Ken Burns' America Collection
Paramount Home Entertainment / PBS Home Video

Réalisateur: Ken Burns
Année: 1981-1991
Classification: G
Durée: 540 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 7 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Alexandre Martin
15 octobre 2004

Ce coffret nous présente sept courts films de Ken Burns, parmi ses tout premiers, dont le sujet commun est l'Amérique (et par Amérique, on l'entend au sens de Georges W. Bush, c'est-à-dire les États-Unis...). Pour Ken Burns, un court film avoisine l'heure et demie, puisque ses films les plus célèbres, comme Baseball et Jazz, dépassent les 20 heures. Les sept films portent sur des figures marquantes de l'histoire américaine, ainsi que sur des monuments célèbres. Comme presque seul Ken Burns sait le faire, les images de chaque documentaire parlent d'elles-mêmes: chaque plan est soigneusement étudié, filmé et monté. Les photos d'archives ne sont pas présentées en entier, mais sont plutôt filmées de très près, en mouvement, permettant ainsi de s'attarder aux détails des documents, et ce, sans que les scènes ne paressent longues. De plus, les images sont agrémentées d'effets sonores ou musique bien ciblée. Ainsi, bien que la majeure partie des films de Ken Burns soit constituée de photographies, on a toujours l'impression de voir des images animées. Bref, en plus d'être des plus instructifs, ses films sont à tout point de vue des oeuvres d'art.

"The Brooklyn Bridges" (1981, 58 minutes): "The Brooklyn Bridge" est le premier film de Ken Burns; bien que le cinéaste-documentariste en soit à ses tout débuts, la touche du maître est bien présente. On nous y présente l'histoire d'un des monuments les plus célèbres de la ville de New York. Dès sa construction, ce pont majestueux a été victime de maintes anicroches, et le film nous les détaille avec justesse. Le contexte géopolitique de l'époque nous est bien présenté, et nous permet ainsi de mieux comprendre l'enjeu que représente la construction d'un tel édifice. Le film se termine par des témoignages de gens pour qui le pont a une grande importance.

"The Statue of Liberty" (1985, 60 minutes): Dans ce film, on nous apprend dans quelle condition s'est décidée la construction de la Statue de la Liberté. Ce cadeau du peuple français au peuple américain a rencontré toutes sortes d'embûches avant de devenir un des symboles des États-Unis. Ainsi, au tout début, la presse et les autorités étaient très réticentes à cette statue, qu'elles qualifiaient de toutes sortes d'adjectifs peu reluisants. Difficile de croire que cette statue a failli ne pas être. Tout comme dans "The Brooklyn Bridge", on nous présente toutes les étapes de la conception du monument, en y insérant plusieurs témoignages de gens connus.

"Huey Long" (1985, 88 minutes): Ce film nous raconte l'histoire de Huey P Long, un sénateur démocrate de la Louisiane du début du siècle. Cet homme, un des plus puissants que les États-Unis ont connus, est venu bien près de transformer le pays en dictature. En effet, au moment de sa mort, il siégeait sur tous les comités influents de la Lousiane, en plus d'être sénateur à Washington et de contrôler le gouverneur, la garde nationale, la milice de l'État et le peuple. Si ce n'était que de son assassinat en 1955, il serait assurément devenu président, et la carte politique du pays aurait été changée à jamais. Le film nous présente tous les faits marquants de sa vie, et ce, d'une façon impartiale. Autant le point de vu du peuple, qui l'adulait, que le point de vu politique, où il était méprisé et craint, nous est montré.

"Thomas Hart Benton" (1988, 86 minutes): Ce documentaire nous présente la vie d'un des plus célèbres et des plus controversés peintres américains, Thomas H Benton. Ce dernier a révolutionné l'art moderne à sa façon, en adoptant un style caricatural pour ses oeuvres et en y mélangeant plusieurs courants. C'est d'ailleurs à cause de ce style populiste que la critique ne l'a jamais apprécié, contrairement au peuple, qui lui, se retrouvait dans ses peintures. La maîtrise des images de Ken Burns est mise à grand profit dans ce film, nous permettant ainsi d'admirer les superbes oeuvres de Benton.

