Death Race
Unrated
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Paul W. S. Anderson
Année: 2008
Classification: 18A
Durée: 111 / 105 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
19 décembre 2008

D'habitude, quand on s'attaque à refaire un film des décennies plus tard, c'est parce qu'on juge que non seulement l'original était un bon film, mais qu'en plus on croit pouvoir si ce n'est l'amélioré, du moins le rendre plus accessible pour les cinéphiles contemporains. Or, bizarrement, le "Death Race" du réalisateur britannique Paul W.S. Anderson reprend le Death Race 2000 de Paul Bartel un film oubliable (quoique culte) et le modifie presque totalement. Outre la prémisse originale de la société future où l'économie des États-Unis s'est effondrée et la nature violente de la course elle-même, bien peu des éléments du film original produit par le légendaire Roger Corman sont reconnaissables. On a bien sûr aussi gardé les deux noms des pilotes principaux, Frankenstein (Jason Statham en 2008 et David Carradine en 1975) et son rival Machine Gun Joe (Tyrese Gibson cette fois-ci contre Silvester Stalone jadis). Mais là s'arrêtent les comparaisons faciles.

Alors que le film de 1975 critiquait une société où l'État a assumé toutes les responsabilités et les formes de contrôles - médiatique, religieux, politique, juridique - à la suite du crash économique, le film d'Anderson fait le portrait d'une société moderne dominée par les corporations ayant remplacé le gouvernement dans ses sphères de compétences stratégiques. Ainsi, le système judiciaire et carcéral est géré par ces multinationales et le taux de criminalité étant à la hausse, ces prisons doivent rivaliser d'imagination pour rentabiliser le flot grandissant de pensionnaires. La menace communiste d'un super État qui faisait peur aux gens dans les années 70 est maintenant remplacée par celle, plus réelle selon moi, d'une déresponsabilisation forcée du Gouvernement aux mains avides du Grand Capital. Petite parenthèse en passant: une majorité des prisons chez nos voisins du sud sont déjà privatisées et on voit les conditions de traitement des prisonniers s'appauvrir à chaque année. Ce qui n'augure pas bien pour l'avenir. Anderson semble du même avis que moi puisqu'il situe son action en 2012 et non pas en 2200!

Pour générer des profits, le centre pénitencier de Terminal Island géré par la despote Mme Hennessey (Joan Allen, qui devait avoir besoin d'argent) organise depuis quelque temps une course de la mort mettant en vedette des prisonniers au volant d'autos meurtrières. Durant les trois jours de compétitions, les pilotes doivent tenter de finir premier au fil d'arrivée en éliminant leurs rivaux. Pendant ce temps, les droits télévisuels et internet de la course sont vendus par Hennesey, Plus le sang coule et les voitures explosent, plus les cotes d'écoute grimpent et plus l'argent rentre dans les coffres. Mais il est prévu que celui qui réussira à survivre et à gagner cinq courses sera libéré. Frankenstein a déjà quatre victoires à son actif et Machine Gun Joe trois. Or le nouvel arrivé (et complètement innocent du crime qu'on l'accuse, bien entendu) Jensen Ames (Statham) est convoqué par Hennessey qui lui offre de remplacer le dernier Frankenstein (incarné par David Carradine qui fait une apparition vocale derrière le masque au début du film) qui est mort sur la table d'opération après la dernière course. Comme celui-ci portait toujours un masque à la Jason, la supercherie pourra fonctionner. Ames acceptent, mais se rend vite compte que Hennessey a plus d'un tour dans son sac et qu'elle ne tiendra pas parole, car Frankenstein est très populaire auprès du public et il devra rester à jamais dans la course. Et puis quel double rôle joue la plantureuse co-pilote Case? Les moteurs tournent, le drapeau est abaissé, les pilotes sont partis. Ames survivra-t-il?

Il est indéniable que le réalisateur Anderson est un maître efficace de la réalisation de ce genre de films. Comme il l'a prouvé auparavant avec Resident Evil et Alien vs Predator, Anderson sait très bien se servir de huis clos pour faire monter la tension des spectateurs. Encore ici avec Death Race, la quasi-totalité du film se déroule dans l'univers contrôlé de la prison et de sa piste de course. Les effets spéciaux et les cascades sont aussi bien maîtrisés. Seuls l'absence d'un scénario passablement intelligent, de comédiens de talent et de dialogues crédibles font que le film rate le podium des films d'actions mémorables. Les amateurs de mitraillettes, de grosses corvettes, de machisme peu subtil et de pitounes en silicone se réjouiront de la sortie du film en DVD. Les autres passeront leur tour en attendant quelque chose de mieux à se mettre sur la dent.

Les chasseurs d'anecdotes se régaleront de savoir que le film a été tourné en entier à Montréal. On y reconnaît aisément quelques vieilles usines désaffectées, le pénitencier Saint-Vincent-de-Paul, l'estacade du Pont Champlain et les silos à grain du vieux port.

Pour la vidéo, un bon transfert DVD à partir d'une belle copie originale nous donne aussi des résultats intéressants. Une belle uniformité de traitement dans les tons et les teintes autant dans les extérieurs de jour ou de nuit que dans les décors intérieurs sont les résultats d'un étalonnage impeccable. Une netteté de l'image d'ensemble et des détails dans les couleurs ajoutent un plus à la qualité globale de l'aspect vidéo du DVD.

Au niveau audio, une bonne prise de son, un bon mixage et un transfert bien fait nous donnent un résultat global d'excellente qualité où toutes les gammes de fréquences sont bien reproduites ce qui nous permet de bien se faire défoncer les tympans par le volume sonore assourdissant. On a aussi beurré épais sur les effets audio, mettant beaucoup d'emphase sur les bruits de mitraillettes et d'explosions, les sons des pneus et des moteurs, les cris des mourants, ce qui irrite les oreilles à la longue. Mais bon, c'est le genre de film à ça...

En suppléments on retrouve les commentaires du réalisateur et du producteur ainsi que deux revuettes. Une sur le tournage du film et l'autre sur les cascades. De plus, deux versions du film sont présentes sur le DVD. Celle sortie en salles et la version intégrale qui contient six minutes de plus de chaos visuel et sonore!


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments6
Vidéo8
Audio8