Maxed Out
Mongrel Media

Réalisateur: James D. Scurlock
Année: 2006
Classification: PG
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
12 mars 2008

9 404 277 802 015.50 $, c'est le montant de la dette nationale des États-Unis à ce moment même (1). Et elle augmente au rythme de 1,69 milliard de dollars par jour. Pour une population de 303 610 498 habitants, ça équivaut à 30 974.81 $ par personne. En 2007, le gouvernement américain a dépensé près de 500 milliards de dollars simplement pour rembourser les intérêts sur la dette. Seul le département de la défense a bénéficié d'un budget supérieur. Puisque les dépenses des consommateurs représentent environ 75% du PNB américain, il n'est pas étonnant que, dans un discours suivant les attentats du 11 septembre 2001, le président Bush ait incité ses concitoyens à reprendre une vie normale en allant magasiner chez Walmart! Profitant de ce bel exemple, nos voisins du Sud imitent leur gouvernement et s'endettent.

Dans "Maxed Out", le documentariste Morgan Scurlock s'attarde à ce curieux style de vie où tout va pour le mieux pourvu que les paiements mensuels soient effectués à temps. Des milieux ruraux jusqu'à la Maison Blanche, il décortique les rouages et les pratiques du milieu financier, nous explique c'est qu'est réellement un "bon client" et pourquoi les pauvres deviennent plus pauvres et les riches s'enrichissent. Et dire que ce documentaire a été tourné avant la crise du crédit immobilier!

En utilisant des extraits de films et de documents d'archives, ainsi que des entrevues avec une foule d'intervenants (experts en finance et en recouvrement, simples citoyens, du plus riche aux plus démunis, etc.) le réalisateur parvient à brosser un portrait fascinant de cette culture de la dette où le concept de responsabilité financière est presque complètement exclu. Il part du modèle d'affaires d'Enron, illégal, mais utilisé dans le domaine de l'immobilier par les riches voulant se payer de "grosses cabanes", pour en arriver à l'objet au coeur de cette culture: la carte de crédit.

Quand on considère les frais d'intérêt exorbitants (sans compter toutes les règles et contraintes inscrites en petits caractères sur le contrat) appliqués par les sociétés financières, c'est sans surprise que l'on constate que le "client privilégié" est celui qui finira par trébucher et ne pourra plus effectuer ses paiements. Bref, ces compagnies ciblent allègrement les étudiants universitaires, les pauvres et tous ceux qui ont un dossier de crédit douteux. Et le seul recours de ces gens, à part le suicide dans certains cas, est de déclarer une faillite personnelle et de repartir à zéro, s'ils parviennent à se sortir des griffes des agences de recouvrement et de leurs pratiques douteuses qui mélangent menaces et harcèlement. Et qu'a fait Mr Bush en 2005? Il a apposé sa signature à un projet de loi sur les faillites personnelles, rendant plus difficile pour les Américains criblés de dettes de se départir de leurs obligations. "Si quelqu'un ne paie pas ses dettes, la société devra les payer pour lui" a déclaré le Président. Euh... et le gros gros gros chiffre en haut là? C'est ce qu'on appelle prêcher par l'exemple...

L'image proposée sur cette édition de format panoramique est claire (tournée à la caméra numérique) et le niveau des contrastes et des détails est adéquat. Les couleurs paraissent naturelles, sauf pour les tons de peau qui tirent un peu trop sur le rose/rouge. La qualité des extraits de films d'archives varie selon leur âge et je n'ai noté aucun problème d'artefacts ou d'accentuation des contours. Peu de chose à dire sur la piste audio en stéréo, sauf qu'elle est modeste, mais efficace. L'activité est concentrée dans les enceintes avant et les dialogues sont facilement audibles. La présentation est standard et les quelques suppléments offerts ne font qu'appuyer davantage certains points soulevés dans le documentaire. J'aurais personnellement préféré une piste audio de commentaires avec le réalisateur, ainsi qu'une revuette sur les différentes facettes du tournage.

Un peu trop mélodramatique par endroits, "Maxed Out" arrive tout de même à tisser un constat implacable de l'effritement de la santé financière américaine.

(1) 9 404 402 852 151.32 $, le temps d'écrire cette critique, la dette a augmenté d'à peu près 125 millions (voir: U.S. National Debt Clock).


Cotes

Film7
Présentation3
Suppléments5
Vidéo7
Audio6