"The Da Vinci Code"... Il y a longtemps qu'un film n'avait pas autant mobilisé les foules. Cinéphiles, muséologues, membres de l'Opus Dei, etc. Tout le monde attendait "The Da Vinci Code", que ce soit avec impatience ou avec des intentions de boycott. Annoncé comme LE film de l'été, le long métrage de Ron Howard s'est finalement avéré un film ordinaire et quelque peu décevant. Tiré de l'œuvre de Dan Brown, le film aurait nécessité davantage d'imagination de la part du réalisateur et nettement moins de prétention de la part des acteurs.
Dans le rôle du professeur Robert Langdon, on retrouve un Tom Hanks totalement amorphe et qui par moment semble se demander: "qu'est-ce que je fous dans cette galère!". Au lieu de jouer avec ses tripes, tel qu'on est habitué de le voir, il dit son texte sans dynamisme... comme absent, inconsistant. Et que dire de sa partenaire Audrey Tautou, dans le rôle de Sophie Neveu, cryptologue qui est complètement perdue dans cette aventure. Elle ne semble faire aucun effort pour habiter son personnage et a plutôt l'air d'un androïde qui exécute des gestes machinalement, sans aucune espèce d'émotion. Bref, je dirais d'une façon polie qu'elle livre une performance terriblement fade. Une panoplie de personnages poursuit inlassablement ce couple... Jean Reno, sous les traits du Commissaire Bezu Fache, se débrouille fort bien dans les circonstances. Il est malheureux que le cinéaste Ron Howard n'ait pas accordé plus d'importance à ce personnage. Entre autre, il aurait été intéressant de connaître davantage ses liens et ses motivations avec l'Opus Dei. Quant à Alfred Molina, qui habituellement nous livre d'excellentes prestations, il est peu crédible dans le rôle du monseigneur Manuel Aringarosa. L'acteur anglais Paul Bettany est excellent en Silas, le fanatique tueur albinos.
Toutefois, le seul à tirer vraiment son épingle du jeu dans ce polar pour le moins labyrinthique et qui aurait dû mériter à mon avis une nomination cette année pour l'Oscar du meilleur interprète masculin pour un rôle secondaire, j'ai nommé Ian McKellen. Il incarne ici Sir Leigh Teabing avec conviction et une force incroyable. J'ai admiré son jeu dans la séquence où il décrit au couple fugitif, le fameux tableau, La Cène de Léonard Da Vinci. Il parvient à la perfection et sans l'ombre d'un doute à nous faire croire à son exposé sur cette toile du grand peintre italien et particulièrement en ce qui concerne un des personnages principaux. Nous buvons avec avidité chaque parole de cette théorie fascinante.
Les rôles des méchants envahissent l'écran, sans parvenir à combler le vide. Malgré la musique dramatique de Hans Zimmer et les situations tragiques, l'ensemble parvient avec difficulté à soutenir l'attention de son public pendant les interminables deux heures trente de la durée de ce film. D'ailleurs, le tant attendu moment de grandes révélations est tellement surjoué que même le mystérieux sourire de la Joconde risque de se teinter d'ironie... Et, à mon point de vue, la fin de ce trop long long-métrage finit en queue de poisson. La fidélité au roman se révèle la pire des trahisons. Elle plombe d'ennui un récit qui était plutôt intéressant et surtout très nerveux sous la plume du fabricant de fiction Dan Brown. L'ironie, c'est qu'à force de soumission aveugle à une histoire dont on ne retient que des ingrédients parcimonieux, comme un mitron croyant ainsi tenir la recette prisée du chef, Ron Howard finit par passer à côté de la dimension cinématographique du livre.
