L'enfance et les premières années de la vie adulte de Carl Upchurch ne laissaient aucunement présager ce que son existence deviendrait par la suite. Éduqué de manière très déficiente par une mère qui le traitait continuellement de "nègre" et une école qui semblait le percevoir de la même manière, le petit Carl a commencé très tôt à se tenir avec des gangs de rue de Philadelphie, c'est-à-dire à l'âge de neuf ans, juste après avoir quitté l'école. Il connaît ainsi rapidement les rudiments des vols et des bagarres, ce qui le rendra très violent. Aussitôt que quelque chose le touche, il n'hésite pas à poignarder durement son assaillant. En jumelant ces actes avec des vols à main armée, une grande partie de la vie de Carl se résumera à entrer, sortir et entrer encore en prison. Selon ses propres dires, en prison, il apprenait à devenir un meilleur criminel, et lorsqu'il sortait, il mettait en pratique ses nouvelles connaissances. Ce qui lui assurait un retour assez rapide derrière les barreaux. Même en prison, il n'était pas un prisonnier modèle: les crises de rage et les batailles avec les gardiens de sécurité sont nombreuses. Le poème de Shakespeare, "When, In Disgrace, With Fortune And Men's Eyes", lui fera faire une introspection personnelle qui lui ouvrira les yeux. Il se rendra compte qu'il n'est pas un moins-que-rien, comme tout le monde s'acharnait à lui dire, mais bien quelqu'un qui avait le droit de changer.
C'est à partir de ce moment qu'il commence à s'impliquer auprès du monde afin d'inculquer les notions qu'il vient de découvrir et d'éliminer la violence des rues. Il fonde alors le "Council Of Urban Peace", un organisme qu'il tente par tous les moyens de faire connaître d'abord aux gangs de rue de son quartier d'enfance, et ensuite à celles qui oeuvrent ailleurs dans le pays. Ces efforts, qui s'avéraient au premier abord inutiles, ont réussi à accueillir plus de 150 chefs de gangs dans un sommet contre la violence, ce qui, selon les statistiques, a effectivement fonctionné considérant la diminution constante de la violence rurale. Pendant plusieurs années après cette mémorable réunion de 1993, Carl a continué à communiquer son message de paix à travers le pays.
Avant sa mort, survenue en 2003, il a écrit son autobiographie intitulée Convicted In The Womb, qui a inspiré le film Conviction, dont je suis en train de vous parler. Aussi, il s'est vu attribuer plusieurs prix humanitaires et a été honoré par Bill Clinton.
Malgré quelques longueurs, "Conviction" est vraiment intéressant, véhicule de bonnes valeurs et nous montre un personnage peu connu par ici, mais pas pour le moins impressionnant. C'est incroyable de voir tout le chemin que cet homme a parcouru, de membre de gangs de rues jusqu'à messager de la paix. Cela démontre que si nous le voulons, nous pouvons faire vraiment beaucoup avec peu de moyens et changer notre existence afin de faire du bien au lieu du mal.
Côté technique, ce DVD est très pauvre. Le menu est seulement constitué de la photo représentée sur la pochette du film. Aucun supplément n'y apparaît, ce qui est très dommage, puisque comme tous les films vécus que je vois, j'aimerais bien voir le réel Carl Upchurch et l'entendre parler lui-même dans un petit documentaire sur sa vie ou bien sur le film, puisqu'il a collaboré à l'écriture du scénario. L'image et le son sont passablement satisfaisants. le fait que le film soit présenté en format plein écran est à déplorer.
Bref, la production est un film à voir, mais un DVD comme celui-là ne constitue pas un item de collection, étant donné le grand manque de matériel contenu dessus. Je vous laisse alors sur le mot préféré de Carl Upchurch: "Paix!"
| Film | 7 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |