Dans "Maxed Out", le documentariste Morgan Scurlock s'attarde à ce curieux style de vie où tout va pour le mieux pourvu que les paiements mensuels soient effectués à temps. Des milieux ruraux jusqu'à la Maison Blanche, il décortique les rouages et les pratiques du milieu financier, nous explique c'est qu'est réellement un "bon client" et pourquoi les pauvres deviennent plus pauvres et les riches s'enrichissent. Et dire que ce documentaire a été tourné avant la crise du crédit immobilier!
En utilisant des extraits de films et de documents d'archives, ainsi que des entrevues avec une foule d'intervenants (experts en finance et en recouvrement, simples citoyens, du plus riche aux plus démunis, etc.) le réalisateur parvient à brosser un portrait fascinant de cette culture de la dette où le concept de responsabilité financière est presque complètement exclu. Il part du modèle d'affaires d'Enron, illégal, mais utilisé dans le domaine de l'immobilier par les riches voulant se payer de "grosses cabanes", pour en arriver à l'objet au coeur de cette culture: la carte de crédit.
Quand on considère les frais d'intérêt exorbitants (sans compter toutes les règles et contraintes inscrites en petits caractères sur le contrat) appliqués par les sociétés financières, c'est sans surprise que l'on constate que le "client privilégié" est celui qui finira par trébucher et ne pourra plus effectuer ses paiements. Bref, ces compagnies ciblent allègrement les étudiants universitaires, les pauvres et tous ceux qui ont un dossier de crédit douteux. Et le seul recours de ces gens, à part le suicide dans certains cas, est de déclarer une faillite personnelle et de repartir à zéro, s'ils parviennent à se sortir des griffes des agences de recouvrement et de leurs pratiques douteuses qui mélangent menaces et harcèlement. Et qu'a fait Mr Bush en 2005? Il a apposé sa signature à un projet de loi sur les faillites personnelles, rendant plus difficile pour les Américains criblés de dettes de se départir de leurs obligations. "Si quelqu'un ne paie pas ses dettes, la société devra les payer pour lui" a déclaré le Président. Euh... et le gros gros gros chiffre en haut là? C'est ce qu'on appelle prêcher par l'exemple...
L'image proposée sur cette édition de format panoramique est claire (tournée à la caméra numérique) et le niveau des contrastes et des détails est adéquat. Les couleurs paraissent naturelles, sauf pour les tons de peau qui tirent un peu trop sur le rose/rouge. La qualité des extraits de films d'archives varie selon leur âge et je n'ai noté aucun problème d'artefacts ou d'accentuation des contours. Peu de chose à dire sur la piste audio en stéréo, sauf qu'elle est modeste, mais efficace. L'activité est concentrée dans les enceintes avant et les dialogues sont facilement audibles. La présentation est standard et les quelques suppléments offerts ne font qu'appuyer davantage certains points soulevés dans le documentaire. J'aurais personnellement préféré une piste audio de commentaires avec le réalisateur, ainsi qu'une revuette sur les différentes facettes du tournage.
Un peu trop mélodramatique par endroits, "Maxed Out" arrive tout de même à tisser un constat implacable de l'effritement de la santé financière américaine.
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| Film | 7 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |