Dean Martin and Jerry Lewis Collection
Volume Two
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Norman Taurog, Frank Tashin
Année: 1954-1956
Classification: G
Durée: 489 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.33:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST), Français (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (2 DVD-9 + 1 DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Thierry Lacime
10 juin 2007

Saviez-vous que dans les années 50, les films du duo Jerry Lewis et Dean Martin battaient des records d'affluence mondiaux et que Jerry Lewis a même remporté le titre de premier artiste de films en 1957, 59, 61 et 1964. De son côté, Dean Martin était le crooner et l'acteur préféré de cette époque. D'ailleurs, plusieurs de ses chansons sont encore utilisées dans les bandes sonores de nombreux films. Malgré leur différence scénique, le duo performa de nombreuses années, autant sur scène, sur pellicule, mais aussi à la télévision.

La carrière de Martin est assez diversifiée. Autant il a plusieurs fois partagé l'affiche avec son acolyte Lewis dans des comédies dites "légères", autant il a participé à de grands succès, tels que Rio Bravo, avec John Wayne et Ocean's Eleven, la première version avec ses amis du "Rat Pack" de Las Vegas, Frank Sinatra et Sammy Davis Jr. L'acteur s'est éteint à l'âge de 78 ans le jour de Noël 1995, des suites d'un cancer du poumon.

Son partenaire Jerry Lewis, de près de 10 ans son cadet, n'en est pas moins en reste dans sa carrière. Après avoir débuté au cinéma à l'âge de 22 ans, en même temps que Martin et dans la même série (Welcome Aboard), il a par la suite pris plusieurs chemins en même temps, apparaissant souvent à la télévision dans de nombreuses émissions, mais aussi donnant plusieurs spectacles à travers le monde, dont la France qu'il apprécie beaucoup. Mais son œuvre principale restera son implication dans la lutte pour la dystrophie musculaire avec les fameux Téléthons annuels. Il a d'ailleurs été nominé pour un prix Nobel suite à ces implications. Depuis le milieu des années 80, il a souvent été malade. Il a subi plusieurs attaques cardiaques, ainsi que des problèmes aux poumons et du diabète. Après quelques années de repos complet, il commence à réapparaître à la télévision dans des séries, notamment en 2006 pour Law & Order: Special Victims Unit, qui pourrait lui valoir une nomination aux prochains prix Emmy. Il a eu 81 ans au mois de mars.

Si l'entente entre Martin et Lewis semble idyllique à l'écran, elle l'était aussi dans la vie. Jusqu'en 1956. En effet, des "éléments extérieurs" au trio commencèrent à créer une tension entre les deux hommes en montant Martin contre son ami. Il s'en est suivi une séparation douloureuse pour Lewis. Ce dernier affirme même ne jamais avoir vu le film "Hollywood or Bust", présent dans ce coffret, car c'était le dernier tourné avec son ami et que les souvenirs étaient trop douloureux pour lui. Les deux hommes ne s'adressèrent plus la parole pendant très longtemps. C'est Frank Sinatra qui initia un rapprochement plus de 20 ans plus tard à l'occasion d'un événement public. À partir de là, et jusqu'à la mort de Martin, les deux amis renouèrent leur relation.

Paramount nous propose un deuxième coffret regroupant cinq films du duo. Un premier coffret, avec huit films, est encore disponible. Nous y retrouvons, dans l'ordre de production, "Living It Up", "You're Never Too Young", "Artists and Models", "Pardners" et "Hollywood or Burst", leur dernier film ensemble. Ils sont regroupés sur trois disques, eux-mêmes rangés dans un triptyque en plexiglas transparent, laissant voir un montage de plusieurs images extraites des films. À l'endos, des reproductions des affiches originales et le détail des disques est imprimé (munissez-vous d'une loupe, car c'est vraiment imprimé très petit). Le dernier volet est illustré par une caricature du duo qui, une fois l'ensemble plié et rangé dans son fourreau de carton, est toujours visible par une ouverture laissée dans le bel habillage bordeaux. Le verso du boîtier montre le dos de la caricature. Toutes les inscriptions sont en français et en anglais. Les films ne sont pas inclus sur les disques dans l'ordre réel de leur production. Ainsi, sur le premier disque, nous avons "Pardners" et "Hollywood or Bust". Sur le second, il y a seulement "Living It Up" et enfin sur le troisième "You're Never Too Young" et "Artists and Models".

Pardners (Le trouillard du Far West): Slim (Dean Martin) et Wade (Jerry Lewis) sont partenaires dans un ranch de l'ouest américain au temps du Far West. Un jour, attaqués par leur ennemi, ils sont tués. Plusieurs années plus tard, on retrouve la femme de Wade (Agnes Morehead) qui a élevé seule leur fils Wade Jr (Jerry Lewis) et qui est maintenant une riche industrielle. Le fils de Slim, Slim Jr (Dean Martin) est quant à lui le contremaître du ranch où vivait son père, en compagnie de sa femme Carol (Lori Nelson). Wade Jr veut fuir sa mère un peu autoritaire et décide de suivre Slim Jr dans l'ouest. Il devra alors s'adapter aux rigueurs des cow-boys et surtout affronter les méchants qui font toujours la loi.

Un western sympathique avec une histoire certes bien conventionnelle. On s'arrêtera surtout sur les scènes de duo entre Martin et Lewis, et bien entendu aux maladresses de ce dernier. Sans grandes surprises toutefois, on passe un bon moment. À noter aussi la présence de Lon Chaney Jr, Lee Van Cleef et Jack Elam.

Hollywood or Bust (Un vrai cinglé de cinéma): Steve (Dean Martin) doit rembourser une dette de jeu. Il complote alors de tricher à une loterie pour gagner une voiture et pouvoir ensuite la revendre. Dans la file d'attente, il fait la connaissance de Malcolm (Jerry Lewis) qui lui aussi compte bien gagner le véhicule pour aller à Hollywood rencontrer son actrice préférée: Anita Ekberg. Au moment de décerner le prix, Malcolm, le vrai gagnant est donc confronté à Steve. L'organisation, ne sachant rien du subterfuge (pourtant évident puisque ce sont des billets numérotés), décide de laisser le véhicule aux deux. Malcolm est tout heureux, mais Steve va vouloir s'en débarrasser. Va alors commencer un long voyage vers la côte ouest pour les deux hommes et... le grand chien danois de Malcolm, qui compliquera les plans de Steve. Mais tout est bien qui finit bien.

Une histoire simple, mais efficace. Bien entendu tout est bâti autour des personnages de Martin et Lewis et du chien (qui devient mystérieusement et clairement une chienne dans un plan). Un film qui mélange les nombreuses prises de vues en extérieur durant le voyage et plusieurs séquences directement dans les studios de Paramount pour la partie Hollywood. Sans oublier l'actrice Anita Ekberg qui semble bien s'amuser dans son propre rôle. Les trois jeunes filles de Dean Martin font aussi partie de la distribution. Ce sera le dernier film tourné par le duo Martin & Lewis.

Living It Up (Ce n'est pas une vie Jerry): Homer Flagg (Jerry Lewis) est un chef de gare dans une petite ville du Nouveau-Mexique, perdue et loin de tout, sauf de la base militaire américaine de Los Alamos et de ses essais nucléaires. Il rêve de voir la grande ville. Un jour, il se laisse tenté et part dans le premier train qui passe. Mais il se retrouve au beau milieu du champ de tests militaires. Pensant être radioactif, il est soigné par le médecin de village, le Dr Steve Harris (Dean Martin) qui découvre que sa radioactivité n'est simplement que les chiffres fluorescents de sa montre. Mais à New York, la journaliste Wally Cook (Janet Leigh), qui ne sait pas encore qu'il se porte bien, veut faire une série d'artciles sur lui avant qu'il ne meure et l'invite, avec son médecin, dans la grande pomme. Jusqu'à quand le secret de sa bonne forme pourra-t-il être gardé?

Le plus ancien des cinq films ici présents, et peut-être le plus intéressant. Typique film de l'époque hollywoodienne, où décors immenses et figuration nombreuse se côtoyaient. Une issue que l'on connaît dès le début, mais dont on ne sait pas quand elle éclora. On apprécie de retrouver Janet Leigh, très pétillante dans ce rôle.

