Les années 80 ont réellement été les meilleures dans la carrière d'Eddie Murphy. Ce comédien sorti tout droit de l'émission hebdomadaire Saturday Night Live n'a cessé de livrer des comédies et "Coming To America" est une bonne preuve de l'étendue de son talent, largement sous-estimé par des flops de bien triste mémoire. John Landis à qui nous devons An American Werewolf in London se place derrière la caméra en tant que réalisateur. Levons le rideau sur une nouvelle édition DVD qui devrait sonner le glas à sa précédente.
Akeem (Eddie Murphy) est un prince ayant quitté son royaume afin de trouver une femme qui saura l'aimer pour qui il est, allant à l'encontre du désir de ses parents monarques. S'installant à New York avec son fidèle serviteur (Arsenio Hall) en tant qu'immigrants démunis, l'un tente de se faire une vie de ses propres mains tandis que l'autre n'a de cesse que de rêver à un confort royal. Tombant littéralement amoureux à première vue d'une jeune femme (Madge Sinclair). L'histoire est on ne peut plus simple et racontée encore et encore. Malgré tout, il y a quelque chose de différent avec l'essai de John Landis: Eddie Murphy et Arsenio Hall. Là où un tel scénario aurait échoué lamentablement avec des comédiens moins connus ou capables d'improviser, Murphy et Hall s'en donnent à cœur joie en interprétant la plupart des rôles secondaires. Au total, trois pour Arsenio Hall et quatre pour Eddie Murphy. Tout cela à l'époque où l'ordinateur n'avait en rien les capacités d'aujourd'hui. Simple, mais savant montage.
John Landis laisse sa caméra tourner quand les deux comiques parlent, et ensuite, change de plan quand le tout devient un tant soit peu intéressant. Rien de bien sorcier là-dedans, mais le tout réside dans le jumelage de Hall et Murphy pour offrir un tandem noir qui se démarque en tant que comédie, bien des années après sa conception originale. On parle de message intemporel de l'acceptation raciale au plus pur sens du terme et ici, rien n'a été laissé au hasard. L'enseigne du restaurant pour lequel travaille Akeem n'est pas une coïncidence et les dialogues font ressortir le propos dans chaque scène. Il est plutôt surprenant que la majorité de l'équipe derrière le film ait été blanche alors que devant, tous étaient pratiquement noirs. Notons au passage des apparitions de deux hautes pointures du cinéma d'aujourd'hui avec: Cuba Gooding Jr. venu se faire couper les cheveux, et Samuel L. Jackson en braqueur.
Paramount offre enfin au classique d'Eddie Murphy le traitement qu'il mérite, soit une édition estampillée spéciale dans tous les sens du mot. En premier lieu, l'édition originale du film ne comprenait pas le doublage français, même en mono. Erreur rapidement corrigée ici, avec une pléthore de suppléments intéressants: les revuettes "Prince-ipal Photography" parlant du tournage, "Fit for Akeem" révélant les costumes et leur design ainsi que leurs messages, "Character Building" révélant le travail monstrueux de Rick Baker le maquilleur, "Composing America" s'attardant à la musique de Nile Rodgers, une entrevue d'époque avec Eddie Murphy et Arsenio Hall, une galerie de photos et des bandes-annonces. Après coup, la seule chose qui manque était une piste de commentaires audio du réalisateur ou des acteurs principaux, mais le produit fini en valait déjà largement la peine.
Côté transfert, c'est impeccable. Le film a bénéficié d'un travail de retouche qui lui donne un beau cachet. La saturation est juste et les grains et imperfections de l'autre édition s'en sont allés au profit d'une image claire et à peine granuleuse, ce qui donne un certain charme à la pellicule de l'époque. La bande-son a également été retravaillée pour offrir une ambiance en Dolby Digital Surround 5.1 dont les enceintes du devant sont davantage utilisées que les autres. Le doublage français en Dolby Surround n'offre pas la même qualité sonore, mais ne sombre pas dans la catégorie de doublage qui sonne comme dans une casserole martelée à l'écho persistant. Les menus, animés pour le principal, mais pas du tout pour les autres, sont à l'image du film et les montages infographiques sont réellement bien faits tant on croirait que les images ont été prises récemment.
"Coming To America" n'est peut-être pas le film définitif des années 80, mais a le mérite de faire rire quand il le faut, tout en faisant passer des messages de tolérance, d'histoire, d'union, le tout avec quatre Eddie Murphy pour le prix d'un. Doté du doublage français que l'on ne croyait plus entendre un beau jour et en plus des suppléments aussi nombreux, qui oserait en demander plus?
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |