Après une longue poursuite automobile, la police de Los Angeles réussit à intercepter un malfaiteur, qui, une fois cerné, se rend docilement à ses poursuivants. Mais quatre policiers, frustrés d'avoir dû se donner tant de mal pour l'attraper et se rendant compte que ledit contrevenant est de race noire, décident de le passer à tabac sans justification, sous l'oeil indifférent d'une vingtaine de leurs confrères. Mais, à l'insu de tous, quelqu'un filme la scène, et remet la cassette au bureau des nouvelles de la station KTLA. L'histoire fera le tour de la planète, et le procès qui s'en suivit demeure un des plus célèbres: c'est l'affaire Rodney King. C'est sur ces entrefaites que commence "Dark Blue".
"Dark Blue", basé sur une histoire de James Ellroy (celui même qui a écrit L.A. Confidential), nous raconte l'histoire de Eldon Perry (Kurt Russel), un policier de Los Angeles efficace, mais brutal et malhonnête. Pour arriver à ses fins, il n'hésite pas à fabriquer des preuves, changer les scènes de crimes et modifier les rapports. Son jeune partenaire, Bobby Keough (Scott Speedman), est entraîné malgré lui dans les affaires de Perry. Mais, tout compte fait, ce dernier ne fait que suivre les ordres du patron, encore plus malhonnête, Jack Van Meter (Brendan Gleeson), qui s'adonne aussi à être l'ancien partenaire du père de Perry, et l'oncle de Bobby. Van Meter, homme très influent, arrive à bien couvrir les traces de ses deux protégés, mais attire néanmoins l'attention de l'assistant-chef de police (Ving Rhames), et de son assistante et ancienne maîtresse, Beth Williamson (Michael Michele), tous deux de races noire. Et par-dessus tout cela, il s'avère que Bobby entretient une relation plus qu'amicale avec cette dernière. En plus de ses fonctions de chef de police, Van Meter arrondit ses fins de moi en organisant des vols audacieux. Lorsqu'un de ces vols se transforme en carnage, Van Meter ordonne à Bobby et Eldon de tuer deux ex-détenus au hasard, afin de protéger ses intérêts. C'en est trop pour Bobby qui craque et se vide le coeur à Beth. Après moult poursuites et fusillades dans la ville en pleine émeute, des suites de l'annonce du verdict de non-culpabilité des quatre policiers accusés d'avoir battu Rodney King, Perry lui aussi craque et dénonce publiquement les agissements de son patron, causant la chute de tous les policiers corrompus de Los Angeles.
Même si le film est palpitant et que le dénouement est sans répit du début jusqu'à la fin, le sentiment qui persiste au visionnement est celui qu'autant d'incidences et de coïncidences sont difficilement crédibles. Beaucoup de relations anodines entre les personnages n'apportent rien à l'histoire et auraient pu être tout simplement éliminées. Néanmoins, en faisant abstraction de ces faits, il reste que le film donne une bonne interprétation des événements qui découlèrent de l'affaire Rodney King et une bonne mise en situation des tensions qui régnaient à Los Angeles à l'époque. De ce point de vue, on comprend aisément ce qui poussa la population à l'émeute. Du côté des acteurs, tous les personnages sont solidement interprétés; Kurt Russell joue un rôle qui lui va comme un gant et il en est de même pour Scott Speedman. Ving Rhames, même si un peu austère, campe aussi très bien son rôle. La réalisation est aussi soignée, nous présentant la trame narrative d'une façon habile et continue. Il est aussi très important de souligner l'exactitude de la représentation des émeutes, et du climat qui résidait dans la ville à ce moment. Les artisans du film ont reproduit les scènes telles qu'elles se déroulaient, en étudiant les bandes vidéo d'archives. Même la sévère et célèbre bastonnade dont a été victime Reginald Denny, un innocent camionneur de race blanche, a été intégrée à deux reprises; on aperçoit tout d'abord brièvement les images originales filmées par Stan Chambers (de KTLA) dans un téléviseur et quelques instants plus tard, un des deux malfaiteurs poursuivis par Perry est victime du même sort (en "hommage").
Avant de parler du côté technique du film, il est important de noter que ce DVD est de type DVD-18, c'est-à-dire double face double couche (personnellement, c'est une première), probablement un des premiers de cette tendance qu'auront les studios à mettre l'image "pan & scan" sur un côté et le ratio d'origine sur l'autre. De cette façon, ils espèrent réduire les coûts reliés à la logistique de produire et distribuer deux boîtiers pour le même film.
Cette critique s'appuie évidemment sur l'écoute de la version originale de l'image (et aussi celle du son). Le transfert est d'une grande qualité, sans aucun défaut relié au matériel. Les couleurs, dont le choix est évidemment soigné, sont reproduites avec exactitudes. Du côté de la compression, on ne note aucun défaut apparent, mis à part une très légère accentuation des découpages. On ne note pas de problèmes de blocage des noirs ou de contraste lumineux. On ne peut que féliciter les producteurs d'avoir choisi le support DVD-18; avec un DVD-10, la même qualité n'aurait jamais pu être atteinte.
Pour ce qui est de la bande sonore, quoique de haute qualité, elle déçoit néanmoins. L'ambiophonie est bien présente, les basses fréquences aussi, le dynamisme en intensité est bien utilisé, mais tous ces éléments auraient pu l'être de façon plus percutante. Par exemple, la scène de la fuite en voiture à travers l'anarchie de la ville aurait été encore plus dramatique avec cette accentuation. Du côté des dialogues, ils sont nets et précis, sans être étouffés par la musique, les effets ou le bruitage. Somme toute, une très convenable bande sonore.
Comme suppléments, on nous offre tout d'abord la possibilité d'écouter le film avec les commentaires du réalisateur Ron Shelton. Ses propos sont très intéressants, nous permettant de bien saisir chaque scène, de la resituer dans un contexte historique, en plus de nous fournir une foule d'anecdotes. Cette piste est d'autant plus intéressante que Shelton en est à son premier film de ce genre (ses films précédents étant plutôt de type sportifs), ce qui permet d'avoir un point de vu différent sur ce genre de film. On nous propose ensuite l'écoute de trois documentaires sur la production. Le premier, d'une vingtaine de minutes, se concentre sur la production du film ainsi qu'une présentation des acteurs. Le deuxième, d'environ cinq minutes, porte sur le choix des costumes des personnages et des décors. Le dernier, lui aussi d'environ cinq minutes, est un interview d'un des consultants pour le film, ancien policier de Los Angeles. La section de suppléments est complétée par la bande-annonce du film, ainsi que quelques bandes-annonces de d'autres films de MGM. Le menu principal est animé, avec la musique du film et des scènes d'action en arrière-plan; les menus secondaires sont fixes. La sélection s'y fait facilement, sans aucun problème de clarté.
Même si le film n'en est pas un qui passera à l'histoire, il reste intéressant d'un point de vue historique. Pour l'édition DVD, MGM nous offre un produit de qualité en plus d'être très versatile.
| Film | 7 |
| Menu | 6 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 7 |