149 minutes c'est déjà long. J'ai donc l'impression qu'il y avait tellement de contenu à insérer pour assurer la compréhension du récit, qu'on a fait le choix d'extraire les moments vides d'éléments informatifs. On se retrouve ainsi avec une sauce où l'on ne ressent jamais l'angoisse, jamais l'excitation des personnages et ce, même lorsqu'ils sont confrontés à l'horreur, que leur vie se voit compromise ou qu'ils soient sur le point d'accéder à la découverte ultime. Un mystère plane au-dessus de mes épaules... Le scénario s'articule, fidèle au livre de Dan Brown. Il évolue comme il se doit. On reconnaît les décors qui sont fort bien rendus et la suite des évènements. Comment se fait-il alors que l'histoire ne lève pas? Où donc s'en est allée la passion? Mystère et boule de gomme! "The Da Vinci Code" ouvre néanmoins, et fort heureusement, une porte sur un aspect occulté de la religion catholique: son pouvoir. De voir ces hommes d'église prêts à tout, même à ordonner de tuer afin que la vérité ne soit jamais dévoilée.
En ce qui concerne proprement dit le DVD "The Da Vinci Code", j'ai regardé le film en format plein écran (c'est le disque que le studio nous a fourni). Donc, comme vous le savez avec ce type de format, l'image est compressée afin de rentrer dans le cadre d'une image carrée de votre téléviseur. Qui dit compression, dit perte d'information également. Nonobstant ce problème, la qualité de l'image est étonnante. La définition générale est optimale, rendant avec précision les textures, même les détails les plus fins. Les tons de peau conservent tout leur naturel. À l'instar des attraits visuels, les aspects audio de cette édition sont tout aussi réussis. Ils offrent aux anglophones, hispanophones et francophones le format 5.1 Dolby Digital ce qui répond pleinement à nos attentes. Les dialogues sont nets, précis et toujours intelligibles malgré un environnement sonore parfois agressif. Une bonne note pour le doublage en français. On a prêté aux acteurs anglophones des voix qui conviennent très bien. Quant aux comédiens français, ils se doublent eux-mêmes, ce qui était sans contredit la chose à faire. Pour ceux qui préfèrent voir le film dans sa version originale, ils peuvent la regarder avec sous-titre en français.
Amateurs de suppléments vous serez comblé par ce qu'offre la présente édition DVD "The Da Vinci Code". Sur le premier disque DVD, vous avez en plus du film, les bandes-annonces des futurs projets cinématographiques de Columbia Pictures et de Sony Pictures ainsi que des produits promotionnels de la compagnie. Sur le second disque DVD, sont rassemblés plus de 90 minutes de suppléments très intéressants, mais à regarder après le visionnement du film puisque beaucoup d'éléments de réponses nous y sont dévoilés ainsi :"First Day on the Set with Ron Howard" où le 6 juillet 2005, le cinéaste Ron Howard est au musée du Louvre pour le premier tour de manivelle. "A Discussion with Dan Brown" qui nous raconte son œuvre écrite par rapport à l'œuvre cinématographique. "A portrait of Langdon" où Dan Brown, Tom Hanks et compagnie décrivent le personnage de Robert Langdon. "Who is Sophie Neveu? " C'est un segment sur le personnage de cette cryptologue énigmatique. "Unusual Suspects" concerne les principaux protagonistes de ce film et à savoir... qui ment et qui dit la vérité? "Magical Places" montre les fabuleux lieux de tournages à Paris et à Londres. "Close-up on Mona Lisa" raconte ce que représente cette toile pour les artisans de ce film. "Filmakers Journey : Part One & Part Two" est un retour en arrière de la production sur les lieux de repérages, un regard sur les effets-spéciaux, les cascades, etc. "The Codes of The Da Vinci Code" où nous sont dévoilés différents symboles qui apparaissent tout au long de cette aventure rocambolesque sans que nous les voyions vraiment. "The Music of The Da Vinci Code", ici nous parlons de l'œuvre musicale de Hans Zimmer. Vous pouvez mettre sur ces suppléments plusieurs sous-titres dont espagnol, portugais, chinois, coréen et même en thaïlandais... mais sacré bleu! Où est le français dans tout ça?
Bref, "The Da Vinci Code" est un film désappointant qui ne rend pas du tout justice à l'ouvrage littéraire de son auteur Dan Brown. L'acteur principal Tom Hanks n'est visiblement pas à l'aise dans son rôle aux nuances de teintes blafardes, sur toile de fond inconsistante... passant la majeure partie de son temps à réfléchir afin de trouver des réponses à ses énigmes.
| Film | 5 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 10 |
| Audio | 10 |