Criminal Law
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Martin Campbell
Année: 1988
Classification: 18A
Durée: 117 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST), Espagnol (DDST), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
21 juin 2007

Le duo composé de Gary Oldman et de Kevin Bacon avait surpris plusieurs personnes par son intensité dans l'excellent Murder in the First. Mais quelques années plus tôt, ils se sont commis dans un film sans intérêt. Il ne s'agit pas du sublime JFK, mais bien du faiblard "Criminal Law".

Ben (Oldman) est un avocat à succès qui serait capable d'innocenter le diable en personne. Son riche client Martin (Bacon) vient à peine d'être acquitté que de nouveaux viols et meurtres de femmes sont perpétrés. Pour attraper le coupable et ainsi régler son problème de conscience, le défendeur cherche à coincer cet héritier en moyens qui pense être un nouveau vengeur contemporain. Sauf que la loi du talion ne devrait plus exister dans une société moderne et civilisée...

Le réalisateur Martin Campbell est un faiseur qui, en utilisant une technique éprouvée, réussit parfois à surprendre. Étrangement, ses seuls longs-métrages intéressants sont des variations sur le même thème, que ça soit des James Bond ou des Zorro. Ici, il s'attaque aux œuvres de poursuites avec un résultat qui déçoit amèrement. La première séquence souffre de scènes juridiques invraisemblables, venant rapidement bâcler un important procès. Par la suite, le traditionnel jeu du chat et de la souris s'effectue sans grande conviction. Ces longs instants plus endormants qu'excitants lèvent le jour sur un crime sordide et sur une morale douteuse qui cherche à se faire justice elle-même.

La seule touche valable de cette production qui ressemble à tant d'autres est l'apport de ses deux comédiens. Kevin Bacon et Gary Oldman sont des méchants réputés qui ne peuvent que donner des frissons. Comme d'habitude, le premier est manipulateur et beau joueur. Il arrive à l'improviste pour donner la frousse et ses discours contre l'avortement rejoignent aisément une certaine droite religieuse américaine. Le second est beaucoup plus méconnaissable. Il a des cheveux et il possède une démarche assez enfantine! Bien qu'il joue cette fois une "victime", quelques plans le montrent totalement possédé par sa fureur. Dommage que les deux acteurs ont finalement très peu de scènes ensemble.

Même si le film a seulement pris l'affiche en 1988, les images laissent terriblement à désirer. La singularité des détails est souvent annulée par une luminosité blanche flagrante et des contrastes beaucoup trop opaques. Les couleurs sont vieillies et du blocage peut apparaître. Le plus incroyable est cette omniprésence de grain et de quelques égratignures qui gâchent souvent les endroits plus sombres. La qualité du son s'avère un peu moins datée. Les pistes audio campent habilement une atmosphère de suspicion malgré l'utilisation superficielle des différents haut-parleurs. La musique de Jerry Goldsmith est généralement suffocante et inquiétante, pas trop éloignée de l'horreur vive. Les voix s'entendent aisément et la qualité des sous-titres blancs en anglais et en espagnol est impeccable.

Le reste est malheureusement à oublier. La pochette est horrible. Il y a le visage des deux protagonistes avec un incendie en arrière-plan. Le menu principal du DVD est tout aussi banal. Dans un modèle statique et sans mélodie, de simples têtes apparaissent. La navigation aisée se limite à regarder le film, choisir une scène ou changer la langue. Il n'y a donc aucune trace du moindre supplément. Avec un résultat final aussi désolant, est-ce réellement surprenant?

Malgré sa distribution prestigieuse de mauvais garçons, "Criminal Law" n'arrive pas à s'évader des sentiers battus. Le dénouement est prévisible, la tension ne se manifeste jamais réellement et la réalisation poussiéreuse et conventionnelle de Martin Campbell fait sombrer le tout dans la normalité la plus quelconque. Ce n'est pas un hasard que moins de deux décennies après sa sortie, personne ne se souvient de cette production.


Cotes

Film4
Présentation1
Suppléments-
Vidéo4
Audio6