Howard Hughes: The Man and the Madness
MPI Home Video

Réalisateur: Nick Millard
Année: 1999
Classification:
Durée: 98 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
17 juin 2005

Howard Hugues est un des personnages qui a le plus marqué l'histoire des États-Unis au 20e siècle. Surprotégé par une mère maniaque de propreté et d'hygiène, il hérite de la fortune familiale acquise dans les milieux pétroliers du Texas à l'âge de 18 ans. Avec le film The Aviator, Martin Scorsese a remis le personnage à l'avant-plan de l'actualité et son film nous présente un homme parfois excessif, intransigeant, contrôlant et même philanthrope à travers ses contributions au cinéma et dans le domaine de l'aviation. La réalité est par contre beaucoup moins romancée, drôlement plus complexe et le documentaire "Howard Hugues: The Man and the Madness" qui est sorti sur DVD en même temps que le film The Aviator nous permet de beaucoup mieux cerner qui était vraiment "Citizen Hugues".

D'une durée de 93 minutes, ce documentaire est monté de façon chronologique et s'appuie sur d'innombrables archives vidéo qui sont entrecoupées de témoignages de collaborateurs d'amis ou de chroniqueurs qui l'ont connu tel Bob Maheu (ex président Hugues Entreprises), James Steele (co-auteur d'une biographie sur la vie d'Howard Hugues) et John Maschio (agent d'artistes). Le tout est habilement lié par la narration de Larry Moran et quelques théâtralisations "Recreation of Drama" sont utilisées pour nous illustrer les dernières années de la vie d'Howard Hugues en totale réclusion. Contrairement au film The Aviator qui s'est restreint à couvrir à peu près 30 ans de sa vie, ce documentaire passe au peigne fin, toute sa vie.

On y apprend comment son père a réussi à faire fortune dans le domaine du pétrole au Texas et le fait qu'il se soit marié très jeune. Sa carrière de producteur de films à Hollywood, ses démêlées avec le comité de la censure Hays et ses nombreuses conquêtes féminines sont couvertes de façon beaucoup plus exhaustive. Puis le documentaire nous transporte vers sa passion pour l'aviation en nous relatant de façon très détaillée comment il s'y est pris pour devenir le géant de l'aviation que l'on connaît. Ses courses d'avions, tours du monde et crash d'avions sont bien documentés ainsi que le scandale entourant la commission d'enquête du sénateur Brewster. On y apprend même ce qui est arrivé au sénateur suite au fiasco de son enquête. C'est également dans ces années que sa maladie mentale s'accentue et c'est là qu'il commence à s'isoler du monde et tomber sous la dépendance de la codéine et des "valiums".

Puis, il achète les studios RKO en 1948 et que quelques années plus tard, il limoge une bonne partie du personnel qu'il accuse d'activités communistes. Puis, il se réfugie à Las Vegas au début des années 1950 et découvre le potentiel immense des Casinos. Il en achètera six (Desert Inn, Sands, Castaways, Frontier, Silver Slippers et Landmark) et recommandera une série de projets de loi pour favoriser l'essor des casinos. Il essayera de faire stopper les essais nucléaires faits au Nevada et qui étaient autorisés par le président Lyndon Johnson. Suite au refus qu'il essuie, il offrira un support inconditionnel à Richard Nixon pour l'élection suivante. La fin de sa vie en est une semée par la confusion et où ses principaux dirigeants se dressent les uns contre les autres. Bill Gay et Chester Davis auront finalement le dessus sur Bob Maheu qui se fera mettre à la porte. Alité depuis longtemps dans sa suite du Desert Inn, Hugues sera transféré aux Bahamas pour tenter de reprendre des forces puis au Mexique pour finalement mourir dans un avion-hôpital qui tentait de le ramener vers Houston, pour y être soigné. Les faits entourant sa mort sont assez troublants et le documentaire nous le fait bien comprendre. Il est juste dommage que quelques minutes n'aient pas été consacrées sur sa succession et que les accusations d'antisémitisme portées à son endroit n'aient pas été couvertes.

L'image est très inégale étant donné que ce documentaire s'appuie sur de nombreuses archives. On peut cependant dire que généralement parlant, la qualité des documents vidéo est plus qu'acceptable. On y dénote certes des égratignures et des couleurs délavées, mais on arrive à capter l'essentiel. Les segments d'entrevues sont quant à eux de très bonne qualité. Le volet audio est strictement une affaire d'enceintes avant et là aussi la qualité diffère dépendamment des archives. Les plus vieilles proposent des voix sourdes accompagnées de bruits de fond tandis que les plus récentes sont nettement plus audibles. Le volet des entrevues est quant à lui sans faille.

Un menu statique sur fonds musical nous propose une image de Howard Hugues au sommet de sa carrière. Côté suppléments, nous avons droit à cinq archives récemment découvertes. D'une durée totale avoisinant les quinze minutes, il est agréable de voir ce à quoi ressemblait l'homme, sa témérité et son "Spruce Goose". D'ailleurs, c'est celui des cinq que j'ai trouvé le plus captivant quand on voit toute la logistique qui a été nécessaire pour acheminer son bateau volant de son usine vers la mer. Ah oui, il a bel et bien volé, mais jamais aussi haut et aussi longtemps que M. Scorsese nous le laisse voir dans son film.

"Howard Hugues: The Man and the Madness" est un excellent complément au film The Aviator et il nous permet d'en dissocier la réalité de la fiction. Riche de contenu et élégant dans sa forme, ce documentaire mérite d'être vu et je recommande aux férus d'histoire de se procurer cette tranche d'histoire sur la vie d'un visionnaire qui avait peu d'amis, mais beaucoup d'argent.


Cotes

Film8
Présentation3
Suppléments3
Vidéo6
Audio6