You're Never Too Young (Un pitre au pensionnat): Wilbur (Jerry Lewis) est l'assistant d'un grand barbier qui a son salon dans le lobby d'un chic hôtel. Un jour, Noonan (Raymond Burr), un voleur, n'a pas d'autre choix que de glisser un diamant dans la poche de la veste de Wilbur. Découvrant la situation, ce dernier décide de s'enfuir en train, mais n'a pas assez d'argent. Il décide alors de se déguiser en un jeune garçon de 12 ans (avec un habit de marin) afin de profiter d'un rabais et de partir. Mais en route, il fera la connaissance de Bob (Dean Martin) qui l'emmènera avec lui dans le pensionnat où il enseigne le sport. Mais Noonan ne l'a pas perdu de vue. Tant que Wilbur se fait passer pour un enfant, il ne risque rien, mais sa couverture ne pourra durer longtemps.

Une autre histoire qui tient le spectateur en attente. Là encore, les pitreries de Lewis font mouche presque à chaque fois, surtout dans son interprétation d'un jeune de 12 ans. Martin essaie de suivre, mais semble à la traîne avec un Lewis en grande forme. Une comédie très divertissante. Dans le film, il y a un gag que l'on retrouve dans la parodie "Airplane". Alors que l'ami de Martin est dans la gare, on annonce dans les haut-parleurs qu'elle doit se rendre à un certain endroit. Alors qu'elle part dans l'autre sens, la voix dans les haut-parleurs lui dit qu'elle se trompe et que c'est dans l'autre sens. Est-ce là vraiment l'origine de ce gag?

Artists and Models (Artistes et modèles): Rick (Dean Martin) est un peintre, mais pour le moment, il doit gagner sa vie en peignant autre chose que des tableaux. Son ami et colocataire Eugene (Jerry Lewis) ne l'aide pas beaucoup, plongé qu'il est dans ses histoires pour enfants qu'il aimerait écrire. Rick va se servir des rêves d'Eugene pour dessiner des histoires fantastiques, sans savoir que l'auteure des livres préférés de son ami, Bessy (Shirley MacLaine), vit dans le même immeuble qu'eux. Mais l'imagination fertile d'Eugene le mettra aussi sur le chemin d'espions qui le croient un scientifique avec une invention révolutionnaire.

Autre bon film du duo, avec en plus des actrices de talent, outre Mlle MacLaine, nous avons aussi Dorothy Malone, Eva Gabor et une fois de plus Anita Ekberg. L'histoire se débride un peu avec les espions, mais reste dans une certaine limite malgré tout. Quant à n'avoir qu'un seul téléphone dans un immeuble à étage, cela a parfois des inconvénients, demandez-le à Jerry Lewis.

Quatre des cinq films sont présentés au format panoramique original (VistaVision), seul "Living It Up" a un ratio, aussi original, de plein écran. Malgré des films de plus de 50 ans, on remarque que les images sont très nettes et claires. On constate malgré tout quelques défauts de vieillesse et des couleurs un peu délavées, mais encore bien présentes. La piste sonore française nous permet de retrouver la voix habituelle de doublage de Jerry Lewis. Les pages de menus sont on ne peut plus simples et il n'y a malheureusement pas de suppléments.

Depuis que je connais Jerry Lewis, je lui ai toujours vu deux grosses bagues aux doigts, et ce, quel que soit le rôle qu'il joue, même celui d'un pauvre gars malheureux. Sûrement une superstition de l'acteur. Quant à Dean Martin, il ne peut s'empêcher de pousser la chansonnette dans trois de ces cinq films (de trois à cinq chansons dans chaque). Voilà un ensemble de films qui ont marqué la belle histoire d'Hollywood, celle où tout le générique était au début et où la dernière image apparaissait avec le mot "fin" et c'était tout. Si vous aimez l'humour de Jerry Lewis, je vous conseille vivement ce coffret pour garder une partie de ce patrimoine du cinéma.


Cotes

Film6/7/7/7/6
Présentation2
Suppléments-
Vidéo8/8/7/8/8
Audio7/7/7/7/7