Nestor et les oubliés
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Benoît Pilon
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 75 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
4 août 2007

Pour son quatrième documentaire, le réalisateur québécois Benoît Pilon a choisi encore une fois de s'intéresser à un homme ordinaire ayant mené une vie extraordinaire. En effet, comme le beau vieux sage de Rosaire et la petite nation ou le sympathique hurluberlu de Roger Toupin, épicier-variété, Monsieur Pilon nous présente dans "Nestor et les oubliés", un portrait touchant et humain de Louis-Joseph Hébert, alias Nestor, un orphelin élevé à l'orphelinat d'Huberdeau à l'époque de la grande noirceur et ayant vécu des traumatismes aux mains des religieux qui géraient l'établissement.

Mais contrairement aux "Orphelins de Duplessis" qui ont été indemnisés pour avoir subi des traitements horribles dans des hôpitaux psychiatriques, ceux qui furent placés sous la tutelle de congrégations religieuses dans des orphelinats ne le furent pas. Même si des dizaines d'hommes peuvent témoigner d'avoir été abusés sexuellement et psychologiquement, et d'avoir été victimes de cruautés morales et humaines dans certains de ces établissements, les congrégations religieuses mises en cause refusent de reconnaître leurs torts.

On suit donc le parcours de Nestor, parti en croisade avec ses frères d'Huberdeau pour tenter de retrouver leur dignité et faire reconnaître aux Frères de la Miséricorde, les gestionnaires de l'orphelinat, leur culpabilité. Éternel poète au langage imagé, à la fois profondément marqué par le drame de son enfance, mais doté d'une force de vivre et d'une jovialité remarquable, le personnage principal de ce film nous est tout de suite sympathique, dès les premières images.

Malheureusement, malgré l'importance du propos et de la lutte menée par Nestor et ses comparses, le film souffre un peu d'un manque de substance au niveau de la ligne directrice du scénario (et non pas le sujet lui-même qui est capital), ce qui nous fait décrocher lentement au fil du déroulement de l'histoire. Peut-être un format plus court aurait été plus souhaitable, ou encore essayer de développer quelques-uns des personnages accompagnant Nestor tout au long de sa lutte, comme on le fait brièvement lors de cette parenthèse émouvante avec son ami Émile construisant de petites maisons de carton pour sa crèche de Noël. Ou encore pousser un peu plus le point de vue journalistique sur le scandale des abus sexuels et moraux de la part de religieux à l'époque. On a tout de même affaire à un film touchant avec de beaux moments bien émouvants. Un documentaire à l'écoute de ses personnages, comme les films précédents du réalisateur.

Au niveau de la qualité d'image, de beaux plans "cartes postales" de l'orphelinat viennent rythmer un ensemble visuel assez esthétique. Malheureusement, l'image vidéo un peu trop nette et bien définie (surtout dans les plans extérieurs) nuit un peu à l'émotion véhiculée par le film. Sinon, le transfert vidéo est très beau, avec des couleurs bien reproduites et une bonne définition des contours. Pour l'audio, une gamme de fréquences bien rendue où on réussit à capter parfaitement la voix grave et légèrement chuintante de Nestor tout en gardant une belle couleur sonore et une ambiance bien équilibrée. La musique triste et joyeuse jouée sur accordéon est aussi bien tempérée et ajoute grandement à l'ambiance du film.

En suppléments, un épilogue où on apprend les résultats de la lutte de la bande à Nestor suivi d'une entrevue avec Martin L'Écuyer, le président de l'association des orphelins menant la bataille et un commentaire joyeux de Nestor sur le règlement du dossier. On retrouve aussi une galerie de photos et une brève, mais intéressante entrevue du réalisateur.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments7
Vidéo7
Audio7