Bien que le nom de Benito Mussolini soit très connu du grand public s'intéressant un tant soit peu à l'histoire, il ne fait aucun doute que le leader fasciste italien est toujours resté dans l'ombre de son allié dans la folie, le Führer Adolf Hitler. On pourrait dire que Benito est seulement et toujours numéro deux sur la liste des "méchants" de la Deuxième Guerre mondiale, avec l'empereur Hirohito, chef idéologique du Japon, troisième des puissances de l'axe, bon troisième! C'est pourquoi il est intéressant d'enfin trouver un documentaire se consacrant uniquement à la vie de Mussolini et non pas seulement qui le mentionne comme un allié d'Hitler dans son rêve de conquête planétaire.
Le film "Italian Fascism - in colour" est constitué de deux parties d'environ cinquante minutes chacune. Le premier volet, "Seizure of power" (La prise du pouvoir) traite de la situation politique en Italie pendant et à la suite de la Première Guerre mondiale et explique la naissance des différents courants idéologiques opposés comme le nationalisme, le socialisme et la démocratie chrétienne et leurs différents rôles dans les tensions sociales ayant cour à l'époque. On voit ensuite la montée de Benito Mussolini le journaliste devenu orateur nationaliste (lui qui était pro socialisme par le passé, mais qui en devint le plus grand ennemi!) et la formation d'un nouveau mouvement politique Fasci Italiani di Combatimento (Groupe Italien de Combat) et de ses brigades de hooligans, les chemises noires. Puis les différentes manoeuvres d'intimidation du parti contre les socialistes et les démocrates-chrétiens socialisants, n'hésitant pas à utiliser la menace verbale, la force physique et même le passage à tabac ou le meurtre pour empêcher la naissance de coopératives agricoles, de syndicats de travailleurs et la prise de contrôle des terres par les classes ouvrières au détriment des riches propriétaires terriens. L'épisode se termine sur la prise de contrôle de Mussolini et de ses Fascisti du Parlement italien suite à l'assassinat commandé et au grand jour d'un député libéral s'opposant à leurs vues politiques et à celui d'un journaliste critiquant vertement leurs méthodes anti-démocratiques (le premier à suggérer le terme de "totalitarisme").
La deuxième partie "Mussolini in power" (Mussolini au pouvoir) couvre les années de 1922 à la fin de la deuxième guerre avec la déchéance du fascisme et la capture et l'exécution sauvage du Duce. Entre les deux, on y retrouve l'expansion du fascisme, les guerres coloniales horriblement cruelles en Libye et en Éthiopie , avec l'utilisation massive d'armes chimiques, de viol comme instrument de terreur, de destruction des mosquées et des bombardements délibérés de cibles civiles comme des camps de la Croix-Rouge. On y voit aussi les alliances des fascistes italiens avec le Vatican qui ferme les yeux sur les procédures peu catholiques des chemises noires contre rétribution et territoire, celle avec Franco en Espagne pour aider à renverser un gouvernement socialiste élu, puis celle avec Hitler pour profiter des plans de grandeur du leader Nazi. On y aborde aussi les questions de trahison envers les juifs italiens qui avaient supporté le fascisme, seulement pour plaire à Hitler même si Mussolini trouvait stupides les théories du Führer sur la suprématie des races aryennes. Puis l'entrée en guerre de l'Allemagne et les tentatives désespérées des Italiens de prouver qu'ils pouvaient être grands et indépendants face aux Allemands, mais qui se soldèrent par des désastres coûteux et la chute du Fascisme.
Pour nous expliquer cette histoire fascinante, on a fait appel à une quantité impressionnante d'images d'archives qu'on a pour la plupart coloriées électroniquement, ainsi qu'à des entrevues d'historiens et de brèves, mais efficaces reconstitutions de certaines actions importantes nous aidant à mieux comprendre ou visualiser. Il va sans dire que la qualité vidéo n'est pas optimale. Le peu d'archives en couleur sont délavées et celles ayant été colorées nous paraissent fausses tellement c'est évident que ce n'est pas naturel. Je me demande d'ailleurs on n'a pas choisi d'inclure les images originales en noir et blanc. On espérait peut-être aller chercher un plus grand public, comme on le faisait à une époque en coloriant les vieux classiques comme Métropolis ou It's a Wonderful Life. Il reste que malgré la couleur, les archives restent vieilles et rayées. Heureusement, les images contemporaines comme les entrevues et les reconstitutions contrebalancent bien avec leur excellente qualité, leur pointu et leur chaleur. Pour l'audio, les images d'archives étant muettes, le son moderne prévaut. Il est de très bonne qualité et on a pris un soin pointilleux de reconstruire des ambiances réalistes pour les reconstitutions malgré le budget apparemment maigre pour cette tâche. Les entrevues sont aussi très chaleureuses. La musique hypnotique et triste est aussi très présente pour souligner la tension et le drame tout au long du documentaire. Il n'y a pas de suppléments sur ce DVD.
| Film | 8 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 8 |