The Festival Collection
Volumes 36, 39, 40 - The Documentaries
Mongrel Media

Réalisateurs: Fatih Akin / William Karel / Deborah Scranton
Année: 2005 / 2006 / 2006
Classification: PG / PG / 14A
Durée: 92 / 84 / 97 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais, Allemand & Turque (DDST) / Français (DDST) / Anglais (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français / Anglais / Aucun
Nombre de chapitres: 12 chacun
Nombre de disques: 1 (DVD-5) chacun

Ces DVD sont disponibles excluvisement en location chez Blockbuster Video jusqu'en 2007
Le DVD "Crossing the Bridge"est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "La Fille du juge"est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "The War Tapes"est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
19 novembre 2006

En plus de ses films "réguliers", Mongrel Media aime bien rajouter des titres à sa collection "The Festival Collection" qui comprend plusieurs œuvres provenant des quatre coins de la planète. Ces récits généralement captivants ne pouvaient préalablement qu'être loués dans des succursales Blockbuster. Avec une popularité de plus en plus grandissante, ces objets cinématographiques peuvent maintenant être achetés (neufs ou usagés) dans différents clubs vidéo. La fiction est momentanément laissée de côté et trois nouveaux documentaires s'élèvent de la vague.

Crossing the Bridge: The Sound of Istanbul

Le cinéaste Fatih Akin revient sur ses heures de gloire. Il filme Alexander Hacke qui débarque en Turquie dans ses démarches pour composer la trame sonore de l'excellent film Head-On. Cet homme rigolo visite plusieurs régions pour bien s'incruster des tendances qui composent ce peuple situé entre l'Occident et l'Orient.

Ce segment traduit en français par "Le son d'Istanbul" possède les défauts de ses qualités. C'est un essai qui s'adresse principalement aux tympans. De nombreux styles musicaux (rock, hip-hop, grunge, etc.) sont explorés par l'entremise de personnages sympathiques et chaleureux. Au passage, ces êtres parlent de la société, de la morale et de la situation des Kurdes. Les propos demeurent malheureusement un peu trop superficiels, les enjeux s'avérant plus drôles que profonds. Il n'y a rien de mieux que d'acquérir de l'information sur un sujet peu connu, mais lorsque les 92 minutes comportent de sérieuses longueurs (fallait-il réellement laisser les chansons au complet?), ce n'est jamais pour le mieux.

La Fille du juge

Ce documentaire bouleversant est une transposition du livre Mort d'un silence de Clémence Boulouque. L'auteure raconte son enfance et sa relation particulière avec son père. Au milieu des années 1980, des attentats terroristes faisaient trembler la France. Pour juger les coupables, la tâche revenait au juge d'instruction Gilles Boulouque. Quotidiennement menacé, devant vivre avec des gardes du corps, cet homme trop sensible devait combiner une vie familiale à ses tâches quotidiennes. Une mission suicidaire lorsque ses faits sont scrutés à la loupe, que la presse critique son travail et que les instances politiques sont loin de l'appuyer.

Le réalisateur William Karel crée un climat incroyablement touchant en mélangeant une narration mélancolique de Elsa Zylberstein à une superbe partition musicale poétique au piano. Les mots de Boulouque touchent plusieurs thèmes (famille, société, terrorisme) en demeurant toujours très juste. Si le tout débute un peu faiblement (juxtaposition entre les attentats du 11 septembre 2001 et les évènements survenus en France il y a deux décennies), les valeurs dressées par la suite sont étonnantes. Le passé est décrypté en détail à l'aide d'une multitude de photographies et la filiation entre la fille et son père rend rapidement les yeux humides.

The War Tapes

Les soldats américains Mike Moriarty, Steve Pink et Zack Bazzi filment leur présence en Irak, dans un pays inconnu qui est loin de les accueillir avec des fleurs. L'entraînement aux États-Unis, la nervosité avant le départ en avion, la peur sur le terrain et les sens déboussolés devant tant de sensations fortes: rien n'est laissé au hasard et ces yeux en forme de MiniDV captent l'horreur présente.

Le réalisme est à la base de tout et c'est très rare, autant en documentaire qu'en fiction, que la vérité semble si réelle. En offrant l'objectif aux acteurs principaux, ce joyau n'a pas à s'embarrasser d'une vision journalistique incomplète et souvent subjective. Des hommes captent des images où très souvent l'odeur de la mort plane. Ils envoient leurs travaux de la journée par Internet pour que la réalisatrice Deborah Scranton puisse en tirer un montage puissant. Les scènes horribles côtoient des instants plus agréables ou d'autres carrément troublants, comme ce combat entre une araignée et un scorpion. La vision de la cinéaste n'est peut-être pas neutre, et s'il y a effectivement des hommes qui se demandent pourquoi les politiques de Bush les ont envoyés là, le récit préfère généralement montrer que se perdre dans des théories présomptueuses. Émotions fortes garanties.

Ces trois documentaires utilisent abondamment des images d'archives qui sont plutôt inégales. Un superbe rendu en noir et blanc peut être accompagné de séquences plus floues et troubles. Généralement, les contrastes sont de très bonne qualité et il y a peu de blocage. Les récits, basés en grande partie sur des dialogues abondants, utilisent moyennement les différents haut-parleurs. Les voix sont la plupart du temps très audibles et en cas de nécessité, il y a des sous-titres blancs qui sont inclus. La seule exception est "The War Tapes" qui ne comporte rien à ce niveau. La musique vient grandement soutenir les actions en venant titiller l'émotion et elle est une des raisons de la réussite de ces ouvrages. Surtout sur "Crossing the Bridge" où les notes sont plus éloquentes que les paroles.

Les pochettes se ressemblent toutes. Il y a le titre en gros et une multitude de carrés montrant une pose particulière. Ce principe est intéressant sur "La Fille du juge" où les formes deviennent des morceaux de souvenirs, mais il est un peu superflu le reste du temps. Les menus principaux des trois œuvres offrent un montage de quelques scènes et une musique qui s'étend sur à peine quelques secondes. Il n'y a aucune publicité en insérant le DVD et les icônes sont facilement identifiables. C'est navrant de constater l'absence presque totale de suppléments. Le seul bonus permet de connaître les résumés des 40 longs-métrages composant ce "Festival Collection Catalogue".

Cette initiative de Mongrel Media est magistrale et elle mérite le coup d'œil. Les opus sont souvent inégaux, mais il y a bien quelques segments qui méritent le détour. Comme ce sommet vraiment trop triste qu'est le révoltant "La Fille du juge", un documentaire qui n'a rien à envier aux meilleurs œuvres de fictions distribués dans une multitude de salles.


Cotes

Film6/8/8
Présentation4
Suppléments1
Vidéo7
Audio8