Deadfall
Cinema Classics Collection
20th Century Fox

Réalisateur: Bryan Forbes
Année: 1968
Classification: 18A
Durée: 120 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST, Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Français
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
5 novembre 2006

Il fût une époque dans le cinéma britannique des années soixante et soixante-dix où tout film d'espionnage ou policier se respectant comptait dans ses rangs l'acteur Michael Caine. Beau bonhomme de l'heure, ce dernier pouvait jouer alors autant le bon espion britannique luttant contre les méchants communistes (et séduisant la Olga de service bien entendu!) que le gentleman voleur de bijoux flirtant avec la Comtesse Machinchose avant de la soulager de son collier de diamants uniques et inestimables!

Que ce soit en policier, en agent secret, en voleur ou en gangster sympathique, Caine savait se débrouiller dans n'importe quel rôle nécessitant du flegme, de l'assurance et la légendaire répartie britannique. On l'aurait très bien vu dans le rôle de James Bond d'ailleurs : humour pince sans-rire, charme et ce côté solitaire cher à l'agent 007.

Bien que beaucoup des films de Michael Caine furent des succès à l'époque, le temps n'a pas été clément avec tous. Et c'est malheureusement le cas de "Deadfall" du réalisateur Bryan Forbes. Même s'il réunit tous les ingrédients du parfait petit film de cambriolage, version 1968 - la belle étrangère au passé nébuleux, italienne de surcroît, le riche employeur proposant le coup du siècle, les paysages exotiques de la Méditerranée espagnole, la musique pleine de suspenses de John Barry, le scénario tiré d'un roman à succès et Michael Caine en voleur de bijoux/tombeur de première - "Deadfall" est en fait plutôt ordinaire.

Un des problèmes majeurs est justement ce désir de réunir tous les éléments clés sans soucis de développer les personnages. Oh, il y a bien un ou deux petits secrets venant pimenter la relation à trois entre la jolie italienne (Giovanna Ralli), son étrange mari (Eric Portman) et Michael Caine, mais au lieu de creuser un peu on a préféré se concentrer sur les deux vols de bijoux. Le premier étant d'ailleurs interminable avec son montage parallèle entre le vol dans la maison du chef d'orchestre et le concert que celui-ci donne au même. Une autre recette gagnante de l'époque : un long vol de bijoux sans dialogues monté en parallèle avec un autre événement comme un combat de boxe, une scène d'amour ou un concert, ce qui nous donne une référence temporelle qui bien souvent concorde avec une échéance dangereuse pour les voleurs.

Au niveau visuel, bien peu de surprises. Les limitations techniques de l'époque transparaissent sur le transfert DVD, sans les empirer ni les améliorer. Les couleurs un peu délavées de la pellicule 35mm de l'époque, les abus de filtres de diffusion pour les plans sur la jolie jeune fille, le grain très présent dans les séquences de nuit, sont tous des marques reconnaissables des films de la fin des années soixante. Pour certains, cette image un peu matte, ce look délavé, bien loin de l'hyper-réalisme visuel actuel (sauf exception bien entendu) peut déranger, mais pour d'autres, cela fait partie d‘un certain charme du cinéma de l'époque. Au niveau audio, encore là pas d'amélioration du son de l'époque. Quelques passages qui auraient eu besoin d'une petite re-numérisation, ou du moins d'un petit nettoyage. Certains dialogues sont en effet assez mal enregistrés (on différencie même à quelques reprises la prise de son sur le plateau et les retouches faites en post-production tellement le mixage est mal fait) Ce qui est dommage c'est qu'on semble avoir accordé de l'importance à l'audio lors de la sortie en DVD puisqu'on fournit deux pistes audio indépendantes, soit la musique de John Barry et les effets spéciaux sonores. On aurait pu passer un peu plus de temps et retravailler le son du film aussi.

Au niveau des suppléments, en plus des deux pistes sons ajoutées, on retrouve une petite revuette sur le légendaire compositeur John Barry. Pour ceux et celles qui ne le connaissent pas, on peut apprendre que c'était un des compositeurs de musiques de films les plus populaires et respectés des années soixante et soixante-dix, ayant travaillé sur tous les grands succès britanniques de l'époque, de James Bond (Goldfinger entre autres) aux classiques américains comme Midnight Cowboy de John Schlesinger ou Dances with Wolves de Kevin Costner.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments7
Vidéo7
Audio7