De-Lovely
Special Edition
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Irwin Winkler
Année: 2004
Classification: PG
Durée: 125 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD20), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 36
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Amélie Gravel
9 janvier 2005

En 1891 est né un personnage qui a vécu une vie tout ce qu'il y a de plus extraordinaire: homosexuel, mais marié à une femme, Cole Porter a écrit un si grand nombre de chansons qu'il serait impensable de les compter, a été nominé pas moins de quatre fois aux Academy Awards et a gagné un Grammy Awards en 1961. Le prestige de Porter ainsi que sa vie très mouvementée ont donné toutes les raisons de faire un deuxième film en son honneur (le premier étant Night And Day, en 1946, qui était, semble-t-il, plus librement inspiré et moins réaliste que "De-Lovely").

"De-Lovely" consiste en un voyage dans le temps que l'ange Gabriel présente à Cole Porter peu de temps avant qu'il ne meurt. Il remontera ainsi jusqu'à sa rencontre avec Linda, sa muse et épouse, pour revenir à l'instant présent en voyant tous les événements marquants de sa vie: son mariage, ses rencontres nocturnes avec ses amants, sa première collaboration avec Irving Berlin qui a mené à une carrière brillante à Broadway, le départ de New York pour Hollywood où il a signé son premier contrat avec MGM, sa séparation de Linda, son accident qui lui a fait perdre l'usage de ses jambes, et le décès de sa muse, qui lui a enlevé toute joie de vivre. Chaque étape de sa vie est illustrée par ses chansons, ce qui rend ce film extrêmement musical. Ce critère pourrait déplaire à beaucoup de gens, mais pour ceux qui sont maniaques de comédies musicales comme moi, ce film est de grande qualité. Les chansons sont merveilleuses, bien sûr, puisqu'elles proviennent du répertoire d'un des plus grands compositeurs de tous les temps, mais cela ne s'arrête pas là. Les quelques numéros de danse et extraits de comédies musicales ajoutent de l'énergie à une vie qui contient malheureusement beaucoup de drames. Les deux acteurs principaux, Kevin Kline et Ashley Judd, sont tout simplement merveilleux et nous offrent des performances vocales surprenantes. Le seul point négatif que je peux mentionner est la durée du film: il dure un peu plus de deux heures, mais paraît encore plus long. La vie de Porter est bel et bien exceptionnelle, mais le rythme lent avec lequel les événements se succèdent nuit à l'intérêt que nous pouvons porter à la production. Les quelques vingt chansons qui se font entendre intégralement durant le visionnement y sont sans doute pour quelque chose. Pour interpréter ces classiques, les producteurs ont fait appel à plusieurs chanteurs populaires en ce moment, tels que Robbie Williams ("De-Lovely"), Alanis Morissette ("Let's Do It (Let's Fall In Love)"), Sheryl Crow ("Begin The Beguine"), et Lara Fabian qui interprète l'actrice principale "Kiss Me Kate".

Le menu nous transporte très rapidement à l'époque où le film se déroule, c'est-à-dire les années 20 à 60. Une commode ancienne supportant un miroir se retrouve dans le coin, avec sur son dessus un livre, un cendrier et une cigarette, dont la fumée constitue le seul mouvement dans l'image. La glace fait miroiter des extraits du film pendant que la musique instrumentale de Cole Porter se fait entendre.

