Cloverfield
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Matt Reeves
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 84 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Frank Rodi
10 mai 2008

Rarement un film aura connu un tel engouement avant sa sortie au cinéma, grâce notamment à la magie d'Internet et au bouche à oreille. La folie a surtout débuté en raison de la bande-annonce (la tête arrachée de la Statue de la Liberté qui dévale les rues de New York) projetée avant le film Transformers, l'été dernier, et qui ne dévoilait que le nom de J.J. Abrams, connu surtout pour la mystérieuse télésérie Lost, ainsi qu'une date de sortie (1-18-08), mais pas le titre du film. Une première.

Les rumeurs se sont ensuite mises à circuler, des sites Internet ont été créés sur le sujet, certains officiels, d'autres pas du tout, et le sujet du long-métrage est finalement sorti : un film de monstre qui attaque New York. Encore une fois, les rumeurs les plus saugrenues se sont propagées comme une trainée de poudre. Qui était ce monstre? Une version américaine de Godzilla, ou peut-être une production sur le monstre de Cthulhu, l'œuvre de Lovevraft? Certains ont cru à un film sur l'univers Voltron alors que d'autres espéraient un lien avec "Lost".

Le moins que l'on puisse dire, c'est que tout de ce film était mystérieux, du synopsis à la distribution, complétée que par des inconnus auxquels aucun scénario n'avait été envoyé au préalable. Même le titre du film, "Cloverfield", était un mystère. Après maintes recherches et discussions sur le Web, les amateurs ont fini par apprendre que "Cloverfield" serait un film de monstre original, provenant de sous l'océan, et que tout le film serait tourné caméra à l'épaule. Un heureux mélange entre Godzilla et Blair Witch Project.

Après la sortie tant attendue dans les salles de cinéma, certains ont crié au génie alors que d'autres ont crié au scandale. Personnellement, j'ai adoré. Les films qui osent, qui sortent de l'ordinaire, qui dérangent, qui surprennent et qui défient les lois m'ont toujours intéressés. Je pense ici à Being John Malkovich, Memento, Blair Witch Project et évidemment Donnie Darko.

Le film sur pellicule a été retrouvé par l'armée sur le site de l'incident, ce qu'on appelait auparavant Central Park. Ainsi débute le film. Des amis sont réunis dans un appartement de New York en l'honneur de Rob, qui s'apprête à quitter le pays pour le Japon. Mais alors que la fête bat son plein, une secousse ébranle tout l'immeuble dans lequel ils se retrouvent. Surviennent alors des explosions, des boules de feu qui détruisent nombre de bâtiments, des hurlements, des courses folles dans les rues de New York et l'image choc du film : la tête de la Statue de la Liberté qui roule entre les voitures. Mais qui peut décapiter la Statue de la sorte? C'est avec la caméra à l'épaule de l'un des personnages que le spectateur observe tout le film. Ça secoue, ça brasse, ce n'est pas statique comme image et très peu révélateur. Certains en auront des hauts le cœur, d'autres ne pourront peut-être pas regarder au complet. Le passage dans le métro empêche de voir tout ce qui se passe à l'extérieur, mais l'idée de génie du film est là : avec cette technique, le mystère du monstre, le mystère du film demeure. Le spectateur ne voit pas tout, pendant une bonne partie du film, rien n'est dévoilé sur ce fameux monstre. Même après sa sortie sur grand écran, "Cloverfield" demeure un mystère, puisqu'il est impossible de tout connaître des agissements de la créature, des actions entreprises par l'armée, des destins des autres personnages, comme c'est souvent le cas dans des films plus conventionnels. On reconnaît ici la touche J.J. Abrams.

Évidemment, filmée sur caméscope numérique, l'image du film reste foncée, granuleuse et... évidemment, très tremblante. Les personnages passent une bonne partie du film à courir dans les rues de New York alors cela n'aide pas la cause. Selon la scène, la mise au foyer de la caméra n'est pas toujours parfait et à quelques occasions, de la poussière, de la terre, et même des gouttes de sang se retrouvent sur la lentille de la caméra, mais tous ces détails viennent ajouter à l'effet désiré. L'image n'est pas parfaite, mais elle n'est pas censée l'être non plus. En début de film, on annonce tout de suite qu'il s'agit des images d'une caméra retrouvée sur le site de l'incident. Ces "défauts" de l'image sont ajoutés afin de rendre l'idée des images retrouvées encore plus vraisemblable. Malgré tout, l'image demeure de grande qualité, tout comme la piste sonore. Les voix peuvent parfois sembler renfermées, mais cela aussi est voulu afin de rendre encore plus réel le document retrouvé dans les décombres. Le son et les dialogues en particulier sont très clairs, suffit d'écouter notamment la scène sur le pont de Brooklyn pour s'en rendre compte.

Plusieurs suppléments sont offerts sur le DVD, notamment quelques scènes supprimées et deux fins différentes, mais qui ne nous apprennent rien de nouveau. Sont également disponibles des prises ratées, une revuette sur les coulisses et les effets spéciaux de Cloverfield, une piste de commentaires du réalisateur Matt Reeves et un court métrage avec J.J. Abrams en entrevue, qui nous informe un peu plus sur la genèse du film et de son monstre. Les bandes-annonces du prochain film de Star Trek (J.J. Abrams encore!) et du quatrième volet des aventures d'Indiana Jones sont aussi au menu des extras. Une dizaine d'œufs de Pâques ont aussi été insérés à travers les menus du DVD, mais dont la plupart avaient été rendus disponibles sur Internet.

On aime ou on déteste "Cloverfield". Il n'y a pas de juste milieu. Pour ma part, je fais partie de la première catégorie. C'est un film original, qui laisse planer le mystère et qui n'a pratiquement pas d'antécédents. Jamais un film de monstre n'avait été filmé de la sorte auparavant. Uniquement pour cette raison, il faut voir "Cloverfield". Une suite serait prévue pour 2009.


Cotes

Film9
Présentation7
Suppléments8
Vidéo7
Audio7