Coffee Date
TLA Releasing

Réalisateur: Stewart Wade
Année: 2006
Classification:
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
30 septembre 2007

On nage en plein délire. La naissance du 21ème eiècle est marquée au fer rouge par la confusion en tout genre. Au cinéma, le thème de la confusion a été abordé de tous les côtés et cette fois, il traite de l'homosexualité sous forme de comédie. Les raisons m'ayant poussé à choisir ce titre sont les mêmes qui ont poussé le personnage principal à justifier le titre (hasard, quand tu nous tiens).

Todd n'a pas de chance en amour ces derniers temps. Son frère l'envoie donc dans un café à la rencontre de Kelly. Croyant qu'il s'agissait d'une femme qu'il allait rencontrer, il se retrouve devant un homme. Frustré et hors de lui, il se rend compte que non seulement son frère pensait qu'il était gay, mais son entourage au complet se l'imaginait ainsi. Tout au long, à mesure qu'il essaie de convaincre les autres de son orientation, il se surprend à commencer à croire ce qu'on lui disait depuis le début. Dans une finale qui ne fait pas l'ombre d'un doute et que le spectateur aura deviné avant même que la première scène soit terminée, le film se conclut dans une finale psychologiquement peu probable.

Le scénario, bien qu'infusé de bonnes intentions, ne parvient pas à se hisser au niveau des grands films. On retrouve les clichés souvent surexploités dans le cinéma : l'homme au t-shirt rose très serré, les lieux bien décorés, etc. Néanmoins, il en ressort une honnêteté, une innocence qui surprend et qui même accroche. La mise en scène de Stewart Wade prend le temps de placer les personnages sans trop d'exposition et garde un ton efficace énergique qui insuffle un peu de vie dans le mélange. En ajoutant une cuillérée de scènes classiques (l'homme qui a la chance de se rendre à l'acte avec la femme dont il rêvait pour subitement se rendre compte de son orientation, la mère TROP supportrice de son rejeton avec son chandail) qui viennent miner le déroulement du récit, on a souvent l'impression d'avoir affaire à un script qui veut TROP et à trop vouloir en montrer, on finit par être saturé. C'est le cas avec "Coffee Date", qui n'a malheureusement pas les ambitions d'un Philadelphia ni sa complexité ou son message. Certaines interprétations sont à l'avenant et d'autres frôlent la caricature pure et simple, causant un détachement gênant du film en cours. La photographie ne se complique pas la vie en virevoltant ou en exécutant des prouesses narratives quelconques. Au lieu de ça, on est planté devant, regardant un film qui se déroule comme les dessins animés des années 80 (scan de la pièce, zoom, travelling en règle), rien pour transcender la matière. Stewart Wade livre une mouture édulcorée d'un scénario qui aurait grandement besoin de davantage d'ambition. Si son but était de divertir, il a presque réussi. Si c'était de promouvoir une facette de l'orientation sexuelle, il a encore quelques croûtes à manger.

Les suppléments offerts donnent l'heure juste sur le film. Suffisamment d'entrevues, de scènes coupées et ratées pour quiconque désire comprendre le déroulement du tournage, la séance de photo de promotion, pourquoi certaines scènes ont été coupées, etc. L'équipe présente lors du tournage profite bien des moments entre les prises pour s'entretenir avec les acteurs et le réalisateur, tirant également des propos pertinents et des ambitions voulues par le scénariste-réalisateur. La bobine de prises ratées est hilarante et les scènes coupées sont totalement justifiées, ne procurant pas réellement davantage au déroulement de l'intrigue.

L'image est bien travaillée, mais souffre d'un manque de contraste surtout lors des scènes de jour. On dénote cependant une définition nette de l'arrière-plan ainsi qu'une balance bien dosée pour la saturation et la couleur. On ne perçoit que très peu de compression, survenant en général dans les scènes plus sombres. En guise de piste sonore, le 5.1 offre une belle ambiance, surtout lors des scènes se déroulant dans des endroits peuplés. Les conversations ne se perdent pas dans un amas de bruit, mais savent s'en démarquer. Les menus sont animés et musicaux, à l'image du boîtier.

En définitive, "Coffee Date" s'adresse surtout aux spectateurs ne cherchant pas à trop se creuser la tête, à regarder des acteurs parfois moins inspirés que la moyenne livrer un scénario psychologiquement confus (ce doit être une tendance ou alors c'est dans le concept, mais j'ai pas pigé) au dénouement prévisible. Par contre, l'ensemble demeure sympathique et mérite d'être vu, ne serait-ce pour l'effort de groupe.


Cotes

Film4
Présentation6
Suppléments7
Vidéo7
Audio8