Les films qui sortent directement en DVD ou qui sont réalisés pour la télévision ont souvent plusieurs choses en commun. Généralement, les valeurs artistiques de ces objets sont inexistantes, tout comme leurs qualités intrinsèques et l'enrobage plus que superficiel qui en découle. C'est sans surprise que "Deception" s'inscrit dans cette lignée.
La très jolie Erin (Dina Meyer) rêve de vivre pleinement de son métier d'artiste. Mais en attendant de mieux payer le loyer, elle coince plutôt des maris infidèles pour un enquêteur privé. Un jour, elle tombe amoureuse d'une de ses victimes (Steve Bacic). Lorsque des collègues et des amis meurent du jour au lendemain, elle commence à soupçonner son nouvel amant de faire disparaître d'importants témoins pour mettre la main sur la fortune de sa femme. Dans cette mer de fausses pistes, elle devra apprendre à faire confiance pour ne pas perdre la vie...
Le canevas de "Deception" est aussi commun que son titre. Tout le monde est suspect et, bien entendu, la finale dévoile que la première personne suspectée était la bonne. La réalisation conventionnelle et anonyme de Richard Roy est de montrer comment ses acteurs et ses actrices peuvent bien paraître devant la caméra. Pour s'y faire, il multiplie les tenues sexy tout en partant le bal avec une pseudo scène érotique qui ne dévoile rien (il ne faut pas choquer le public cible qui regarde le tout un dimanche après-midi). Il coiffe même ses personnages de dialogues insipides tels "on a tous besoin d'un endroit pour retirer nos vêtements de travail". Les interprètes, médusés devant tant d'inepties, ne peuvent que jouer sans conviction ni émotion. Les thèmes moraux ne tiennent pas longtemps la route et les déchirements d'Erin sont insuffisants pour lui donner une quelconque psychologie.
La traduction française est loin d'être crédible. La version originale anglaise est un peu plus tempérée. Dans les deux cas, les pistes sonores en Dolby Digital 2.0 développent des thèmes musicaux qui s'avèrent plutôt discrets. Les voix s'entendent sans problème. Un avantage significatif, car il n'y a aucun sous-titre. La musique concoctée par Simon Carpentier navigue entre un piano langoureux et des effets plus stridents lorsque la "tension" apparaît. Les images se veulent réalistes et les couleurs assez froides décrivent bien l'univers de tous les jours. Le plein écran, le blocage sur les chemises et le léger grain ne peuvent que nuire à la qualité des détails. Les contrastes ne sont cependant pas catastrophiques et la définition des contours est correcte.
Comme les autres éléments du récit, la pochette ne peut qu'être formatée. Il y a trois pauses (un baiser, un cri, une fille armée) classiques qui ne remporteront jamais un concours d'originalité. Les couleurs foncées sont cependant jolies. Après d'incessantes publicités, le menu principal du DVD arrive. Il montre le visage d'une femme sans y ajouter de mouvement et de musique. La navigation éclair permet de visionner le film, de choisir une scène et de sélectionner une langue. Il n'y a donc aucun supplément.
Le principal problème de "Deception" est sa vision artistique. Que l'œuvre soit produite pour le grand écran ou pour la télévision, il doit absolument y avoir un quelconque regard particulier. Ce n'est certainement pas le cas ici. À quoi bon faire un film que tout le monde a vu un million de fois et que plus personne ne veut revoir? Ce n'est qu'une perte d'efforts, de temps et d'argent. Une grosse déception.
| Film | 2 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |