Documentaire inspirant sur la force de la vie face à l'adversité et aux affres de la mort, "Four Seasons Lodge" ne parvient pas toujours à utiliser parfaitement ses fascinants intervenants. Reste des récits essentiels qui font offices de mémoire.
Chaque été, des survivants de l'Holocauste se réunissent toujours au même endroit. Ils échangent sur le passé, le présent et l'avenir, créant des amitiés, de l'amour et surtout une nouvelle famille. Ensemble ils continuent à vivre, pour le meilleur et juste pour le meilleur.
Quelle magnifique idée de s'intéresser aux rescapés de la Seconde Guerre mondiale pour voir ce qu'ils sont devenus après les horreurs des années 1940! Ce documentaire, qui s'apparente à un testament puisque les gens en sont à la dernière saison de leur existence, représente un essai important pour l'Histoire, montrant comment l'homme est généralement maître de sa destinée, pouvant se laisser envahir par les horreurs de son passé ou, au contraire, chercher un peu de bonheur, de lumière et de réconfort après être revenu des enfers. C'est ce second choix qui ressort des nombreux témoignages éclairants sur ce qui fut et sur ce qui est, sans jamais recourir à des procédés trop mélodramatiques.
Cette superbe ligne directrice réalisée par Andrew Jacobs souffre cependant de quelques carences dans sa progression. Malgré sa superbe matière première, le récit tend à s'enliser dans l'anecdote, ce qui donne un rythme un peu décousu. Bien entendu les révélations drôles ou bouleversantes sont de la partie, sauf que d'ici là, il y a quelques séquences qui ne font pas véritablement avancer le récit. En misant sur les humains, le cinéaste laisse au rancard les traditionnelles archives et recréations historiques, ce qui offre enfin un peu de nouveauté. Mais du coup, sa "mise en scène" manque un peu de mordant, se limitant généralement à quelques têtes grises ou blanches qui discutent.
La jolie musique au piano se veut rapidement soigneuse et mélodique, amenant son lot d'émotions au passage. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 2.0 mise sur la bonne compréhension des voix, délaissant au passage les autres enceintes. Bien que les dialogues soient audibles, quelques accents peuvent être un peu plus problématiques. Surtout qu'il est impossible de recourir aux sous-titres, car il n'y en a pas. Les images claires et précises ne sont pas ornées de couleurs vives ou de contrastes édifiants. Le rendu y est potable, malgré la présence d'un peu de blocage.
La pochette blanche est vraiment très jolie, montrant deux personnes âgées qui s'embrassent. Le menu principal du DVD reprend cette idée gagnante en la précédant de saisons qui défilent. Une agréable mélodie berce la navigation. Les bonus présents comportent quatre scènes supplémentaires qui permettent d'en savoir davantage sur le parcours de quelques miraculés, un trop court documentaire de six minutes narré par le réalisateur qui parle de son travail, ainsi que deux poèmes (qu'il est possible de lire ou d'entendre) qui font instantanément réagir.
Par son sujet nécessaire, "Four Seasons Lodge" mérite l'attention, seulement pour l'espoir et le bonheur qu'il arrive à tirer d'évènements tragiques. Le traitement n'est peut-être pas toujours à la hauteur, mais il demeure dans le ton, prenant son temps afin de bien dévoiler les parcelles d'âmes de ces corps qui se sont concentrés sur les éléments positifs et non négatifs de leur destin. Un exemple à suivre.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |