Réalisé avant Army of Darkness pour le même studio (Universal Pictures), "Darkman" était l'hommage du réalisateur de Evil Dead envers les super héros avant d'obtenir la réalisation de la trilogie Spider-Man. Comme à l'habitude, le métrage est truffé de bons coups, de revirements purement attribuables au réalisateur ainsi que des apparitions de vedettes ayant participé aux films antérieurs du monsieur, dont Bruce Campbell dans la courte apparition la plus étonnante (s'il en est) de sa carrière.
Avant d'être le Darkman, le docteur Westlake (Liam Neeson) travaillait dans un laboratoire à recréer artificiellement une peau humaine. Cependant, quelque chose ne fonctionnait pas et réduisait le tissu synthétique en bouillie en 99 minutes. Sa petite amie (Frances McDormand) travaillant pour le procureur, se fait par incident envoyer un mémo concernant des pots de vin qui ne tardent pas à avoir de tragiques conséquences sur leurs vies respectives. Des criminels font donc sauter le laboratoire, laissant pour mort Westlake. Quelques temps plus tard, il se réveille d'un coma durant lequel une équipe de chirurgiens lui a coupé les nerfs adressant la douleur au cerveau, lui procurant une résistance accrue. S'échappant de l'endroit où il était entretenu, Westlake se trouve une "nouvelle" planque et un nouvel équipement afin de régénérer sa peau brûlée au trois quart de son visage au troisième degré (maquillages très réussis d'ailleurs). Il se jure par le fait même de retrouver les responsables et les faire payer (façon The Crow avant son temps) à sa façon. Dans une finale déchirante, Westlake réalise l'implication de ses gestes et ce qu'il est devenu, assumant alors le faciès d'une personnalité vengeresse, le Darkman.
Inutile de s'attarder sur les suites puisqu'elles sont, comme la plupart des films distribués directement en vidéo, inférieures aux moules desquels elles sont calquées, surtout le troisième opus qui offre une option inusitée pour le format DVD : aucun menu ou choix de langage ou de sélection de quoi que ce soit. Le film joue et c'est tout. Pour en revenir au premier, disons simplement qu'il s'agit d'un hommage fort réussi, traçant son inspiration dans la veine des Frank Miller et autres auteurs à la narration dramatique tendue. Si le film de Raimi est à priori plus sombre que ses suivants, ce n'est pas inapproprié. Le ton, le sérieux du propos est utilisé dans chaque scène qui, malgré des effets spéciaux commençant à dater, demeure intriguant. La troupe d'acteurs formée entre autre de Liam Neeson, Larry Drake Frances McDormand et Colin Friels offre des personnages caricaturaux dans la tradition des films de Sam Raimi, sans jouer le cabotinage vu dans Batman Forever ou sa suite.
Des suppléments attendus pour cette édition, sont absents la totalité d'entre eux excepté la bande-annonce pour les deux premiers films, ce qui est étrange pour un film culte aussi connu que "Darkman". Peut-être que la trilogie constitue, en fait, un supplément jugé valable et pertinent (dans ce cas, les exécutifs n'auraient pas vu les films). Le studio ne se paie même pas une piste de commentaires ou des revuettes quelconques, préférant se reposer sur ses acquis et capitaliser sur ce qui existe déjà. Avis à ceux qui possèdent déjà les éditions individuelles, vous ne manquez rien. En fait, les grands perdants sont ceux qui se procurent le coffret puisque les notes de productions présentes dans l'édition précédente sont absentes ainsi que la sélection de scènes.
L'image n'a subit aucune altération ou amélioration quelconque, le studio ayant certainement davantage besoin de passer son enveloppe allouée sur une couverture à peine mieux que l'originale. Les scènes sont granuleuses pour la plupart, dues à la pellicule. Le son a été légèrement amélioré, doté enfin du Dolby Digital 5.1 pour faire résonner les enceintes lorsqu'il le faut. Créé à partir de la source originale en 2.0, il se trouve quelques petits défauts qui ne devraient toutefois pas gêner une première écoute.
Pour s'attarder le moindrement aux suites, il n'y a que ceci à en dire : elles sont un ramassis de clichés, de scènes copiées sur un modèle qui n'avait pas besoin de se faire descendre de la sorte, sauf pour justifier une absence complète d'extras envers une légion de fans qui doivent, à cette heure-ci, rager de colère contre Universal. Le second film voit donc le méchant du premier se réveiller d'un coma (tu parles, il a explosé dans un hélicoptère!) et vouloir prendre sa revanche (ben voyons, tu m'étonnes!) sur le vengeur masqué Darkman (joué par Arnold "The Mummy" Vosloo). Sous-titré "The Return of Durant" (Le Retour de Durant), on en attendait pas moins d'une explication LOGIQUE quant à ce retour, ce que le spectateur n'aura pas. Le troisième et dernier (il était temps) chapitre met le Darkman dans la route de Peter Rooker, un caïd du monde interlope désireux de se débarrasser de Darkman, d'où son sous-titre "Die Darkman Die" (Meurt Darkman Meurt). Avec des titres d'une aussi redoutable efficacité et des films défiant l'imagination, il est difficile de croire que la faim dans le monde existe encore. En définitive, "Darkman" est une série ayant un bon opus : le premier. Il aurait mérité à lui seul une édition double disques.
| Film | 9/4/3 |
| Présentation | 4/4/- |
| Suppléments | 1/1/- |
| Vidéo | 7/6/6 |
| Audio | 8/5/5 |