Entre les mains de Michel Tremblay
Métropole Films Distribution / Mongrel Media / Ciné Qua Non Média

Réalisateur: Adrian Wills
Année: 2007
Classification: NR
Durée: 52 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST), Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 6
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
11 novembre 2007

Si pour beaucoup de Québécois le nom de Michel Tremblay évoque un auteur à succès, notamment de pièces de théâtre et de romans assez colorés, il serait curieux de connaître le pourcentage d'entre eux qui savent aussi à quel point cet homme est connu et apprécié à l'étranger, surtout au Japon et en Écosse, grâce à ses pièces. C'est entre autres ce que nous découvrons dans ce documentaire édité par Métropole, "Entre les mains de Michel Tremblay", réalisé par Adrian Wills, qui a par ailleurs reçu le prix du meilleur réalisateur pour ce film lors des Gémeaux 2007.

Si curieusement le nom de Laura Cadieux n'est pratiquement jamais prononcé dans cette production, il n'en est pas de même pour plusieurs autres œuvres de Michel Tremblay, à commencer bien entendu par celle qui a tout déclenché : "Les belles-sœurs". Le film est bâti de façon plus ou moins chronologique, associant le travail de Tremblay en fonction de son environnement immédiat et de ses prises de conscience. Ainsi, la célèbre pièce "les belles-sœurs", où plusieurs femmes, et uniquement des femmes, sont réunies sur scène et s'expriment dans un français populaire, le joual, se veut justement un cri au monde sur cette façon de s'exprimer. Comme on le voit dans le documentaire, la pièce a été un succès quasi mondial, surtout en Écosse, où Michel Tremblay a même été honoré dans une université locale. Cette pièce, qui à l'époque, 1965, faisait fi de la morale religieuse et se permettait même de caricaturer le Québécois moyen de l'époque. Alors que certains criaient au scandale, la plupart portèrent la pièce aux cieux. L'auteur osait alors parler tout haut de ce que chacun pouvait voir dans son quotidien en se taisant.

Viennent ensuite ses rapports avec la famille, et surtout sa tante Robertine, qui l'accueillera à la mort de sa mère, et qui deviendra, d'une certaine manière, son personnage d'Albertine, pour "Albertine en cinq temps". Cet homme de paroles et de déclarations ne pourrait pas passer sous silence la douleur vécue par le secret longtemps gardé de son homosexualité, ce qui deviendra la pièce "Hosanna", qui a été longtemps jouée au Japon, notamment. Le film nous emmène donc découvrir ces lointaines contrées, bien loin du Plateau Mont-Royal, où nous rencontrons des acteurs et des metteurs en scène qui ont, eux aussi, osé traduire et monté ces pièces pourtant locales.

Pour cette édition, Métropole nous propose un emballage différent de ce que nous avons l'habitude de trouver. Le disque est protégé dans un moule de plexiglas, collé à l'intérieur d'une reliure de carton, formant ainsi un petit livret sans pages, s'ouvrant simplement. D'une couleur uniforme à tendance beige, l'ensemble est illustré de montages de photos monochromes et de textes bilingues venant rehausser le tout. L'image est malheureusement au format panoramique non anamorphique (indiqué 4:3 sur l'emballage). Sa qualité varie selon les séquences, de passable avec les vieux films d'époque ou personnels, à excellente pour les tournages spécifiques à ce documentaire. Malgré un choix de langue, le film principal est parlé en français ou en anglais, selon les intervenants. Par contre, si on choisit le français, les passages en anglais sont sous-titrés en français et inversement pour l'anglais. Les pages de menus sont dans la langue que l'on choisit sur la première page.

Les suppléments sont en fait des parties du documentaire qui n'ont pas été retenues. On y voit ainsi une séquence sur les rapports entre Michel et son père, une autre qui parle du processus de création avec Wajdi Mouawad et enfin une dernière sur un festival Tremblay à Winnipeg en 2005. Curieusement, ces suppléments sont présentés en format 16:9 anamorphique, et sont directement sous-titrés (en anglais quand le dialogue est en français, et inversement).

Malgré les quelques suppléments rajoutés, on ne peut que déplorer que ce documentaire ne soit pas plus long. On a vraiment l'impression de survoler cet auteur et je crois bien que l'on voudrait en connaître plus. Cela dit, je pense que plusieurs vont en apprendre plus sur Michel Tremblay qu'ils ne pensaient, surtout le côté international du personnage, qui est principalement mis de l'avant ici. On appréciera aussi les nombreuses références à son enfance et à sa jeunesse, avec moult documents, tels que films de famille et photographies. Un excellent documentaire qui se laisse savourer malgré sa courte durée.


Cotes

Film8
Présentation4
Suppléments5
Vidéo7
Audio6