Day Of Wrath
Screen Media Films

Réalisateur: Adrian Rudomin
Année: 2006
Classification: R
Durée: 101 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 13
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
3 juillet 2006

Les épopées historiques peuvent offrir de bons moments de détente si la recréation est exemplaire, si le scénario est béton et si les acteurs s'effacent derrière leurs personnages. Une demi réussite que s'offre "Day of Wrath", une coproduction adéquate entre la Grande-Bretagne et la Hongrie et mettant en vedette le survivant Christophe Lambert. Moins terrible que l'horrible pochette!

Au 16e siècle, l'Espagne baigne dans un climat de terreur et de suspicion. L'Inquisition est à l'honneur, des Juifs sont persécutés par des Catholiques, des gens disparaissent, d'autres sont tués et personne ne peut expliquer ces phénomènes. Témoin d'un meurtre barbare, le shérif Ruy de Mendoza (Christopher Lambert) décide de mener une enquête lorsque le corps de la victime devient introuvable. De fil en aiguille, il retrouvera une ancienne flamme, un monarque ne pensant qu'à faire la fête, des prêtres aux sombres desseins et de mystérieux assassins aussi agiles que le vent. Plus il cherchera à lever la lumière sur cette affaire, plus sa famille risque d'être en danger. La connaissance pétrit les convictions et ne rend pas nécessairement l'âme plus sereine.

Variation sans grande originalité sur le supérieur The Name of Rose de Jean-Jacques Annaud, "Day of Wrath" peut tenir la route par son histoire. Sans être très profonde ou incroyablement développée, la trame narrative tient en haleine en offrant un honnête suspense. Les péripéties sont nombreuses, la finale n'est pas totalement banale et le contexte social méritait qu'on s'y attarde. La déportation, le harcèlement de la classe dominante sur une minorité, la jalousie, la dissimulation pour bien s'intégrer au sein du commun des mortels: de nombreux concepts rendant le visionnement plutôt satisfaisant.

L'entassement de séquences d'action brise toutefois le rythme. Ces scènes de combats sont ordinaires, filmées sans grande originalité. La réalisation de Adrian Rudomin, plus moyenne que réellement inspirante, multiplie la vitesse pour démontrer comment la poussière n'a pas le temps de se poser. Cette mise en scène sans réelle vision artistique tombe parfois dans la farce avec la présence d'acteurs aux jeux limités. Avec ses cheveux courbés et ses yeux perçants, Christopher Lambert ressemble par moment au héros de Sleepy Hollow. Il est terne, sans émotion, sa voix terriblement hésitante et son charisme est plutôt quelconque. La distribution autour de lui affiche sans cesse des têtes d'enterrement, aucune passion et aux dialogues sonnant parfois faux.

Le pire est cependant évité par la description de l'époque. Ce long-métrage ne rivalise certainement pas avec les gros canons hollywoodiens, mais le budget est tout de même conséquent. Avec la présence de quatre producteurs et cinq producteurs exécutifs, comment pouvait-il en être autrement? Les décors sont sombres, les costumes demeurent très crédibles et la photographie s'avère tout à fait dans le ton. L'image jouant dans les teints situés aux antipodes est plus que convenable. La luminosité ne prend pas le dessus et le niveau des détails, sans être parfait (un léger blocage s'affiche sur des barreaux), reste très recommandable. La trame sonore mélange des airs classiques pour former une musique fantaisiste, très appropriée au sujet. Même s'il est écrit en arrière du boîtier que ce film respecte le Dolby Digital 2.0, ce n'est pas le cas. Il fallait plutôt y lire Dolby Digital 5.1. Cette erreur plus que positive améliore grandement l'atmosphère musicale en offrant une ambiance fort intéressante. Les enceintes situées sur le côté sont dominées par différents bruits et sons variés. La qualité des voix est un tantinet décevante. Elles ne sont pas terriblement élevées et la musique n'a aucune difficulté à prendre le dessus. L'accent de différents personnages secondaires peut être difficile à saisir. Comme il est impossible d'incorporer des sous-titres, il faudra jouer incessamment avec le volume.

Pour une production qui est sortie directement en DVD, il est intéressant d'avoir accès à des suppléments. Un documentaire de vingt minutes parle du tournage assez difficile, de la représentation des différents personnages, des possibilités du sujet et des aspects historiques. L'empressement et l'empathie du réalisateur Adrian Rudomin et de l'acteur Christophe Lambert ne sont pas toujours évidents, le ton monocorde risque d'appeler Morphée avant la fin. Sans doute plus convaincante est cette piste de commentaires de Rudomin. Avec sa voix calme, il relate de multiples enjeux tout en éclairant sur différents détails qui ne sont pas toujours fondamentaux. Ces deux bonis éclipsent sans difficulté l'immonde pochette montrant un Christophe Lambert plus sérieux que le Pape avec une épée à la main et une pleine lune en arrière-plan. Cliché, lorsque tu es présent... Au moins, le menu principal du disque offre un montage de différentes images en mouvement, ainsi qu'une petite musique qui explose et de belles icônes.

Moins catastrophique que sa prémisse, son titre typique et sa représentation graphique, "Day of Wrath" est une semi réussite ou un semi échec. Pour une recréation historique efficace et une histoire au potentiel certain, il y a un rythme sans véritable colonne vertébrale et des acteurs assez pénibles à voir jouer. Peut-être bien le meilleur film de Christophe Lambert depuis une belle lurette.


Cotes

Film5
Présentation6
Suppléments5
Vidéo8
Audio7