My Sister Maria
TLA Releasing / Rainbow Releasing

Réalisateur: Maximilian Schell
Année: 2002
Classification: NR
Durée: 91 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Allemand (DDST)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
8 avril 2007

Née à Vienne le 26 janvier 1926 dans une famille d'artistes, la talentueuse et ravissante Maria Schell devient l'une des premières idoles d'après-guerre et connaît une carrière exceptionnelle pour une actrice de langue allemande. Elle apparaît dans plus de 70 longs métrages (The Heart of the Matter (1953), Gervaise (1956), Le Notti Bianche (1957), The Brothers Karamasov (1958)) aux côtés d'acteurs tels Oscar Werner, Yul Brynner, Gary Cooper, Marlon Brando et Marcello Mastroianni, et mérite plusieurs prix et nominations. Mariée à deux reprises, la vie de Maria Schell était remplie de romance, de solitude, d'amour inconditionnel, de dettes, de dépression, de tentatives de suicide et du refus de vieillir avec grâce. Elle vit ses dernières années recluse à Carinthe dans les Alpes autrichiennes et décède en 2005 d'une pneumonie. Elle fait sa dernière apparition publique en 2002, à la première du documentaire qui lui est consacré, "Mein Schwester Maria" ("My Sister Maria"), réalisé par son frère et acteur Maximilian Schell.

Le réalisateur s'attarde aux dernières années de la vie de sa soeur, alors qu'elle lutte avec la dépression, isolée dans le domaine familial. À cette époque, elle reçoit parfois des membres de sa famille, mais à cause de sa santé mentale fragile, elle arrive difficilement à faire la différence entre la réalité et la fiction. D'une grande générosité, autant envers elle-même qu'avec sa famille et ses amis, elle dépense sans compter et accumule les dettes, ne réalisant pas qu'elle est sans le sou et qu'un ordre imminent de la cour va ordonner la vente aux enchères de tous ses biens, incluant les terres et la propriété familiale. Maximilian arrivera tout juste à amasser la somme astronomique nécessaire pour conserver les biens en vendant la majeure partie de sa collection d'oeuvres d'art.

Maximilian Schell trace le portrait de ce triste et dernier épisode de la vie de sa soeur bien-aimée dans ce documentaire intimiste qui se veut également une rétrospective de sa carrière au cinéma. Les extraits de films côtoient les conversations entre Maximilian et sa soeur, ainsi que la recréation dramatique de certains événements marquants. La fiction côtoie une réalité qui semble avoir perdu son sens pour Maria et le réalisateur force le spectateur à réfléchir sur les zones d'ombres entre le réel et le fictif, l'intemporel et l'éphémère, et sur la mince ligne qui sépare les faits de leur interprétation. Le traitement très personnel de cette tragédie familiale est empreint d'amour, de douceur et de chaleur humaine, et le résultat est touchant sans sombrer dans le mélodrame. Maria y joue malgré elle son dernier rôle, prisonnière d'une sorte de paradis artificiel qui rappelle ses années de gloire. Ou peut-être est-elle parfaitement consciente (elle est parfois lumineuse et lucide quand elle commente ses prestations à l'écran), et a décidé que la mort n'était pas un pré requis pour accéder au paradis.

Le transfert proposé sur cette édition est agréable. Certaines scènes extérieures offrent une image un peu granuleuse, mais la majorité du film est tournée à l'intérieur et l'image demeure claire et propre. La palette de couleurs n'est pas très étendue, mais celles-ci sont bien rendues et l'étalement des noirs est excellent. Les extraits de films d'archives n'ont pas été restaurés et montrent de nombreuses taches et égratignures. Considérant leur âge, ceci est tout à fait normal.

La piste audio en stéréo est adéquate. On note parfois un léger problème d'écho, mais en général, la sonorité est équilibrée et naturelle. Les sous-titres, écrits en blanc, défilent à un rythme idéal et sont faciles à lire. La présentation est standard et les menus, de facture classique, sont statiques et accompagnés de musique. Comme seul maigre supplément, on retrouve la bande-annonce du film.

L'approche choisie par le réalisateur pourrait décontenancer certains spectateurs et on se demande parfois où il veut en venir, mais il réussit à tracer un portrait touchant d'une femme qui a toujours été d'une générosité extrême envers les gens qui l'entouraient malgré la souffrance et les démons qui la rongeaient. Qu'elle ait été le centre d'attention dans les dernières années de sa vie n'était peut-être qu'un juste retour des choses.


Cotes

Film7
Présentation4
Suppléments1
Vidéo7
Audio7