Dangerous Game
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Abel Ferrara
Année: 1993
Classification: R
Durée: 109 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-10)

Ce DVD est disponible chez:

Selon François Langevin
30 mars 2005

Il y a parfois de ces films qui semblent mener nulle part et qui sont édités de façon à tester votre système nerveux. Le dernier sur ma liste s'intitule "Dangerous Games" également connu sous "Snake Eyes", film qui a été produit en 1993. Réalisé par Abel Ferrara (King of New York), cinéaste enragé qui aime donner dans l'extrême et dans ce qui a de plus noir sur cette planète, ce film traite du tournage d'un film et met en vedette Harvey Keitel ainsi que Madonna lesquels avaient également partagés l'écran dans Bad Lieutenant du même réalisateur.

Eddie Israel (Harvey Keitel) est un réalisateur indépendant qui amorce le tournage d'un film intitulé "Mother of Mirrors", production minimaliste racontant les déboires d'un mariage construit sur des fondations épicuriennes. Les rôles principaux sont octroyés à Francis (James Russo), un ami d'Eddie qui a des problèmes de drogues et d'alcool ainsi qu'à Jennings (Madonna), jeune comédienne qui est prête à tout pour gravir rapidement les échelons y compris le fait de faire des heures supplémentaires dans le lit du directeur. Les collatéraux pernicieux occasionnés par la drogue, l'alcool et manque de scrupules créeront une atmosphère de travail exécrable et les frustrations du quotidien se transcenderont dans les performances des comédiens et fera du plateau de tournage un véritable enfer.

La prémisse est plus qu'intéressante, celle de faire un long métrage qui parle de la réalisation d'un film, mais malheureusement on est à des années-lumière du très rafraîchissant Living in Oblivion. Le réalisateur nous invite plutôt à partager sa vision anarchique de ce processus de créativité comme si l'aboutissement d'un tournage était la résultante d'une équation chaotique qui passe obligatoirement par la souffrance. De plus, il jongle allégrement entre des plans filmés sur 35mm et d'autres filmés en super8 (sa spécialité), donnant une impression de cinéma amateur qui use à la longue. Quant au scénario, sa minceur invite au sur place et à l'étiolement. Côté interprétation, Madonna étonne en campant un rôle très difficile de façon convaincante et Harvey Keitel, est égal à lui-même, c'est-à-dire juste et entièrement absorbé dans son personnage.

Sur cette édition DVD, MGM une qualité vidéo est inégale due à l'utilisation de caméra super8 qui nous offre une image granuleuse et brouillonne, mais cet effet était voulu. Quant aux plans tournés en 35mm. ils sont très beaux, propres et offrent de belles couleurs saturées et naturelles. Le volet sonore ne contient que la trame originale en format stéréo. À défaut d'avoir de la profondeur, cette trame possède un certain dynamisme et propose des dialogues facilement audibles. Un menu statique et puéril nous reçoit alors qu'une maigre bande-annonce vient garnir la section des suppléments.

Le triumvirat formé par Abel Ferarra, Harvey Keitel et Madonna s'est échelonné sur deux ans, histoire de faire deux films (Bad Lieutenant et celui-ci) et dans les deux cas, ce qui semblait prometteur au départ est devenu quelque chose de terriblement lourd, sombre et surtout très prétentieux. Il ne fait pas de doute que ce film est une sorte d'autoportrait que se paie le réalisateur sur sa façon singulière de faire du cinéma, mais c'est malheureusement le cinéphile qui en paie le prix en endurant ce supplice. Je vous le recommande seulement en cas d'urgence et strictement si vous voulez faire fuir la visite. C'est infaillible!


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