Pour un téléfilm, "Guilt by Association" (ou sa traduction francophone "Coupable par amour"qui ne signifie absolument pas la même chose) remplit son mandat d'intéresser pendant 90 minutes. Même si cette histoire vraie n'a aucun style et qu'elle est parfois manipulatrice, il y a des œuvres nettement plus mauvaises qui prennent l'affiche au cinéma.
Susan (Mercedes Ruehl) est veuve et elle a deux enfants en bas âge. Cette infirmière attentionnée se met à fréquenter un homme riche et charmant. Sauf que ce dernier est arrêté pour trafic de stupéfiants. Pour obtenir des réductions de peines, les acolytes de monsieur décident de tout mettre sur le dos de madame. Après un procès particulièrement injuste, elle écope d'une sévère peine de prison. Loin de s'apitoyer sur son sort, Susan décide de se battre pour recouvrir la liberté.
Cette production destinée à la télévision possède le défaut de ses qualités. La réalisation de Graeme Campbell, anonyme au possible, cherche à faire réagir le spectateur. Il enchaîne donc les séquences révoltantes à un rythme effarant. Le sujet particulièrement explosif ne s'évade jamais des sentiers battus. Au contraire, la prémisse reste bien au chaud dans les conventions où les scènes de prison riment avec les menaces incessantes. La conclusion, développée beaucoup trop rapidement et survenue comme un miracle, ne ménage pas les effets larmoyants faciles.
Heureusement, la composition toute en nuance de Mercedes Ruehl évite le pire. Elle est presque de toutes les scènes et son aura éclipse facilement ses collègues plus que douteuses. Son personnage évite le manichéisme primaire et c'est sa fragilité qui la rend si humaine. C'est dommage qu'après son Oscar remporté en 1991 pour sa prestation étonnante chez le The Fisher King de Terry Gilliam, plus personne n'ait voulu lui confier un rôle à sa hauteur dans un film qui l'est tout autant.
Les qualités techniques sont à désirer. Le plein écran est souvent grossier. Du blocage peut apparaître sur les textures, les séquences extérieures laissent parfois échapper du grain, la définition des contours aurait pu être meilleure et des éclats trop lumineux troquent souvent la réalité. Rajoutez à cela des couleurs dans des tons de gris et de bruns pour un résultat assez fade. Au moins, ces défauts ne sont pas permanents. Et le milieu carcéral ne méritait pas une invasion de couleurs. Les discrets éclairages bleus suffisent généralement à la tâche.
Le rôle de la musique est éphémère. Qu'elle soit bucolique, plus stressante ou au piano, la trame sonore ne comporte aucune particularité très nutritive. La piste audio en français ou en anglais en Dolby Digital 2.0 s'avère plutôt mince, car il y a très peu d'éléments qui méritent une attention particulière des différents haut-parleurs. En revanche, les voix s'entendent parfaitement et la traduction dans la langue de Sartre est tout à fait respectable. Mais où sont donc les sous-titres pour les personnes qui en ont besoin?
La pochette ne laisse aucun doute sur le récit. Une femme est emprisonnée et son regard semble songeur. Le menu principal statique et muet reprend exactement la même image. Pour y arriver, il faudra toutefois passer outre ces huit publicités (cela commence à être beaucoup), dont pas moins de trois pour annoncer Les 3 p'tits cochons. Après le visionnement, il n'y a rien d'autre pour alimenter le sujet de conversations.
Avec sa thématique toujours dérangeante (les lacunes des tribunaux) et sa protagoniste plus que crédible, "Guilt by Association" avaient deux beaux atouts en sa possession. La partie est cependant un peu sabotée par une mise en scène académique en quête de l'émotion facile et banale. Une demi-déception... ou une victoire sommaire.
| Film | 5 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |