Dear Pillow
Heretic Films

Réalisateur: Bryan Poyser
Année: 2004
Classification:
Durée: 85 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
2 décembre 2007

Nombreux sont les films tentant de prendre un sujet et le rendre sur un angle jamais vu. Celui du réalisateur Bryan Poyser se concentre sur un jeune homme de 17 ans dont les préoccupations vitales sont d'écouter sur sa radio pirate et de se faire dépuceler. Malgré les meilleures intentions, le film ne parvient tout simplement pas à se hisser au-delà de toute attente mis à part sa prémisse, prometteuse un instant.

Wes (Rusty Kelley) est un adolescent en phase d'entrer dans l'âge adulte. Fêtant bientôt ses 18 ans, il constate avec un certain regret que sa vie n'est pas ce qu'il aimerait qu'elle soit. Son père, divorcé depuis deux ans et quelque peu alcoolique (ouais, on la connaît celle-là), parvient à peine à payer pour leur loyer dans lequel Wes ne possède presque aucune intimité (il doit se servir d'une nappe pour s'isoler). Renfermé sur lui-même, refusant d'accepter ce qu'il ressent ou de comprendre ses choix, il fait la rencontre de Dusty, écrivain pour une revue à caractère sexuel nommée "Dear Pillow". Le jeune homme est ainsi initié à écrire des histoires érotiques puis, bientôt, se joint à eux la femme (Viviane Vives) que Wes espionne par radio, et qui finit par découvrir sa supercherie.

Le film n'est qu'un énorme monologue divisé en quatre personnages. Les points de vue ne se confrontent pas de la manière que l'on souhaiterait et le jeune Rusty Kelley ne livre pas la marchandise en terme de talent. Il est monocorde, fixe, bref il est perdu dans un rôle qu'il ne maîtrise pas du tout. Gary Chason et Viviane Vives, par contre, permettent d'offrir au film quelques moments de répit entre les élucubrations alcooliques du père de Wes et l'adolescent moins vivant qu'un zombie. Là où l'on aurait voulu un scénario plus chargé, plus critique envers la société de consommation actuelle, on nous offre un discours platonique sur le bienfait d'écrire à ce sujet, d'être payé pour cela. La cinématographie est également d'une maladresse confondante, ne sachant pas comment tirer parti de ses personnages. L'effet documentaire est dès lors mis hors contexte et les dialogues, insupportables quand ils sortent de la bouche inébranlable de Rusty Kelley, sonnent plutôt primaires et mal travaillés. La prémisse du jeune homme voulant écrire petit à petit pour une revue érotique était bien, mais même cet aspect sombre tôt dans l'excuse pour davantage d'explication narrative indésirable.

Au banc des suppléments on y retrouve une pléthore bien construite dont des scènes coupées (avec raison), des enregistrements d'auditions, deux bandes-annonces, deux courts-métrages filmés par Bryan Poyser (le premier est long et trop exposant, le second (datant de 2001) offre une tournure intéressante sur le sujet) et, pièces de résistance, deux pistes de commentaires : l'une par le réalisateur et le producteur, l'autre avec les trois acteurs principaux. On dénote une bonne dose d'informations qui jette la lumière sur les difficultés de tourner avec un maigre 7000$ dans un cas et dans l'autre, d'écouter les acteurs parler trois ans après offre une perspective intrigante.

L'image est malheureusement presque un désastre. On a l'impression d'avoir affaire à une VHS retapée, dans le meilleur des cas. Les couleurs tombent à plat, il y a nombre de cas de surexposition et de sous-exposition, la règle des tiers n'est à peu près jamais exploitée, bref ce n'est pas la joie. En plus, on doit se coltiner une image vidéo à compression trop élevée. Le son n'est disponible qu'en stéréo, donc pas de folies dans le département. Ça ne fait pas de vague du tout et la sonorité est parfois très difficile à entendre. Les sous-titres n'auraient pas été de trop. Comme quoi, c'est à repenser. Le menu principal est fixe et muet, doté d'un montage reprenant presque la pochette du DVD. La sélection de scènes est animée et musicale. En gros, c'est un travail honnête qui offre une navigation correcte et aisée.

Le film s'adresse à un auditoire averti, il va sans dire, mais son contenu est tellement barbant que l'on peine à s'imprégner du récit. Les passages entre Wes et Dusty montrent la relation possible que Wes aurait si son père était présent dans sa vie, mais le tout demeure mal exploité et maladroitement filmé. Peut-être que les rôles de monteur, producteur et caméraman étaient un peu trop demander à Jacob Vaughan tandis que l'on aurait dû exiger une seconde mouture du scénario à Bryan Poyser, donnant réellement l'effet d'un produit en construction, mais pas terminé. Dommage.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments7
Vidéo5
Audio5