va avoir l'air comme résultat final, lorsqu'on combine à la fois les scènes filmées avec les scènes numériquement créées. "Talking Animals and Walking Trees: The Magical World of Narnia" est court, mais j'ai apprécié ce supplement, car Prince Caspian, à la difference de son précédesseur, montre de nombreux personnages, tant des animaux ou des arbres parlants que des Centaures, des Minotaures, des elves noirs et rouges, etc. Tous ces personnages composent le monde magique qu'est celui de Narnia et il est impressionnant de voir comment des créatures qui ne sont normalement pas supposées parler, ont été animées dans le film. "Secrets of the Duel" est une autre courte revuette, qui aborde à son tour le combat entre Peter et Miraz, une de mes scènes également très aimées, car le côté noble et officiel du duel m'a plue: le supplément discute tant les armes qui furent utilisées, que les lieux de tournage et les chorégraphies de combat. Dans "Becoming Trumpkin" et "Warwick Davis: The Man Behind Nikabrik", les nains sont à l'affiche puisque les acteurs Peter Dinklage et Warwick Davis, qui interprètent les personnages de Trumpkin et de Nikabrik, on chacun droit à leur propre heure de gloire! Leurs personnages sont évidemment décortiqués, on décrit la façon dont leur maquillage et costumes ont été montés, et bien entendu il y a quelques extraits de scènes importantes pour les deux personnages.
On retrouve dix scènes retranchées, chacune introduite par Adamson (facultatif), qui sont intéressantes, mais on comprend le motif des coupures, et par ailleurs, dans plusieurs d'entre elles on constate que les effets spéciaux n'ont pas été finalisés. Il y a aussi une séquence de bloopers et deux œufs de Pâques, pour ceux qui seront capables de les trouver (petit indice: le petit soleil dans le haut du premier écran et la couronne entre les deux options à la toute fin du menu). Dans les deux cas, c'est un peu futile et on pourrait facilement se passer desdits suppléments (comme des œufs de Pâques d'ailleurs).
Le troisième et dernier disque (composant cet ensemble "Collector's Edition" de trois-disques, est en fait une copie numérique "DisneyFile", qui vous permettra de télécharger le film sur votre portable ou ordinateur, afin d'en avoir une copie à visionner sur la route ou autre. C'est sympathique j'imagine, pour ceux qui ont des enfants et histoire d'en avoir une copie de sauvegarde aussi, mais je n'y voyais pas l'utilité pour moi qui n'en ait pas. Par ailleurs, ce troisième disque ne comporte pas de contenu à valeur ajoutée, donc je n'aurais pas qualifié cette édition spéciale "de trois disques", uniquement pour cette raison.
Au niveau technique, c'est également très beau: l'image est claire et bien définie, particulièrement lors de scènes extérieures qui montrent de pittoresques paysages. Lors de scènes plus sombres telles qu'au début du film lorsque le Prince Caspian s'évade, ou encore lors de l'invasion du château de Miraz, on a parfois plus de difficulté avec les ombres et le jeu des couleurs. Cela dit, il y a peu d'imperfections dans l'image, car le transfert est bien rendu. La trame sonore, de son côté, accompagne très bien l'action dans le film et contribue à l'effet, tantôt magique, tantôt dramatique, du film. Toutes les enceintes sont bien sollicitées, particulièrement lorsqu'on retrouve des scènes d'actions, notamment lors des batailles. Les dialogues sont en général bien perceptibles, bien qu'à certains moments les effets spéciaux et la musique prennent un peu le dessus. Pour ceux que cela intéresse, des trames en français et en espagnol sont disponibles: j'ai bien apprécié la seconde, car cela m'a permis de pratiquer mon espagnol, que je tente d'apprendre!
The Lion, The Witch And The Wardrobe a généré des recettes mondiales de 744K, comparativement à seulement 403K pour "Prince Caspian": c'est ce qui a fait en sorte que des contraintes budgétaires ont été imposées pour le troisième film, The Chronicles of Narnia: The Voyage of the Dawn Treader. Sa sortie est prévue pour 2010: le réalisateur sera cette fois-ci Michael Apted, bien qu'Andrew Adamson soit crédité à titre de co-producteur avec Mark Johnson. Malgré la moins bonne performance au box-office du deuxième film, je dois personnellement dire que je l'ai tout autant apprécié, particulièrement du point de vue visuel, et que j'attends la suite avec grande impatience! Un beau cadeau pour vos jeunes pour le temps des fêtes (joignez-y le premier pour encore doublement de plaisir, si vous ne l'avez pas déjà!).
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |