A Crude Awakening: The Oil Crash
Mongrel Media

Réalisateurs: Basil Gelpke, Ray McCormack
Année: 2006
Classification: G
Durée: 85 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
15 avril 2007

L'essence est la matière la plus recherchée de la planète et les réalisateurs Basil Gelpke et Ray McCormack ont décidé de livrer un documentaire enflammé sur la question. "A Crude Awakening: The Oil Crash" n'apprend peut-être par grand-chose de nouveau sur la question, mais quelle démonstration impeccable d'un fléau globalisateur! Le pétrole cause des guerres et des tragédies partout sur la planète depuis des décennies et la valeur de cet or noir ne risque pas d'amener la paix dans les prochaines années. C'est à cette problématique essentielle quoique peu nouvelle que s'intéresse cet objet contestataire qui cherche à instruire à tout prix. Des États-Unis à l'Irak en passant par la Chine, l'Inde, le Canada, le Venezuela et d'anciens pays satellites de la Russie, la quête de puissance n'arrête personne et les conséquences sont désastreuses. Des conflits armés aux faillites économiques en passant à ces beaux lendemains qui ne peuvent arriver, le destin de cet élément fondamental d'essor contemporain est scruté à la loupe.

Les sources présentes sont presque unanimes. Des gens hauts placés en passant par des scientifiques, des professeurs experts ou des agriculteurs, la situation ne peut plus continuer. La parole est donnée à des individus proches de l'organisation de Georges W. Bush qui banalisent parfois la donne, mais généralement, le maillet martèle parfaitement ce gros clou peu subtil incroyablement efficace. En revenant autant sur les indices historiques que sur les stratégies géopolitiques, ce documentaire suisse sensibilise le spectateur avec un nombre effarent d'exemples et de chiffres. Il y a même des intertitres pour bien identifier les thèmes traités.

Le rythme enlevant montre une multitude de plans de qualité variable. Les nombreuses archives en noir et blanc, en couleurs datées ou les animations ancestrales ne sont pas parfaites, sauf que le résultat aurait pu être bien pire. Ce qui est moins intéressant est ce blocage qui revient sans cesse, apparaissant généralement sur une cravate ou des immeubles. En revanche, les paysages sont souvent jolis et il y a quelques éclairages délicats qui révèlent l'opulence des contrastes, comme ce soleil orangé comprimé entre la noirceur des ténèbres et des astres plus cléments. Ou ce premier plan magnifiquement huilé et humide.

La présence du son est aussi prédominante, sinon plus. Les dialogues et les exposés rhétoriques sont au cœur de la question. Les voix sont généralement faciles à saisir. Malheureusement, elles ne sont pas parfaites. Quelques accents peuvent jouer les troubles-fêtes... et il n'y a aucun sous-titre pour venir à la rescousse. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 utilise favorablement les multiples enceintes pour agrémenter les oreilles de bruits, d'explosions, de cigales, de vagues perdues, d'applaudissements, etc. Il y a surtout la musique qui enchante tout sur son passage. Elle est variée et tellement riche, respectant généralement les airs classiques. Il y a du Schubert et du Handel, mais c'est le vénérable Philip Glass qui donne de l'émotion et du tonus à la photographie finale. Les mélodies utilisées ne sont pas nouvelles et ce n'est guère important.

La pochette est d'un symbolisme délirant. Il y a une pompe à essence en forme de nœud... qui attend simplement de pendre tout un chacun sur son passage. Le menu principal reprend cette fantastique idée sans y amener le moindre mouvement et sans y apporter une seule note musicale. Outre cette bande-annonce originale un peu trop longuette, les suppléments méritent l'attention. Il y a un court chapitre sur les États pétroliers qui ne peuvent que répéter des cycles vicieux en poursuivant leur ère d'industrialisation. Une métaphore reste en tête: "Oil is the Excrement of the Evil". Les quatre autres segments proposent de nouvelles entrevues alarmantes avec quelques artisans présents, dont Colin Campbell (un géologue de l'essence), David L. Goodstein (un professeur de physique), Fadhil Chalabi (l'ancien ministre de l'huile en Irak) et Matthew Simmons (un ancien consultant auprès de Georges W. Bush). De quoi vouloir prendre les armes pour tout arrêter.

"A Crude Awakening: The Oil Crash" ressemble beaucoup à un film d'horreur. Ce qui est mentionné fait peur, le montage apocalyptique fait sursauter et le méchant en puissance fascine par son invincibilité. Sauf qu'il y a deux hics. Les faits proposés sont vrais et, pire encore, il n'y a aucune solution valable pour rééquilibrer le balancier! La démarche de ce documentaire paraît parfois un peu trop forte et appuyée, mais lorsque la cause est bonne, au diable les réserves!


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments5
Vidéo6
Audio8