Code 46
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Michael Winterbottom
Année: 2004
Classification:
Durée: 93 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
30 décembre 2004

Michael Winterbottom est un prolifique cinéaste anglais qui réalise des films très intimistes et intelligents lesquels donnent une grande place à l'improvisation de la part des comédiens. Grand admirateur de la nouvelle vague du cinéma allemand, tout particulièrement le travail de Werner Herzog et celui de Rainer Werner Fassbinder, il n'hésite pas à faire des clins d'œil aux œuvres de ces grands cinéastes. Même si la trame narrative de ces films porte majoritairement sur la politique et la sociologie, c'est dans son traitement qu'il se distingue en les englobant dans des films aux genres variés tel le western The Claim, la guerre Welcome to Sarajevo et le mélodrame Go Now. Pour s'assurer d'une autonomie artistique totale, il finance lui-même ses films à même "Revolution Films", sa maison de production.

Son dernier projet intitulé "Code 46" donne dans la science-fiction et est plus près de l'univers de Gattaca que celui de Battlestar Galactica. Dans un futur surchauffé par le soleil où les villes surpeuplées sont les seuls endroits relativement sécuritaires pour y vivre, l'enquêteur William Geld (Tim Robbins) se voit dépêché à Shanghai pour investiguer sur le marché des faux visas. Il faut dire que ces morceaux de papier sont la seule façon qu'ont les gens de se glisser à l'intérieur des villes. Doté d'une faculté lui permettant de lire dans les pensées, il remontera le problème jusqu'à sa source et il rencontrera Maria (Samantha Morton), jeune femme étrange avec qui il aura une aventure et finalement enfreindre le code 46.

C'est avec son équipe coutumière que Michael Winterbottom signe "Code 46", c'est à dire avec Frank Cottrell Boyce comme scénariste et Marcel Zyskind et Alwin H. Kuchler à la cinématographie. Comme mentionné auparavant, les effets spéciaux font place aux dialogues et ce film n'est finalement qu'un drame qui se passe dans un futur indéterminé aux allures métallisées et vitrées. On vous présente d'une façon intelligente le côté pernicieux du clonage, des effets dévastateurs de la pollution et du réchauffement climatique ainsi que de l'inévitable convergence vers le totalitarisme avec le phénomène de mondialisation. C'est en nous illustrant l'isolement et le désespoir qu'il arrive à nous exposer ce cri d'alarme. Autre chose intéressante dans ce film est la convergence des langues vers un anglais comprenant son lot de mots espagnols et français. Si les problématiques soulevées sont pertinentes et d'actualité, il dérape par contre dans son traitement qui se veut trop mélodramatique et pas assez écrasant. Le jeu très relâché des comédiens jure également avec l'urgence du propos.

La vidéo de ce film est selon les normes du moment et est d'excellente qualité. La très riche palette de couleurs de ce film est bien rendue sur ce très propre transfert exempt de saleté et d'artéfacts de compression. Côté audio, seule la trame originale Dolby Digital 5.1 est au menu et c'est sous le signe de la sobriété qu'elle résonne. C'est surtout un opus d'enceintes avant que nous avons le droit d'écouter. Les canaux arrière sont mis à l'épreuve lors de la reproduction de timides effets environnants et lors du déploiement de la trame musicale. Les dialogues sont intelligibles et le mélange d'anglais, d'espagnol et de français en fait quelque chose de rafraîchissant à entendre. La somptueuse trame musicale s'intègre très bien à ce futur non trop distant et à l'ambiance du film.

Le menu est des plus classique et nous voyons une image statique des deux protagonistes entourée d'une série de chiffres représentant le code de déontologie de la société du futur, dont le fameux code 46. Côté suppléments, nous avons droit à un documentaire sur la production d'environ 17 minutes où le réalisateur, le scénariste et les vedettes principales nous parlent de leurs perceptions par rapport au film. Personnellement, ce regard en coulisse du film n'est rien de plus qu'une série d'entrevues faites avec les principaux artisans pour justifier certains choix et décisions, mais en effleurant simplement l'écorce du film. Une trame de commentaires du réalisateur aurait dû être au menu pour permettre au spectateur de mieux comprendre ce très cérébral film et mieux en apprécier la cinématographie, les choix musicaux et l'ambiance. Quatre scènes retranchées avoisinant les trois minutes, la bande-annonce du film et les bandes-annonces de divers produits du catalogue MGM complètent cette section. Un encart recto verso comprenant les chapitres du film est également inclus dans cette édition DVD.

"Code 46" n'est pas un film de science-fiction, mais plutôt un drame qui se déroule dans un futur ou il est plus facile d'exister que de vivre. Michael Winterbottom soulève des questions très pertinentes face au clonage génétique et à la pollution et il propose une approche très lancinante et impersonnelle dans sa façon de l'exposer. Ce film est plus propice aux amateurs de film de répertoire que de science-fiction et je vous suggère son visionnement avant de délier les cordons de votre bourse afin de vous le procurer.


Cotes

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