Crooked Hearts
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Michael Bortman
Année: 1991
Classification: 14A
Durée: 112 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
27 novembre 2005

La famille protectrice, la famille dévastatrice... Dans "Crooked Hearts", la famille est au cœur des préoccupations d'un tout un chacun et c'est cet élément qui viendra déterminer le destin d'une demi-douzaine de personnes qui s'aiment et se détestent tout à la fois.

Les Warren semblent unis contre vents et marées. Il y a le père Edward (Peter Coyote), un homme strict qui veut le meilleur pour sa progéniture. Tout aussi sévère et compréhensive, la mère Jill (Cindy Pickett) se donnera corps et âme pour les quatre amours de sa vie. De ce lot, le plus vieux s'appelle Charley (Vincent d'Onofrio) et il est littéralement en guerre contre son paternel. Le deuxième fils, Tom (Peter Berg), revient à la maison après avoir abandonné ses cours avant les examens. Il y a également Ask (Noah Wyle), un jeune rêveur qui améliore constamment son livre pour "mieux vivre" et Cassie (Juliette Lewis), une fille qui s'endort un peu n'importe où. En apparence, ces êtres constituent un clan parfait, mais en réalité, ces individus se déchirent et n'arrivent pas à évoluer. Dès qu'il y a une personne qui part, elle revient peu de temps après, car la famille est sa drogue.

Des films sur les difficultés de vivre entre parents et enfants ou entre sœurs et frères, il y en a eu plusieurs. Sans être le plus intéressant, "Crooked Hearts" tire son épingle grâce à des situations authentiques. Entre les rires et les larmes, les traits ne sont jamais grossis et les émotions sont toujours très palpables. Il y a de la souffrance, des désillusions et beaucoup de pardon dans l'air, ce qui remettra en question le noyau familial. Si la présence de morales et de bons sentiments émanent à quelques endroits (et surtout dans le dernier quart d'heure, de loin le plus sirupeux), cela aurait pu être bien pire. Devant un récit aussi prévisible, on se surprend à se laisser prendre au jeu, à rire à plusieurs endroits, à être charmé devant quelques imbroglios (la séquence du bain est très mignonne) et, finalement, à bien apprécier ces Warren qui demeurent sympathiques avec tous leurs défauts.

Bien entendu, le résultat ne serait pas le même si les acteurs sélectionnés n'étaient pas compétents. Dans l'ensemble, ils le sont. Même si le personnage principal (Peter Berg) est assez pitoyable et qu'il ne possède aucun charisme, son entourage arrive à sauver les meubles. À commencer par un Vincent d'Onofrio hanté par son passé qui fera tout pour s'en affranchir. Ou encore les deux parents, qui atteignent des sommets grâce aux performances sobres et très contrôlées de Peter Coyote et Cindy Pickett. En apparence figure de plastique sans génie, Noah Wyle étonne avec le temps, alors que Juliette Lewis campe encore et toujours une jeune femme à la limite de la névrose. Ce film est sorti en 1991 et déjà, elle avait du talent pour ça! La seule figure gâchée est ce rôle défendu par Jennifer Jason Leigh (elle est Marriet, une amie de Tom), qui aurait pu être joué par n'importe qui.

La trame sonore est un élément secondaire qui convainc également de la sincérité de ce long métrage. En accumulant les succès populaires, les époques sont parfaitement reproduites, alors que les compositions originales orchestrées par Mark Isham demeurent dans le ton avec des côtés entraînants, kitch et tragiques. La musique, si elle est utilisée à plusieurs endroits, demeure très discrète dans les haut-parleurs, ce qui permet de ne jamais offusquer ou brimer les voix des protagonistes. Avec sa facture télévisuelle qui n'est pas sans rappeler Beverly Hills 90210, les images paraissent par moment légèrement datées. Ce sentiment est rapidement évacué au fil du récit. On découvre alors un transfert sur DVD assez soigné qui n'offre aucune faille majeure. De légères égratignures vers la fin et des teintes sombres qui ont tendance à accumuler des parasites (de la neige), mais à part de ça, tout est fort convenable. Quant aux écritures qui apparaissent au générique et au sein des sous-titres blancs, elles sont parfaites.

C'est toutefois triste que la pochette puisse fausser la donne. Les têtes de cinq jeunes comédiens peuvent facilement personnifier un film d'adolescent, alors que le résultat est beaucoup plus grave que ça. Quant au seul menu disponible, il reprend cette thématique, mais sans y apporter de la musique ou de quelconques mouvements. Il est plutôt divisé en six parties: le film, choisir une scène, sélectionner une bande-annonce, incorporer des sous-titres en anglais, en français ou pas de sous-titres. Cela signifie que les bonus sont extrêmement maigres et qu'il faudra s'en contenter.

Premier et unique film du réalisateur Michael Bortman (sa carrière s'est terminée abruptement après son scénario affligeant du navet Chain Reaction), "Crooked Hearts" est une excursion douce-amère au sein d'une famille qui cherche continuellement ses mots pour se parler. Il n'y a rien pour crier au chef-d'œuvre, mais voilà un bon deux heures plutôt divertissant qui provoqueront sans doute plusieurs discussions. C'est tant mieux, car il n'y a aucun supplément pour poursuivre ce début d'histoire d'amour. Ça, c'est triste.


Cotes

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