"The Shakers: Hands to Work, Hearts to God" (1989, 58 minutes): Ce film a pour but de mieux faire connaître cette étrange religion américaine presque disparue. Les Shakers, branche dissidente des Quakers, avaient la particularité de prier en dansant, presque en transe, d'où leur nom. La religion était des plus avant-gardiste moralement: ce fût les premiers à prôner l'égalité raciale, l'égalité des sexes, le partage des biens, etc. Mais du fait qu'ils étaient obligatoirement célibataires et qu'ils devaient observer des rituels désuets, la religion s'est éteinte d'elle-même. Présentement, il ne reste qu'une douzaine de pratiquants; on peut donc entendre leurs témoignages tout au long du film de même que ceux d'experts en la matière.

"The Congress" (1988, 90 minutes): Ce film nous présente l'histoire du monument le plus célèbre et le plus important des États-Unis, à travers les institutions qui y séjournent. On y comprend comment ce symbole de la démocratie permet (en théorie!) au peuple de diriger directement son pays, et son avenir. Tout le long du film, documents d'archives et commentaires témoignent de l'évolution du système législatif américain, en mettant l'emphase sur les passages importants et les personnages marquants, allant de la Déclaration d'Indépendance, à la presque destitution Nixon, en passant par la guerre de Sécession et la législation des droits civils. Le film nous permet de mieux comprendre l'essence même du pouvoir du peuple, et ce, même vis-à-vis de leur président.

"Empire of the Air" (1991, 120 minutes): Ce film est le tout premier que Ken Burns ait filmé après son film de onze heures "Civil War". On y apprend comment fut créée la radio aux États-Unis, plus particulièrement à travers les trois personnes qui sont responsables de l'émergence de cette technologie: Lee de Forest, l'inventeur du tube récepteur, Edwin Howard Armstrong, l'ingénieur qui concrétisera l'invention, et David Sarnoff, celui qui la commercialisera en mettant sur pied la compagnie RCA. Ken Burns nous montre avec brio tous les rebondissements qui ont mêlé ces trois personnages, et l'impact que cette invention a eu sur la vie des Américains. Le tout est admirablement bien monté, avec plusieurs extraits sonores de vieilles émissions et plusieurs témoignages d'historiens.

Techniquement, ces DVD sont tout à fait en norme. Il est difficile d'en faire l'évaluation de par la nature même des films. L'image du DVD ne présente pas de défauts de compressions; les images statiques et très peu mouvantes y aidant grandement. Pour ce qui est de la qualité du matériel source, elle est évidemment variable, en fonction de la vieillesse du matériel d'archives. Du côté sonore, bien que plusieurs effets spéciaux sont subtilement ajoutés pour accentuer l'effet des photos, on ne note aucune spatialité. Bien entendu, du fait que ce sont des documentaires, c'est un moindre mal. Puisqu'on comprend toute la narration des films sans aucune difficulté, il faut donc en conclure que le travail est réussi.

Ce coffret ne nous offre que deux suppléments. Le premier est une courte entrevue avec Ken Burns "A conversation with Ken Burns". Pendant quelques minutes, il nous explique sa fascination pour l'histoire américaine ainsi que la façon dont il conçoit ses films. Il agrémente aussi ses récits de plusieurs anecdotes et citations historiques. Le second supplément est un bref documentaire intitulé "Ken Burns: The Making of History", où on peut voir tout le processus qui est mis en branle pour la réalisation des films de l'équipe de Ken Burns. Les deux segments sont très intéressants et il est extrêmement dommage qu'il n'y en ait pas davantage. Il est à préciser que ces deux suppléments sont présents sur chacun des sept DVD. Pour ce qui est des menus, ils sont tous muets et statiques, avec une image caractéristique en arrière-plan.

Bref, comme tous les films de Ken Burns, le coffret "Ken Burns' America" nous permet de découvrir des figures et monuments historiques souvent moins connus. Ces nouveaux coffrets, produits par Paramount, offrent un excellent rapport qualité-prix, et l'énorme potentiel historique et artistique qu'on peut en retirer en vaut grandement la peine.


Cotes

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