Faites la connaissance de Crazy Legs Conti. Il est d'une allure sympathique, il adore les mauvais films des années 80, il travaille emploi par-dessus emploi pour payer son loyer avec son colocataire et il aime bien se retrouver entre amis pour déguster des repas en grande quantité. Son sport favori? La compétition de nourriture. C'est exact! Aux États-Unis, pays de la "liberté", il s'agit là d'un sport dans lequel de sérieuses associations reconnaissent cette discipline. Pour reprendre les mots de Crazy Legs au début du documentaire : "beaucoup de gens mangent trois repas par jour, sauf qu'ils ne le font pas professionnellement". Cet excentrique habitant de la grosse pomme (New York) nous invite donc à être témoins de son périple alors qu'il tentera d'accéder au rang de mangeur professionnel.
Deux émotions bien différentes m'ont envahi en observant à priori la pochette : toute cette nourriture et (pour la énième fois) la faim dans le monde existe encore. L'autre émotion concernait la critique sous le titre : "se range aisément entre Super Size Me et Inside Deep Throat". Le ton du documentaire est donc on ne peut plus clair : bien que traité d'un point de vue sérieux en ce qui concerne la profession de manger, la personne (un personnage en lui-même) de Crazy Legs Conti ne laisse personne indifférent, se préparant régulièrement des déjeuners qui feraient fermer les restaurants voulus "à volonté". Il s'exerce souvent, observe les compétitions de nourriture à la télévision et se passe même les reprises en image par image, histoire de décortiquer les performances tel un match de hockey. C'est dans un bar de New York que Crazy Legs aura la chance de prouver qu'il peut mériter sa place dans le cercle des grands mangeurs lorsqu'il avalera pas moins de 34 douzaines (il n'y a pas d'erreur, cela fait bien 408) d'huîtres. Une fois là, il est inscrit dans une compétition pour réitérer son exploit à la Nouvelle-Orléans, l'état des huîtres géantes. Crazy Legs y parvient et remporte ainsi la ceinture du plus grand mangeur d'huîtres au monde. Pendant la durée du documentaire, il est possible de voir Crazy Legs sans censure, tant dans la victoire que la défaite, humble, mais jamais démoralisé, malgré son adversaire le plus redoutable, un japonais nommé Takeru Kobayashi, ayant englouti pas moins de cinquante hot-dogs en moins de dix minutes.
Avant d'accéder au film, les menus comiques proposent une image caricaturée de Crazy Legs engloutissant des hot-dogs sur un fond musical un peu burlesque. Les menus, très colorés, suggèrent plusieurs options dont les extras qui sont, comme à l'habitude chez Blue Underground, très nombreux ou du moins suffisants pour calmer tout "appétit" de suppléments. Il y a tout d'abord une piste de commentaires par Crazy Legs et les réalisateurs et producteurs, procurant de bons moments, traînants un peu de la patte dans certains moments, mais bien gérés dans l'ensemble. Ensuite il y a au "menu" des "left overs" (restes), plusieurs scènes retirées par l'équipe qui viennent pimenter un très bon ajout au métrage. "Snacks" (collations) et "Dessert" suggèrent d'autres revuettes ou entrevues qui offrent de bons ajouts à une première écoute.
L'image est en format plein écran et aurait nécessité quelques traitements supplémentaires afin d'améliorer les quelques petits défauts subsistants tels des taches de compression, des flous faisant amateur, etc. Cependant, la majorité du documentaire est bien filmée, nullement façon Blair Witch Project. Le caméraman a donc su s'en tenir à son mandant qui était de filmer des états d'âme, des compétitions, le tout sans être ennuyant. Pari réussi. Le son n'étant qu'en stéréo, il est parfois difficile de bien cerner ce que certaines personnes disent, mais le montage permet de compenser avec des réponses ou des événements qui font comprendre immédiatement après.
Crazy Legs Conti est un original, certes, mais une personne ayant également un but dans la vie : manger professionnellement. Bien que l'on puisse ressentir une certaine réticence au visionnement de ce documentaire, il faut savoir que le tout est traité dans la bonne humeur, sans dramatiser davantage ou sombrer dans l'humour gras. On voit littéralement les étapes qu'une personne déterminée entreprend afin de réussir, ce qui, malgré la nature de la compétition, donne une petite lueur d'espoir pour nos propres projets. Pour passer une belle soirée à s'étonner et rire de bon cœur, ce film est tout spécialement indiqué.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |