Il existe des films qui nous angoissent dès les premières minutes. Et ce ne sont pas toujours de très grandes productions en termes de budget (moins de 350 000$ et un mois de tournage). En voici le parfait exemple. Âmes sensibles s'abstenir absolument.
Six personnes se réveillent alors qu'elles sont enfermées dans un labyrinthe de cubes métalliques reliés en leur centre par une sorte de sas. Ces six personnes proviennent d'horizons bien différents : un policier (Quentin - Maurice Dean Wint), un architecte (Worth - David Hewlett. A-t-il bâti le "Cube" ?), une étudiante en mathématique (Leaven - Nicole deBoer), une psychologue (Holloway - Nicky Guadagni), un spécialiste de l'évasion (Rennes - Wayne Robson) et un autiste (Kazan - Andrew Miller). Très vite, on constatera que les parois des cubes révèlent des pièges mortels de toutes sortes, toujours actionnés par des mécanismes cachés. Très vite aussi, de six, il n'en restera que cinq.
Au fur et à mesure, les qualités ou les connaissances de chacun associées à celles des autres semble être la meilleure solution pour vaincre ce piège mystérieux. Mais les tensions naissent aussi et la rivalité ne va pas tarder à apparaître. Et que dire de ce son sinistre, comme un roulement, qui revient régulièrement leur rappeler que le "Cube" est peut-être vivant. Petit à petit, s'entraidant, mais aussi se surveillant, les cinq protagonistes vont en apprendre un peu plus sur leur environnement immédiat, considérant la démesure de l'endroit et l'éventuelle impossibilité de trouver la sortie.
Il est écrit dans certains articles pour ce film qu'il reflète la vie humaine. Nous devons chaque jour combattre des ennemis parfois invisibles, comme les maladies, et affronter des lendemains dont nous ne connaissons pas la teneur, le tout en partageant notre quotidien avec différentes personnes, de différentes races et de différents horizons, avec un bagage intellectuel pour chacun. Et quand on se sent prisonnier, la société peut changer l'un de nous en un être radicalement différent de ce qu'il est normalement. En tout cas, il est vrai que la ressemblance idéologique avec le film existe bel et bien à ce niveau.
Les plus perspicaces déduiront quelques faits intéressants dans ce film, par exemple le nom des personnages qui sont tous liés à des prisons connues : Quentin (San Quentin, Californie), Rennes (Rennes, France), Leaven et Worth (Leavenworth, Kansas), Kazan (Kazan, Russie) ou encore Holloway (Holloway, Angleterre). On pourra même rapprocher le comportement du personnage en fonction de la prison dont il tire son nom : Quentin : brutal et bagarreur, Rennes : rusé et technique, Kazan : la prison qui rend fou.
Ce DVD, sorti sous la bannière "Signature" de Lions Gate, nous offre une version soignée de ce film si particulier. L'image est très belle pour un film somme toute fait avec des bouts de chandelles. Le changement de couleur des cubes est bien rendu et les effets visuels ne se perdent pas malgré la complexité des fonds de décor. La bande sonore en Dolby Digital 5.1 maintient à merveille l'angoisse des scènes en rajoutant par-ci par-là quelques sons isolés qui peuvent parfois faire bondir. Pour ce qui est des extras, nous avons droit à un nouveau commentaire (par rapport à l'édition précédente de ce film) du réalisateur Vincenzo Natali (à choisir avec le choix des langues et non à travers la liste des suppléments), la bande-annonce, un petit entretien de trois minutes avec l'actrice Nicole deBoer qui joue le personnage de Leaven et qui nous raconte ce qui l'a intéressée ainsi que des anecdotes de tournages. On a aussi droit à trois scènes rejetées, mais dont la mauvaise qualité et l'intérêt pratiquement nul ne nous arrêteront pas forcément. Pour terminer avec les suppléments, une série de dessins de préparation pour le film, ce qui est toujours intéressant.
À partir d'une situation, avouons-le, bien peu banale et complètement irréelle, le réalisateur, Vincenzo Natali, a réussi avec peu de moyens un sacré tour de force. On le sait que finalement ils sont dans le même cube du début à la fin. On le sait qu'ils ne bougent pas. On ne sait pas pourquoi ils sont là et on ne le saura jamais. On ne sait pas où on est ni qu'est-ce que ce cube. Mais l'effet d'angoisse et de claustrophobie est bien là et on se demande rapidement, qui, des acteurs, des personnages ou de nous-mêmes, sommes les plus angoissés justement. Un sacré tour de force.
| Film | 9 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |