Dante 01
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Marc Caro
Année: 2008
Classification: 18A
Durée: 88 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 629159042176

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
17 avril 2010

Film de science-fiction matinée d'éléments horrifiques qui aurait pu fonctionner, "Dante 01" est plutôt un lourd pensum pseudo philosophique et spirituel qui ne lève pratiquement jamais.

Au sein d'une prison spatiale, des scientifiques font des tests sur les détenus en utilisant de la nanotechnologie. Depuis l'arrivée de St-Georges (Lambert Wilson), quelque chose semble avoir changé, rompant l'équilibre qui est en place depuis des lustres. Les criminels cherchent à se révolter, un traite agit peut-être dans l'ombre, et le vaisseau se dirige de plus en plus vers la planète Dante.

Ancien complice de Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur Marc Caro agit ici en solo, soignant comme d'habitude sa mise en scène, qui demeure mouvementée et suffocante. Grâce à quelques plans oppressants, il arrive à entrer dans la peau de ses personnages, ce qui donne une vision cauchemardesque des tests effectués sur leur corps. Des moments de frissons qui risquent de rendre mal à l'aise un public claustrophobe.

En dehors de ces considérations techniques, le long-métrage a bien peu à offrir, prisonnier d'un scénario prétentieux, qui évoque autant le célèbre écrivain italien que des titres de qualité supérieure, dont un certain Dark City. C'est que la dimension religieuse prend beaucoup de place dans cette relecture pompeuse du Christ qui se sacrifie pour l'être humain, avec à la base des antihéros aux noms peu subtils (César, Bouddha, Lazare, Perséphone, Moloch, Raspoutine, Attila, etc.). Beaucoup de bruit pour rien au sein de cet exercice de style qui manque de moments forts pour intéresser vraiment. Même les interprètes, généralement excellents (Lambert Wilson, Dominique Pinon, ...), semblent fatigués de cet univers rigide qui limite constamment leur talent.

La musique se fait rare, n'apparaissant que pour faire sursauter le spectateur par ses airs stridents. La piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 n'est presque pas exploitée, ce qui est triste avec les immenses possibilités du sujet. Les dialogues clairs peuvent comporter de très visibles sous-titres en anglais. Au départ, l'image déstabilise plus que positivement, fascinant par ses teintes majestueuses et ses couleurs si riches. Mais peu à peu, le grain apparaît, alors que les contrastes manquent parfois de profondeur.

L'étonnante pochette montre un homme seul dans un long couloir, avec l'espace et une magnifique planète en arrière-plan. Une vision prometteuse, tout comme le menu principal du DVD, statique et sans mélodie, qui ressemble à s'y méprendre à un certain Terminator. Aucun supplément n'est cependant disponible pour étayer le moindrement le récit final.

Ce qui aurait pu être une variation sur Alien Ressurection et même Solaris se transforme plutôt en un essai apocalyptique et assez insipide sur la place de l'Homme dans l'univers, le rôle de l'humanité et tous ces individus qui se plaisent à jouer à Dieu. Une belle confiserie qui semble si bonne, mais dès les premières bouchées, la saveur a tôt fait de donner mal au cœur. Ce n'était pas également le cas d'Event Horizon?


Cotes

Film4
Présentation4
Suppléments-
Vidéo7
Audio6