Les films d'ados peuvent prendre plusieurs saveurs. Il y a la légère, de style American Pie, la spéciale style American Beauty et la carrément tragique style Elephant (et ses dérivées). Avec "The Chumscrubber", nous avons un certain mélange des deux dernières, avec à l'évidence au bout de la pellicule plusieurs questions qui nous restent en tête. Un film qui n'a, de toute évidence, pas eu la couverture médiatique qu'il aurait dû avoir. Espérons lui redorer un peu son blason avec cette sortie sur DVD.
Avec une telle liste de vedettes, ce film a-t-il manqué sa cible? Au générique, nous retrouvons Glenn Close, Jamie Bell, Ralph Fiennes, Rita Wilson, Carrie Ann-Moss, John Heard, Lauren Holly et Rory Culkin, pour ne nommer que ceux-là. Que de belles pointures qui ont su nous donner, souvent, de bons moments. Personnellement, depuis que j'ai vu Billy Elliot, j'avoue m'intéresser à la carrière du jeune Jamie Bell. C'est donc complètement par hasard que ce titre, dans lequel il a pratiquement le rôle principal, est arrivé dans mes listes. Et je ne le regrette pas. Ce chassé-croisé de destins, bien différents les uns des autres, nous démontre une fois de plus qu'il est possible de faire du bon cinéma sans tomber dans trop de stéréotypes. Malheureusement, le jeune réalisateur Arie Posin a peut-être surestimé ses possibilités. Même si de nombreux plans sont originaux, on constate encore une certaine difficulté dans la maîtrise de la caméra. Ce n'est pas trop méchant, mais cela empêche d'avoir avec ce film un plaisir complet. Mais disons que c'est proche.
Dean Stiffle (Jamie Bell) vit dans un quartier cossu d'une grande banlieue américaine. Il est l'aîné de deux garçons et son frère Charlie (Rory Culkin) semble collé sur le sofa avec ses jeux vidéo, même s'il a son opinion sur plein de choses. Comme il le fait presque chaque jour, il quitte sa maison pour aller voir son ami Troy, dans la maison d'en face. Aujourd'hui, la mère de Troy (Glenn Close) reçoit beaucoup d'invités. Elle indique à Dean que son fils est dans sa "planque", une sorte de grand abri de jardin au fond du parc. Mais Dean aura la désagréable surprise de trouver son ami pendu. Va partir de là une prise de conscience de la plupart des personnages, chacun à son niveau, avec plus ou moins de bonheur pour chacun. Le message, qui malheureusement s'enlise un peu dans cet amalgame de situations sociales, porte sur les jeunes et leur abus de médicaments, drogues plus faciles à s'approprier et surtout plus légales (avec la mention "Meet Generation Rx" sur la jaquette). Troy était un fournisseur réputé dans le milieu, que ne fréquentait pas vraiment Dean. Mais Troy a quitté ce bas monde en laissant des clients insatisfaits. Ces derniers vont maintenant se rabattre sur Dean, pensant que ce dernier était au courant des "affaires" de son ami.
Sorti pratiquement inaperçu en août 2005, ce film ne serait pas resté à l'affiche plus d'un mois. Le titre n'attire pas vraiment, ne voulant rien dire et identifiant, dans l'histoire, un personnage de dessin animé pour les jeunes où le personnage perd littéralement la tête et se promène avec au bout du bras. C'est peut-être le seul point avec l'histoire du film qui ne me dit rien. Pour ce qui est de la présentation de ce DVD, produit par DreamWorks, elle est très simple. Nous avons une qualité d'image très bonne, bien contrastée et saturée, dans ce paysage de banlieue californienne. La bande son anglaise, déclinée en deux formats (avec peu de différences) est très précise et claire. Des sous-titres apportent le petit plus nécessaire aux non-anglophones. La page principale du menu est animée et sonorisée alors que les pages secondaires sont seulement statiques et sonorisées.
Du côté des suppléments, nous retrouvons tout d'abord une piste de commentaires avec le réalisateur Arie Posin et le scénariste Zac Stanford. Même s'il n'y a pratiquement que le premier qui prend la parole, ses interventions sont toujours pertinentes en fonction des scènes visualisées. Nous obtenons beaucoup d'anecdotes sur le tournage et sur le résultat final. Puis nous avons un documentaire sur le tournage "The Making of The Chumscrubber". Court, à peine douze minutes, ce documentaire est composé de plusieurs scènes du film, mais aussi d'interventions de la plupart des acteurs principaux et du réalisateur. Il y a aussi certaines révélations dans ce documentaire, soyez-en avertis. Nous poursuivons avec dix scènes supprimées ou rallongées. On peut se demander pourquoi certaines ont justement été supprimées. Celle de l'avion téléguidé est à la fois drôle, un peu exagérée et terriblement efficace.
Comme je l'ai dit, le réalisateur a voulu trop en mettre. Incorporer dans un seul film des sujets comme le suicide et les drogues chez les jeunes, le délaissement de ces derniers par les parents trop occupés et les distances sociales entre les gens, c'est un peu trop en une seule fois dans un film de 100 minutes. Mais dans l'ensemble, on ne se perd pas trop, ce qui est bien. J'ai bien aimé ce film que j'ai regardé avec assiduité. Je vous le conseille, au moins en location, pour ne pas manquer une autre belle prestation de Jamie Bell, sans oublier ses camarades, qui ont bien moins besoin de présentation que lui.
| Film | 7 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |