Le dignité du peuple
Métropole Films Distribution

Réalisateur: Fernando E. Solanas
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 120 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol
Sous-titres: Français, Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
10 juin 2007

Le cinéaste Fernando E. Solanos continue sa croisade. Après avoir raconté les déboires d'une Argentine souillée par une crise économique par l'entremise du fascinant Mémoire d'un saccage, il continue son diptyque avec "La Dignité du peuple", une charge qui se veut cette fois beaucoup plus sociale. Le problème ne s'est toujours pas réglé.

En 2001, l'Argentine a été plongée dans une grave crise économique qui a affecté ses fondations et son avenir. Même si les présidents se succèdent, les problèmes persistent. Le peuple peut difficilement diriger sa destinée et le pays, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, risque à tout moment de perdre pied. C'est dans ce contexte que le réalisateur engagé Fernando E. Solanos est sorti de sa tanière et qu'il a commencé à tourner une série de documentaires sur le sujet. Le premier, "Memoria del Saqueo", est sorti en 2004 et il expliquait les causes et les raisons de cette déchéance. Le second volume n'a pas tardé à venir.

"La Dignité du peuple" est une suite logique de son prédécesseur. Le ton et la hargne n'ont presque pas changé. Cette fois, l'homme derrière La Hora de Los Hornos donne la parole à une demi-douzaine de personnes qui cherchent à résister au rouleau compresseur. Il y a entre autres un maître d'école, une famille sans argent et un prêtre qui a plus d'un tour dans son sac. Ensemble, ces quelques âmes prouvent que l'espoir peut se concrétiser dans ce pays trop longtemps piétiné par le Fond monétaire international.

Ce documentaire incroyablement pertinent fait découvrir une région qui se tient debout sans abuser de stratagèmes mélodramatiques. Il n'est pas nécessaire d'avoir vu le précédent volet, car un résumé exhaustif se tient dès l'ouverture. Les sources rencontrées, assez convaincantes, inspirent immédiatement confiance et leurs combats tiennent en haleine.

Malgré toute la sympathie, il ne faut absolument pas perdre son sens critique. La narration est loin d'être objective. Elle est plutôt incendiaire, propre aux changements. Les commentaires des gens sont utilisés dans une seule fin: celle de critiquer les instances politiques en place. Solanos n'a que faire du discours journalistique, il y préfère les discours flamboyants. Cette façon de dénoncer pourra en rebuter, mais il devra convaincre la plupart des altermondialistes à sa cause.

Pour étayer sa thèse, le cinéaste utilise de nombreuses archives qui en disent long. En agissant ainsi, la qualité des images ne peut que s'avérer inégale. La plupart des plans sont précis, possédant des détails très enviables. Mais il peut arriver que des segments soient plus discutables. Généralement, la couleur se veut sobre. Les tons de blanc, de noir, de beige et de brun sont multiples et les très beaux paysages ne tendent jamais vers le paradisiaque. Au contraire, c'est le souci de réalisme qui est visé en montrant des établissements en décrépitude.

Ce n'est pas long avant que la musique locale enchante l'ouïe. Les rythmes sont mélancoliques et instinctifs. Ils sont vibrants en gardant toujours une petite note plus triste. La piste sonore en Dolby Digital 2.0 offre davantage de mélodies, de bruits de balles et d'explosions sans toutefois amener le spectateur en plein cœur de l'action. La langue utilisée s'entend facilement, sauf que c'est de l'espagnol. Il y a heureusement d'honnêtes sous-titres blancs en français et en anglais pour les gens qui ne maîtrisent pas totalement le dialecte d'Almodovar.

Cette œuvre sans aucun supplément comporte deux pochettes. Celle en anglais est assez classique avec une succession de carrés à l'effigie d'une scène particulière. Celle en français possède un impact plus subtil. Il y a le visage désillusionné d'un enfant et de sa poupée. La superposition d'une écriture rouge à un fond bleu rappelle le sang qui coule de l'innocence. Le menu principal n'est qu'une succession de scènes portée par une chanson envoûtante qui est malheureusement un peu trop courte.

Même s'il n'est pas neutre et un peu trop long, "La Dignité du peuple" mérite le visionnement. Il n'est certainement pas aussi essentiel que son précédent Mémoire d'un saccage, mais il montre comment des éclaircies salvatrices peuvent gruger, peu à peu, les nuages omniprésents qui prennent toute la place. Dans son cycle qui met l'Argentine et sa population à l'avant-plan, Fernando E. Solanos avance sur des chapeaux de roue. Sa conclusion risque à nouveau de surprendre et d'enfoncer encore plus profondément un clou rouillé et inutile.


Cotes

Film7
Présentation6
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Vidéo7
Audio7