Beaucoup de suppléments sont disponibles. D'abord, un documentaire sur la production rassemble les commentaires des acteurs, réalisateurs et producteurs sur le vrai Cole Porter, ce qui les a intéressé dans le projet, la façon qu'ils ont créé le film, le choix des acteurs, les trucs de maquillage, les costumes, etc. Toute l'information est très intéressante, même si les sujets abordés sont les mêmes que dans tous les autres documentaires de ce genre. Un petit détail que j'ai trouvé intéressant est le fait qu'ils aient comparé des photos de Cole Porter et des extraits mettant en vedette Kevin Kline. Ces comparaisons nous font apprécier encore plus la performance de ce dernier. Dans la section "Music", nous faisons plus ample connaissance avec les chanteurs engagés pour interpréter les chansons de Porter, soit Natalie Cole, Elvis Costello, Diana Krall et ceux mentionnés plus haut. Nous voyons leurs répétitions, les séances d'enregistrement en plus de recevoir leurs commentaires sur leur expérience. Ensuite, deux scènes sont analysées: "Be A Clown" et "Love For Sale", qui sont autant deux titres de chapitre que de chanson. On nous apprend alors comment les numéros ont été créés par les chorégraphes, interprétés et répétés par les acteurs en plus de comprendre comment le choix des caméras et le montage des images se sont effectués. Deux extras assez intéressants pour ceux qui s'intéressent au fonctionnement du cinéma. Neuf scènes supprimées suivent, dans lesquelles il ne se passe pratiquement rien. Je suis bien contente qu'elles aient été coupées, car le film est déjà trop long. Si vous avez beaucoup de temps devant vous, vous pouvez le prendre et visionner les deux pistes de commentaires, soit celle Irwin Winkler et Kevin Kline et l'autre dans laquelle le scénariste Jay Cocks accompagne le réalisateur. Malgré l'intérêt qu'elles présentent pour ceux qui ont aimé le film, il me semble qu'il y aurait eu moyen de n'en faire qu'une afin de ne pas étirer de long en large ce qui est déjà d'une longueur assez maximale. La bande-annonce de la trame sonore, du film ainsi que de neuf autres titres, dont le seul récent est Wicker Park, peuvent également être visionnées.

La définition de l'image est réussie: aucun élément flou ne fait son apparition, tout est très clairement détaillé. Les scènes extérieures sont magnifiques, mais les scènes de soirée doivent laisser place à l'imagination. C'est quelquefois tellement noir que nous manquons beaucoup de détails. Les scènes intérieures ne sont également pas très lumineuses, mais elles conservent l'aspect de l'époque. La couleur prédominante des meubles et des murs était à ce moment le brun, alors il est normal que cela donne un résultat moins vif. Pour ce qui est du son, il est correct, mais pourrait être bien mieux pour un film qui consacre près de 90% de son contenu à la musique. J'ai bien apprécié le son graduellement ascendant d'une mélodie lorsqu'elle débute lors d'une conversation pour occuper plus tard la trame principale. Elle s'harmonise alors parfaitement avec le dialogue en cours, pour prendre une ampleur totale (même un peu trop forte parfois) au moment où les personnages commencent à chanter. L'effet ambiophonique se fait trop discret, mais donne une douce ambiance lorsqu'il fait entendre une musique de fond.

Malgré le fait que son nom soit méconnu du grand public d'aujourd'hui, l'héritage de Cole Porter continue de se faire entendre régulièrement sur les trames sonores de films de tous genres, que ce soit comédie, drame romantique, ou bien film d'action. Par exemple, vous pourrez entendre "Anything Goes" dans Indiana Jones and the Temple of Doom, "Don't Fence Me In" dans The Bachelor, "I've Got You Under My Skin" dans la nouvelle version de Freaky Friday, "Looking At You" dans L.A. Confidential et "Night And Day" dans What Women Want. Peu de compositeurs de Broadway ont réussi à écrire des chansons si immortelles qu'elles continuent de survivre même plus de quarante ans après la mort de leur inventeur, mais Cole Porter fait partie de ceux-là. Le fait que la musique soit omniprésente dans "De-Lovely" pourrait faire fuir plusieurs personnes, mais en ce qui me concerne, j'ai été ravie de faire la connaissance d'un compositeur dont je n'avais jamais entendu le nom, mais qui a écrit des succès connus tels que "True Love" et qui a eu une vie sous le signe de sa passion: la musique.


Cotes

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Audio7