Dead End
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Sylvia Sidney, Joel McCrea, Humphrey Bogart
Année: 1937
Classification: PG
Durée: 92 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
20 mars 2005

Un an après sa prestation remarquée dans The Petrified Forest, qui avait en quelque sorte sauvé sa carrière, Humphrey Bogart, alors sous contrat avec Warner, fut prêté à MGM pour jouer encore une fois les gangsters dans "Dead End" de William Wyler. Pas un mauvais choix puisque cette adaptation de la pièce de théâtre du même nom écrite par Lillian Hellman reçut quatre nominations aux Oscars. Le film permit également au collectif "Dead End Kids" de passer de la scène au cinéma et on les reverra faire leur petit numéro de délinquants de la rue l'année suivante dans Angels With Dirty Faces de Michael Curtiz.

À Manhattan dans le quartier East Side, les taudis côtoient les appartements luxueux avec vue sur la rivière Hudson. Les jeunes délinquants s'amusent dans la rue alors que le fils à papa prend des cours de français sur sa terrasse. Quand le gangster Baby Face Martin (Humphrey Bogart) revient dans ce quartier de son enfance pour visiter sa mère et revoir une ancienne flamme, Dave Connell (Joel McCrea), un architecte sans emploi qui avait grandi avec Martin, ne voit pas la chose d'un très bon oeil. De plus, Drina (Sylvia Sydney), une amie de longue date de Dave qui est amoureuse de lui, élève seule son jeune frère Tommy, mais redoute que ses fréquentations ne le mènent à une vie de crime. La présence de Martin dans les parages ne fera qu'augmenter ses appréhensions.

L'étonnante scène d'ouverture où la caméra pointe en hauteur sur les luxueux appartements pour descendre lentement vers les maisons délabrées et la rue sale suffit à mettre en scène cet environnement où le paradis côtoie l'enfer et la richesse la pauvreté. La caméra s'arrête alors sur le panneau "Dead End" (cul-de-sac) planté au bout de la rue, car après il n'y a que les eaux boueuses de la rivière. La vie s'arrête ici, impossible de descendre plus bas. Le portier du somptueux immeuble entouré d'un mur ouvre alors cette porte sur l'espoir d'une existence meilleure, mais elle se referme aussitôt. Désolé, ce n'est pas pour vous. En jouant sur les contrastes, William Wyler trace cette ligne cruelle entre la souffrance et le confort, et nous offre un portrait intimiste de l'atmosphère qui prévalait en cette époque difficile qui suivit la Grande Dépression. La direction assurée de Wyler et un scénario solide sont supportés par une distribution exemplaire. Bogart joue les durs à perfection, mais son personnage n'est pas unidimensionnel et exprime tout une gamme d'émotions allant de la surprise à l'angoisse. Joel McCrea n'a pas vraiment l'allure d'un gars élevé dans la misère, mais il joue avec justesse le rêveur qui veut changer le monde, mais qui demeure ancré dans la réalité. Claire Trevor, qui interprète l'ex copine de Martin, fait une brève apparition dans une scène mémorable qui lui a valu une nomination à titre de meilleure actrice de soutien. Les Dead End Kids sont crédibles, mais poussent un peu trop leur cabotinage alors qu'ils multiplient les échanges autant verbaux que physiques. Seul bémol, puisque MGM faisait surtout dans le glamour, la production est un peu trop léchée et aurait bénéficié de ce look sale et dépouillé qui était typique de Warner.

Côté vidéo, la pellicule est en très bon état pour un film de cet âge. Il y a bien ici et là quelques taches et égratignures ainsi qu'une granularité apparente, mais en général l'image est claire et le niveau des contrastes et des détails est excellent. La piste audio est également claire et offre un minimum de distorsion. Puisqu'il s'agit d'une piste mono, l'activité est évidemment limitée aux enceintes avant et la séparation des canaux est nulle. Personnellement, je préfère une piste mono efficace à un remixage raté ou approximatif qui n'a pour but que de nous remplir les oreilles. Les dialogues sont par ailleurs toujours faciles à comprendre. Les menus sont simples et statiques et il n'y a aucun supplément à part la bande-annonce du film. Dommage, je me serais contenté d'une piste audio commentaire!

"Dead End" a pris un peu d'âge et n'a pas le punch des films de gangster de Warner, mais il demeure intéressant à plusieurs niveaux, en particulier la réalisation de William Wyler et l'excellente distribution d'ensemble.


Cotes

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