20th Century Fox profite de la sortie en salle de la nouvelle (et horriblement mauvaise!) version de The Day the Earth Stood Still pour nous offrir une superbe édition spéciale en deux DVDs du film original de 1951. Réalisé par Robert Wise (qui se fît connaître comme monteur de Citizen Kane d'Orson Welles puis plus tard comme réalisateur des chefs-d'œuvre West Side Story et The Sound of Music), ce film reste un classique du genre et aurait du bénéficier d'une nouvelle sortie en salle avec campagne de publicité à l'appui plutôt que d'une nouvelle version minable dans laquelle on a enlevé tous les éléments intelligents pour les remplacer par les pires clichés Hollywoodiens. Les jeunes générations de cinéphiles auraient sûrement pu aussi bien s'identifier au personnage du jeune garçon de 1951 que de celui de 2008.
Malgré sa naïveté un peu démodée et son manque de hardiesse quant il s'agît de faire fi d'un Dieu unique régisseur de l'Univers, le film de Wise met dans le mille quant à sa recréation du climat de paranoïa qui régnait durant la guerre froide et de l'absurdité et l'infantilisme de tels comportements aux yeux d'un être extra-terrestre plus humaniste que la plupart des Humains de l'époque. La présence d'un Klaatu perplexe face aux conflits meurtriers et aux tensions politiques futiles, son discours moralisateur mais o combien pertinent sur l'absurdité de la guerre et les pièges du pouvoir et la fin audacieuse en font un film toujours actuel. La menace de la guerre froide ayant été écartée on pourrait penser que cette fable serait datée, mais la renaissance de tensions entre l'empire capitaliste mené par Bush et ses chiens de guerre et le reste du monde, musulman ou non, le rendent tout aussi actuel.
L'histoire de "The Day the Earth Stood Still" est celle de Klaatu, un extra-terrestre à l'apparence humaine qui atterrit avec sa soucoupe en plein Washington. Venu pour communiquer un message important à l'ensemble des nations terrestres, il se heurte à l'étroiture d'esprit des dirigeants politiques et militaires mondiaux qui ne peuvent concevoir de se réunir pacifiquement. Gardé prisonnier par l'armée américaine, il s'échappera pour aller voir des êtres humains normaux et pour prendre le pouls de l'humanité. S'engage alors une chasse à l'homme entre les sbires du gouvernement qui voient en Klaatu une menace certaine et les alliés de ce dernier qui sont près à écouter son message de paix et le considèrent plus comme un messager et ami. Qui aura le dernier mot...
La facture parfaitement maîtrisée du film, que ce soit sa réalisation, son scénario, sa musique éthérée et ses effets spéciaux discrets et réussis, lui permet de faire face sans gêne à des films modernes plus coûteux et plus prétentieux. Les cinéphiles avec un minimum d'ouverture d'esprit ("Ha non, pas un vieux film en noir et blanc!") resteront surpris par la modernité de ce conte et par la pertinence de son message. À voir en famille si possible...
Au niveau visuel, on a réussi à faire un transfert en haute définition de haute qualité. L‘image est donc aussi parfaite qu'elle pourrait l'être pour un film de plus de cinquante ans. Il y a bien sûr quelques égratignures et rayures ici et là, signe du passage du temps, mais la qualité du noir et blanc reste impeccable. Une profondeur des noirs, une belle nuance de gris et une bonne reproduction des zones claires, doublé d'une absence apparente de grain (pour l'époque on s'entend) en font une réussite sur le plan visuel. Pour l'audio, on a réussi à travailler à partir d'une bande son de bonne qualité et le résultat final n'en est que meilleur. Malgré les défauts techniques dus aux limitations de l'époque, la couleur du son reste belle et pleine. La musique envoûtante est aussi bien reproduite avec une certaine richesse de tonalité.
Non contents de remplir le disque de suppléments, on a aussi cru bon d'en ajouter un pour la balance des revuettes. On se retrouve donc avec des heures et des heures de documentaires et de reportages considérant tous les aspects du tournage et la place historique du film dans l'univers de la science-fiction cinématographique. En plus des commentaires du réalisateur (enregistrés avant son décès en 2005) et ceux d'un autre réalisateur de science-fiction, Nicholas Meyer (Star Trek 2: La colère de Khan), on retrouve ceux de quatre historiens, spécialistes de cinéma et de musique. On a aussi inclus une piste audio contenant seulement la musique, et une revuette relatant l'invention et l'utilisation du thérémin, cet instrument étrange qui permet de créer des sons d'outreterre. On a même une démonstration de Peter Pringle (oui oui, le chanteur quétaine des années 80 recyclé en spécialiste du thérémin) jouant le thème principal sur l'instrument original utilisé dans le film. On a aussi une revuette sur le tournage, une sur la métaphore dans le monde de la science-fiction, une sur l'histoire des soucoupes volantes, une sur l'écrivain Harry Bates et sa nouvelle dont est extrait le scénario, et une sur le scénariste Edmund North. On retrouve aussi une lecture par Jamieson K. Price de la nouvelle originale, un court-métrage documentaire de ce même Edmund North écrit et produit en 1982 sur l'importance du désarmement nucléaire ainsi qu'un flash de nouvelles de 1951 (ou de propagande tellement c'est ridiculement biaisé!) Fox Movietown sur la signature d'une entente de paix entre le Japon et les Américains.
| Film | 9 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |