L'histoire se déroule à San Francisco en 1962, Joe Clay (Jack Lemmon) occupe un poste important dans le domaine des relations publiques. Il tombe vite sous le charme de Kristen Arnesen (Lee Remick), la secrétaire de son patron. Peu à peu, une romance se développe entre eux, allant jusqu'au mariage. Elle aime énormément son époux qui boit de plus en plus... ses absences répétées à la maison emmènent à son tour Kristen à boire afin de noyer sa solitude. L'alcool coule bientôt à flot, la discorde s'implante. Joe devient agressif et incontrôlable au point d'être obligé de suivre, contre son gré, une cure de désintoxication et d'entrer chez les Alcooliques Anonymes. Jim Hungerford (Jack Klugman) sera son parrain et sa bouée de secours quand le besoin se fera sentir... Hungerford tente d'assurer un climat de compréhension mutuelle et de collaboration entre lui et son protégé. Mais le pauvre Joe Clay connaît bien des ennuis au cours de sa longue thérapie et doit constamment affronter ses démons intérieurs afin de ne pas trébucher tête première dans la dive bouteille.
"Days of Wine and Roses" demeure sans doute le plus beau film jamais réalisé sur l'alcoolisme... il est d'un réalisme saisissant. La véracité du thème de l'alcoolisme est présenté avec une telle méticulosité, les émotions sont livrées avec tellement de densité qu'il m'arrivait d'avoir de la difficulté à visionner ce DVD. Jack Lemmon est merveilleux et d'une crédibilité déconcertante lorsqu'il joue l'homme ivre complètement perdu. Il joue un alcoolique avec une telle vraisemblance qu'en aucun moment il ne sombre dans le ridicule et les pitreries caricaturales et sympathiques dont nous sommes habitués de voir au cinéma. Lee Remick de son côté est tout simplement sublime et elle donne parfaitement le change à son partenaire de jeu. L'excellent scénario de J.P. Miller montre magnifiquement bien des personnages vulnérables et tourmentés.
Réalisé par Blake Edwards surtout connu pour ses comédies loufoques et sa mémorable série The Pink Panther, nous découvrons ici un cinéaste aux mille facettes, capable d'aller de la comédie au drame. Avec ce film étonnant, il exprime un univers difficile avec amour et violence. L'ivrognerie et la vulnérabilité physique sont, dans la thématique de Blake Edwards, la même chose: une diminution que l'on peut vaincre à force de volonté, mais aussi par l'acceptation de la maladie. Ce réalisateur chevronné a toujours bien divulgué sa pensée à l'écran et a toujours su tirer des comédiens le meilleur d'eux-mêmes.
Malgré ses quarante-deux ans, ce film n'a pris aucune ride et le thème est inlassablement d'actualité. Ce film en noir et blanc est d'une richesse remarquable, les noirs sont extrêmement profonds et solides, tandis que les blancs sont éclatants à souhait durant les scènes nocturnes. Les dégradés de gris et les contrastes rendent bien toutes les nuances de la superbe photographie de Philip H. Lathrop. Des spécialistes ont procédé à un admirable nettoyage qui a su redonner une excellente définition de l'image de ce film de 1962. Les textures sont réalistes, les moindres détails sont visibles et la netteté est irréprochable. Bref, l'image fut très bien restaurée. La bande sonore anglaise est d'une dynamique appréciable étant donné le style et l'âge de l'œuvre. La superbe et quelques fois inquiétante musique d'Henri Mancini, qui fit souvent équipe avec Blake Edwards, est vraiment bien rendue et bénéficie d'une bonne intégration au reste de la bande-son. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et sans trace de distorsions.
Warner nous fait cadeau de quelques suppléments très intéressants. Le commentaire de Blake Edwards tout au long du film qui le décortique et nous explique en détail ses plans de caméra, le choix de l'éclairage, les scènes, etc. En plus, vous avez une entrevue avec Jack Lemmon, mais cet entretien est étrangement présenté puisque nous avons une image séparée en deux... à gauche le comédien qui répond par téléphone aux questions que nous n'entendons pas et à droite, un écran noir afin de cacher probablement l'intervieweur. Il y a deux bandes-annonces incluses où Jack Lemmon vient personnellement nous parler avec conviction de "Days of Wine and Roses".
Voilà une excellente édition DVD qui se doit d'avoir une place de choix dans votre vidéothèque parce que c'est l'une des plus grandes réussites cinématographiques de l'histoire du cinéma.
| Film | 8 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |