Suspense construit autour du thème du mensonge, "The Debt" fait oublier son scénario parsemé d'invraisemblances par une impressionnante distribution de comédiens chevronnés et une solide réalisation.
Au lancement du livre de sa fille qui porte sur sa jeunesse au sein du Mossad, l'ancienne agente Rachel Singer (interprétée par Helen Mirren dans le présent et par Jessica Chastain dans le passé) repense à une périlleuse mission qu'elle a effectuée en compagnie de deux collègues (Sam Worthington et Marton Csokas). Peut-être qu'aujourd'hui, les erreurs du passé pourront être réparées...
Remake d'un long-métrage israélien, "The Debt" interroge le devoir de mémoire et la présence de mensonges dans la construction d'une histoire (et de l'Histoire) collective, pour le besoin de tous et la fierté d'une nation. Une thématique essentielle qui sert principalement de ressort dramatique dans sa façon d'alterner entre hier et aujourd'hui. Autant le passé en forme de récit d'espionnage et de frictions romantiques captive allègrement, autant le présent glacé se perd dans les faux-semblants, se terminant par une finale complètement tirée par les cheveux et peu crédible.
De quoi prendre l'effort avec une pincette, conscient que ce qui aurait pu être majeur ne l'est pas tant que ça. Cela n'enlève rien à la mise en scène soignée de John Madden (Shakespeare in Love) qui fait dans l'élégance, ni le jeu convaincu de tous les acteurs. Helen Mirren, Tom Wilkinson et Ciaran Hinds défendent plus que correctement leurs personnages à l'âge "adulte", se faisant toutefois éclipser par les plus jeunes Jessica Chastain, Sam Worthington et Marton Csokas.
La musique de Thomas Newman laisse longtemps en tête. Les pistes sonores assez élaborées font ressortir des enceintes des bruits de pluie, d'applaudissements et de train. Les voix s'entendent sans aucune difficulté (même si quelques accents peuvent sonner faux), le doublage francophone est très respectable et il est possible d'accompagner le tout de très visibles sous-titres blancs. Les jolies images sont détaillées différemment selon l'époque en place. Généralement la palette de couleurs est précise (sans être éclatante) et les contrastes demeurent au point, entre ombres et lumière.
La pochette ne gagnera pas un prix d'originalité. On y retrouve le visage ou le corps des différentes vedettes. Le menu principal du DVD a l'intelligence d'opter pour un habile montage de scènes et une mélodie sobre. Les suppléments très superficiels sont constitués de trois documentaires (totalisant moins de 10 minutes de matériel): un sur le tournage, le second à propos due personnage d'Helen Mirren et le dernier sur le segment qui se déroule dans le passé. Outre une série de publicités, les bonus se terminent par une potable piste de commentaires du cinéaste et du producteur Kris Thykier. La conversation n'est pas toujours naturelle, mais les informations intéressantes finissent par ressortir au détour.
"The Debt" appartient à cette catégorie de films qui semblent beaucoup plus prometteurs sur papier qu'à l'écran. Sans être mauvais, le filon a tendance à s'étirer, surtout lorsque les réminiscences des jours anciens fondent comme neige au soleil pour être remplacées par les troubles du quotidien. Reste un effort louable, qui sait divertir grâce à ses têtes d'affiche et qui se regarde sans difficulté.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |