Perpétuant une tradition qui a débuté il y a plusieurs décennies par son père, Jacques Cousteau, nous sommes ici conviés par le fils, Jean-Michel, à une nouvelle série de documentaires océanographiques. Sous le nom de "Jean-Michel Cousteau: Ocean Adventures", la série compte quatre épisodes pour une durée totale de six heures. À la fois documentaire pour la télévision et produit disponible à la vente, c'est le célèbre canal américain PBS qui s'est associé à cette nouvelle aventure. La diffusion s'échelonnera sur plusieurs mois (jusqu'à l'automne 2006). Le premier sujet, "Voyage To Kure" est diffusé à partir d'avril 2006 (en multidiffusion, il n'y a qu'à surveiller les programmes) et est aussi celui que nous allons découvrir ici, puisque sa sortie en DVD est simultanée (la diffusion télévisée est en deux fois une heure, alors que le DVD contient le programme complet de deux heures). Les autres épisodes suivront plus tard dans l'année, en juillet puis à l'automne.
Même si sur certains plans on croirait voir revivre le talentueux Jacques Cousteau, nous sommes bien en présence de sa descendance, Jean-Michel. Pourtant, la barbe et les cheveux blancs sur un visage marqué par le soleil, on s'y tromperait. Ne cherchez pas non plus la Calypso, il y a déjà longtemps qu'elle a pris sa retraite (et qu'elle essaie de sauver sa coque de la rouille quelque part dans un port français de l'Atlantique). Elle a laissé sa place à un bateau d'expédition, le "Searcher", qui promènera l'équipage dans les îles des territoires du nord de la région des îles Hawaï (NorthWestern Hawaiian Islands ou NWHI), une région beaucoup moins connue que l'archipel touristique bien plus fréquenté (et habitable). À ce moment, je voudrais mentionner que c'est l'acteur Pierce Brosnan qui raconte l'épisode.
Ici, les îlots ne sont souvent que des roches baignées par une mer chaude et limpide et habitées par des animaux qui y trouvent une certaine sérénité de vie. Le montage de ce documentaire nous entraîne d'île en île où nous découvrons, alternativement, la vie insulaire et les profondeurs environnantes, car bien entendu, qui dit expédition Cousteau dit surtout plongées sous-marines. Certaines de ces îles sont de vrais paradis pour les oiseaux et les phoques de mer. Une en particulier, Tern Island, est une réserve nationale américaine qui compte des dizaines de milliers d'oiseaux. On peut à peine voir plus d'un mètre carré de l'île sans un volatile. Durant la seconde Guerre mondiale, c'était une piste d'atterrissage. Ce serait plus difficile aujourd'hui, car les oiseaux ont la priorité sur l'île. Puis après cette promenade terrestre, nous reprenons le chemin des profondeurs. Certaines séquences sous-marines sont montées comme de petits clips vidéo accompagnés d'une musique moderne entraînante qui se déploie très bien dans le format 5.1 de la piste sonore. Un petit plaisir est alors de pousser un peu le volume et de se laisser voguer avec les poissons tropicaux et les coraux dans ces eaux aussi pures et transparentes que du cristal. On continue le périple en remontant vers le nord-ouest et en découvrant un des sites qui a le plus souffert lors de la bataille américano-japonaise, avec des carcasses d'avions et des débris sur des dizaines de kilomètres carrés, qui font aujourd'hui le bonheur des espèces marines. Mais au passage, l'équipe Cousteau ne manque pas de nous mettre en garde et de nous montrer que même dans ces paradis éloignés du monde moderne, les courants font échouer un nombre plutôt impressionnant d'objets jetés par les humains et qui deviennent parfois une menace pour les créatures innocentes locales.
Fait très intéressant pour les heureux (et de plus en plus nombreux) propriétaires de système de réception et de diffusion de télévision haute-définition, cette série a été tournée et est diffusée au format panoramique haute définition. Pour la première fois, cette critique fera une comparaison entre les deux formats (DVD et HDTV), en attendant que s'implante réellement un format DVD haute définition. Vous rappelez-vous de la comparaison entre les formats VHS et DVD, lors des débuts de ce dernier? OK, ici, la différence n'est pas aussi flagrante, mais il y en a une. Pour être le plus précis possible, j'ai regardé une séquence du DVD puis la même séquence en HDTV (grâce à un système d'enregistrement sur disque dur pour ce deuxième format). Je ne sais pas s'il augure de ce qui existera avec les DVD haute définition, mais il faut bien avouer que j'ai préféré la version HDTV: les images y sont beaucoup plus fines et précises, les couleurs parfaitement saturées et sans bavures ce qui permet de distinguer parfaitement des objets perdus dans un ensemble, ce qui est un peu plus difficile dans une image traditionnelle de télévision. Dans le cas précis de cette édition, je dois reconnaître que les images que nous retrouvons sur le DVD sont aussi très belles. Bien entendu, le sujet se prête bien à une image de haute qualité. Pour ce qui est du son, il est Dolby Digital dans les deux cas, sans différence notable (mais les connaisseurs le savent déjà). Et pour ceux que cela intéresse, ma petite expérience a été faite sur le même téléviseur LCD au format 16:9 avec une connectivité à composantes, autant pour le signal HDTV que pour celui du lecteur DVD. J'ai donc voulu réunir le plus possible d'éléments proches. Pour terminer cette parenthèse plus technique, je ne peux qu'être impatient quant à l'avenir de nos petites galettes numériques. Pour le moment, il n'est pas possible (pour le grand public) d'enregistrer des émissions HDTV pour les garder dans le même format. Elles sont automatiquement "diminuées" au format traditionnel, ce qui change pas mal la qualité. "Ocean Adventures" fait justement partie de ce genre de programmes que nous aimerions revoir en haute définition. La bataille des formats dont on a déjà parlé ne nous apporte rien de bien bon, pour nous les usagers finaux. Le plus rageant dans l'histoire, c'est quand on voit ce qu'on manque. Pour terminer sur l'aspect technique du DVD, notons la possibilité de choisir entre une piste sonore Dolby Stéréo ou Dolby Digital 5.1 (comme la diffusion HDTV). Quant aux pages de menus, elles sont statiques et muettes. Il n'y a pas de suppléments.
Au-delà du simple film documentaire, PBS, fidèle à sa réputation, et Jean-Michel Cousteau, président de Ocean Future Society, ont bâti un site internet partenaire extrêmement bien documenté et surtout très complet pour le monde éducationnel. De nombreuses ressources téléchargeables y sont disponibles, en anglais seulement. Si cela vous intéresse, principalement après avoir regardé cet épisode (et ceux à venir bien entendu), cliquez ici.
Connaissant le plan de cette série, on pourrait regretter ou applaudir le choix de sortir le DVD en même temps que la diffusion. Il est vrai que si les programmes sont d'une rare qualité, PBS ne nous habitue pas souvent à garnir ses éditions avec des suppléments. C'est un peu dommage. Il n'y a plus qu'à attendre les prochains épisodes en se demandant peut-être pourquoi nous proposer une diffusion aussi espacée. En attendant, délectons-nous d'une nouvelle aventure maritime de la grande famille Cousteau et découvrons une fois de plus des espaces ou certainement, même si je vous le souhaite, nous ne mettrons jamais le pied, ni vous ni moi. Tout le monde à bord!
| Film | 10 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 10 |
| Audio | 10 |