Le jeune Daniel Radcliffe, acteur éponyme de la série de films quasi légendaire Harry Potter délaisse sa baguette magique et Hogwarts l'espace d'un film. Il incarne donc "Maps", un jeune orphelin en quête de parents dans un film plutôt intéressant, mais dont les thèmes sont similaires à ceux plus hauts en couleurs et en effets spéciaux de Harry Potter. Sans s'éloigner trop du sorcier mythique, Daniel Radcliffe permet de rajouter quelques cordes à son arc, le transformant en un acteur un peu plus expérimenté, donc plus crédible. Cela n'empêche pas le film de tomber dans les sentiers battus.
Pour quatre orphelins vivant dans un refuge religieux, l'avenir est incertain : tous les autres enfants sont adoptés alors que le quatuor demeure intact. Appelés "garçons de décembre" en raison de leur date d'anniversaire rapprochée, ils se voient offrir un petit présent : visiter et demeurer l'espace de quelques semaines au bord de la mer dans un petit patelin où ces jeunes goûteraient aux premiers aspects de la famille. Bientôt, l'un d'eux entend une famille émettre la possibilité d'adopter, ce qui réveille un certain sentiment de compétition. Le plus âgé de tous, Maps (Radcliffe), ne s'intéresse en rien à ces jeux et préfère s'amouracher de la jeune fille d'à-côté. Les périples et les désillusions qu'ils vivront au cours de ces quelques semaines forgeront en eux des liens insoupçonnés.
L'idée de départ est très bonne, mais un peu maladroitement exécutée. Certains passages prennent beaucoup trop de temps à être exposés tandis que d'autres possédant davantage de pouvoir introspectif volent au vent. La cinématographie demeure quelque peu rudimentaire, mais s'adapte plutôt bien aux différents décors : lors des scènes en milieu religieux, tout est bien cadré tandis qu'ailleurs, la caméra est plus libre. Les acteurs sont particulièrement bien sentis dans leurs rôles respectifs, malheureusement éclipsés par la popularité de Radcliffe, relégué ici au troisième rôle alors qu'on voit son nom en premier. La narration du film et les dialogues font un peu peine à entendre puisque presque rien d'original ne sort de la bouche des personnages. Les limitations du décor empêchent également les personnages de vivre ailleurs que dans un environnement claustrophobe, ce qui aggrave le rythme sirupeux du métrage. La mise en scène, qui aurait dû être intimiste et introspective, s'en retrouve plutôt de métier, donnant un traitement plutôt froid à des images chaudes, un contraste qui n'est pas nécessairement bienvenu. Ce film est donc un véhicule promotionnel fait pour la vedette et destiné à montrer ses nouveaux talents. On aurait apprécié que le personnage de Maps soit davantage creusé afin d'en extirper tout le potentiel qu'il recelait.
Côté suppléments, il n'y a vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent. Le disque est aussi anorexique que Paris Hilton puisque sont incluses ici quelques scènes coupées à peine restaurées pour l'occasion. Même pas de piste de commentaires, de revuette ou autre outil promotionnel. Qui plus est, les scènes n'ajoutent que très peu au film déjà un peu long lui-même.
L'image est superbe et exempte de défauts notoires. On ne note qu'une faible apparition de compression durant certains instants. Les couleurs, ressemblant à la palette des films de Michael Bay, sont ici bien utilisées. Les arrières-plans sont bien définis et l'action principale demeure constamment belle. Quant au son, il est dommage qu'aucune trame française ne soit disponible. Cependant, et en 5.1, difficile de cracher sur ce morceau aussi bien travaillé que son image. Les menus du disque sont fixes, la plupart constituant un collage ou des images prises durant le tournage. Seuls le menu principal ainsi que celui des suppléments sont accompagnés d'une musique de Carlo Giacco.
En conclusion, "December Boys" est un film tourné pour sa vedette. Il existe de bons passages, comme la scène entre un vieil homme et un poisson âgé et gros, rappelant un écho du livre Le Vieil Homme et la Mer d'Émile Zola. Le reste est un long déjà-vu servi plus ou moins chaud. Au moins, il y a la bonne volonté derrière la caméra et ça, ça fait toute la différence.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 8 |