Fin 19e siècle, Johnny Depp interprète William Blake, non pas le poète anglais de la même époque, mais plutôt un homme sans emploi de l'Est. Avec le peu d'héritage que ces défunts parents lui ont légué, il se paye un billet de train pour aller travailler dans l'Ouest. Sa seule garantie d'emploi est une lettre provenant de l'usine de métal d'une petite ville miteuse. Son séjour ne se déroulera pas comme espéré. Arrivé sur place, l'emploi n'est plus disponible, il est un mois trop tard et contre son gré, il deviendra un hors-la-loi recherché par les hommes influents de la place. Maintenant traqué, il va se réfugier dans la forêt où il fera la rencontre de Nobody, indien solitaire, qui le guidera dans cette longue journée digne de tout bon western.
Jarmush dépeint dans son film un univers surréaliste créé ingénieusement et influencé par les spaghettis westerns, le cinéma burlesque et expressionniste. Assez étrange comme mélange, mais c'est ce qui donne à ce film son côté particulier et intéressant. Dès le début, son personnage ressemble à Buster Keaton, costume et chapeau, mais surtout son visage. Un visage sans expression qui parle de lui-même. On ressent aussi cette influence par le choix de ces plans et de leur cadrage. Tandis que les images et les décors semblent sortir tout droit de Nosferatu. Le réalisateur joue beaucoup avec les contrastes et les obliques et a choisi de filmer en noir et blanc. Ce sont peut-être aussi des restrictions budgétaires qui ont poussé le choix du noir et blanc, mais celui-ci ajoute grandement à l'esthétique du film. L'influence burlesque et expressionniste se remarque surtout dans la première partie du film; l'arrivée de Blake au village. Tandis que l'histoire reproduit celle des westerns et ne se démarque de ceux-ci. C'est le point faible du film, on ne saisit pas vraiment où le réalisateur veut mener le spectateur et qu'elle est la véritable signification du récit. La morale est ambigüe et on se lasse, car on atteint rapidement dans l'histoire un point où tout devient redondant.
"Dead Man" se démarque dans ces choix esthétiques, mais aussi dans son montage. Les images sont remarquables et superbes. Tous les plans semblent avoir été pensés et rendent le film visuellement magnifique à regarder. Ils s'enchainent pour produire la lenteur et l'atmosphère se dégageant de l'histoire et incontestablement, c'est un film d'atmosphère. La prestation de Johnny Depp est une fois de plus indiscutable. Il sait rendre crédible son personnage et jouer à la perfection. De plus, il est entouré d'une distribution d'acteurs remarquables.
Ce qui est surprenant de cette édition DVD est la qualité visuelle et sonore de celui-ci. Le transfert de l'image est réussi et la clarté des plans permet de mieux les apprécier. Les effets sonores sont très présents et aident à créer l'atmosphère du film. La qualité sonore rend hommage à la musique de Neil Young qui signe la trame sonore de "Dead Man". Anecdote intéressante, Young aurait composé la musique au même instant où celui-ci visionnait le film pour la première fois. Les rares suppléments retrouvés sur cette édition ne sont pas impressionnants. Il y a quelques scènes coupées au montage qui n'apportent absolument rien de plus à l'histoire. Elles sont correctes à écouter, mais sans plus. On peut aussi écouter le vidéoclip et la bande-annonce du film.
Ce n'est jamais facile d'apprécier un film à sa juste valeur quand nous avons trop d'attentes envers celui-ci. C'est ce qui m'est arrivé en écoutant "Dead Man". Il y a longtemps qu'on me parlait de ce film et seulement en bien. Même si mes attentes n'ont pas été comblées, je ne peux pas dire que je n'ai pas apprécié celui-ci. Plusieurs aspects font de celui-ci un film à écouter, mais pas pour son divertissement, plutôt pour sa qualité cinématographique.
| Film | 6 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |