Dans l'univers de la musique heavy metal il existe quelques musiciens qui font figure de précurseurs et qui comme tels sont vénérés à la fois par les fans et par les autres artistes du genre. On pense bien sûr à Ozzy Osbourne, à Ronnie James Dio ou aux membres de Metallica et Iron Maiden. Mais, en haut de la liste, vient celui que l'on surnomme le parrain du heavy metal, le bassiste et chanteur de Motorhead Lemmy Kilmister.
Les documentaristes Greg Olliver et Wes Orshoski ont suivi ce vétéran de la scène pendant trois ans dans le but de brosser un portrait de ce monstre sacré de la musique pesante. Dans le long-métrage de près de deux heures on se penche sur la carrière de l'artiste, ses débuts dans des groupes rock obscurs de son Pays de Galle natal, sa courte, mais marquante période avec les space rockeurs" Hawkwind puis la fondation de son groupe Motorhead - nommé d'après le titre d'une de ses compositions au sein d'Hawkwind - qui dure depuis près de quarante ans. Le quasi-panthéon de ce genre musical est au rendez-vous pour témoigner de son admiration, de son amitié et de l'influence de Lemmy sur leur carrière. Que ce soit Alice Cooper, Dee Snyder de Twisted Sister, Ozzy Osbourne, divers membres de Metallica, The Damned, Anthrax, Dave Grohl des Foo Fighters et Nirvana, Henry Rollins, Joan Jett ou ses anciens comparses au sein des différents groupes avec qui il joua comme Phil "Philty Animal" Taylor ou "Fast" Eddy Clarke de la première mouture de Motorhead, Phil Campbell et Mikkey Dee de la formation actuelle ou Dave Brock, Stacia ou Nick Turner des années Hawkwind, tous ces musiciens ne tarissent pas d'éloges quant à l'importance de Lemmy dans l'histoire de la musique heavy.
Une bonne partie du film jette aussi un regard sur la vie du bassiste dans son appartement de Los Angeles et sur ses lieux de prédilection. On rencontre des barmen, des propriétaires de salles, des fans, mais aussi son fils guitariste, ce qui nous permet une meilleure appréciation de l'homme derrière la légende. On y découvre un être simple (parfois simplet!) qui ne s'est jamais enflé la tête malgré son succès. Succès d'estime autant que populaire, même s'il est vrai que Motorhead n'est pas un groupe qui remplit les stades comme le font Black Sabbath, Metallica ou Iron Maiden. De plus, malgré la soixantaine cet hurluberlu ne semble pas avoir changé dramatiquement ses habitudes. Jack Daniels, cigarettes, paris et probablement substances illicites sont toujours au rendez-vous quand Lemmy est dans le coin.
Le film mêle habilement tous ces éléments - archives, entrevues, spectacles, discussions entre amis, sessions de studio, témoignages, etc - et en fait un documentaire fort agréable. Et ce même pour ceux et celles qui, comme ma blonde, ne sont pas du tout des amateurs de cette musique parfois dure pour les oreilles. Un film hommage à une.
Au niveau de la qualité audiovisuelle, l'origine des extraits d'archives affecte sensiblement le résultat. On passe d'une excellente qualité avec les entrevues récentes à des moments plus pénibles lors d'entrevues anciennes pour la télévision. Les extraits filmés en concert varient aussi selon leur provenance. Les performances avec Metallica sont très bonnes alors que certains extraits de spectacles de Motorhead sont moins nets et précis.
Pour ce qui est des suppléments, c'est la manne. Du moins pour l'édition "Ultimate Badass" (Salopard ultime - au sens positif du terme!) de deux DVD. On retrouve des heures de matériel supplémentaire. Des entrevues coupées au montage, des blagues de Lemmy, une revuette sur le tournage du film, les répétitions et le concert avec Metallica à Nashville, un vidéo pour le 50ième anniversaire de Lemmy, une rétrospective des années Taylor-Clarke pour Motorhead, deux revuettes sur Mikkey Dee et Phil Campbell, une sur le remplacement temporaire de Mikey Dee par Matt Sorum (batteur de Guns'n'Roses et Velvet Revolver) pour une courte tournée nord-américaine, une rencontre entre Dave Grohl et Lemmy, une avec le lutteur Triple H, une présentation vox-pop de superfans de Motorhead dont certains ayant vu plus de 350 concerts du groupe ou d'autres tatoués de l'emblème de leurs idoles sur le corps, une revuette de l'enregistrement de l'album Motorizer et une présentation de l'équipe de tournée du groupe faisant l'éloge, sincère semble-t-il, de leurs patrons. "Overkill" diront certains, mais définitivement des heures de plaisir pour les fans.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |