New York: A Documentary Film
Paramount Home Entertainment / PBS Home Video

Réalisateur: Ric Burns
Année: 1999, 2001, 2003
Classification: G/PG
Durée: 1050 minutes
Ratio: 1.33:1 (épisode #8: 1.78:1)
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST) (épisode #8: Anglais (DD20))
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 8 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
7 novembre 2004

Si la Terre était un pays, New York en serait très certainement la capitale. Simplement le nom fait rêver des millions de personnes et c'est une destination qui revient souvent dans les intentions de voyages. Mais si la "Grosse Pomme" possède aujourd'hui une telle renommée, cela ne s'est pas fait dans la simplicité et la facilité. Revenons 400 ans en arrière et découvrons la véritable histoire de cette grande cité. Pour cela, Paramount et PBS Home Video nous offrent un copieux coffret de huit DVD retraçant toute cette épopée. Pour ceux qui connaissent déjà ce coffret (une version avec sept DVD est sortie il y a trois environ), sachez qu'il s'agit d'un nouvel ensemble qui contient un huitième chapitre: l'après 11 septembre 2001.

C'est au début du 17e siècle qu'une expédition néerlandaise débarque quelque part sur la côte est américaine. Nous sommes en 1609. Le reste est patiemment détaillé tout au long des 17 heures d'émissions que compose cet ensemble. À l'aide de rares documents d'époque, des dessins pour commencer, puis des photos et finalement des films muets puis sonores, Ric Burns nous explique la progression de l'implantation de ce qui deviendra, au fil des années, une ville incontournable et surtout un point de repère pour le monde entier. Avec des entretiens très pertinents d'historiens, écrivains ou même descendants de ceux qui ont fait l'histoire, nous voyageons littéralement dans l'histoire. Voici donc le contenu de ce coffret:

Disque 1: The Country and the City (1609 – 1825): C'est donc en 1609 qu'une expédition néerlandaise débarque sur la côte est en quête d'un endroit pour établir une place propice pour le commerce. On baptise alors les lieux de "New Amsterdam". Mais c'est sans compter la détermination des Anglais qui arrivent à leur tour et prennent la place. Le nouveau nom sera "New York", pour célébrer leurs origines britanniques. Durant 200 ans, la ville évoluera pour devenir ainsi le premier port américain.

Disque 2: Order and Disorder (1825 – 1865): New York a déjà une bonne réputation jusqu'en Europe. C'est ainsi que des milliers d'immigrants allemands et irlandais arrivent pour refaire leur vie sur le nouveau continent. Mais sans réelles lois établies, les conflits interraciaux ne tardent pas. La ville est un ensemble compliqué de quartiers ethniques où les valeurs sociales ont du mal à trouver leur place. L'issue de la guerre civile de 1863 semblait pratiquement inévitable. Mais c'est aussi l'époque des visionnaires, de ceux qui vont donner à la ville de New York un aspect plus contemporain.

Disque 3: Sunshine and Shadow (1865 – 1898): telle un fauve qui a toujours faim, la ville de New York ne s'arrête plus de grossir et de recevoir de nouveaux habitants. La fusion des banlieues agrandit davantage la cité. Elle s'étend de plus en plus et l'île de Manhattan des premiers occupants est depuis bien longtemps insuffisante. Ce sera l'époque de la construction du célèbre pont de Brooklyn. C'est désormais une cité où la richesse et la pauvreté sont reines, chacune de leur côté.

Disque 4: The Power and the People (1898 – 1918): le tournant du siècle n'arrête pas le flot d'immigrants et le pouvoir industriel de la ville ne se dément pas. New York recevra durant cette période le plus gros mouvement d'immigration connue à ce jour dans le monde entier. C'est l'époque de l'érection de la statue de la Liberté, cadeau de la France, mais aussi du métro et de l'intégration du chemin de fer aux habitudes citadines. Mais le plus important développement sera très certainement la création du quartier de Wall Street et la construction des premiers gratte-ciel. Le visage de New York commence à prendre forme.

Disque 5: Cosmopolis (1919 – 1931): la société de consommation est à l'aise à New York. C'est l'endroit où on trouve ce qu'on veut, que ce soit pour la ménagère qui découvre les nouveaux appareils électriques alors que monsieur peut se laisser tenter par un nouveau moyen de transport à la mode: l'automobile. Les rues sont bondées de piétons et de voitures et chacun doit s'accommoder avec l'autre. La publicité apparaît à la radio et les diversités culturelles prennent des places de plus en plus conséquentes. La communauté noire trouve dans Harlem un lieu pour s'y établir tout en se mélangeant à la culture blanche. Mais les beaux jours se ternissent vite avec le krach boursier de 1929.

Disque 6: City of Tomorrow (1929 – 1941): L'Amérique est plongée dans une grande dépression suite au krach boursier de 1929. Les habitants de New York n'ont plus d'emplois et chacun survit à sa façon. Ce n'est pas grâce à l'aide des autorités qu'ils vont s'en sortir. Pourtant, deux habitants de la ville vont profiter de ce marasme pour ouvrir les portes sur l'avenir: Fiorello La Guardia et Robert Moses vont vouloir créer la ville du futur. Mais la corruption semble planer sur la ville et surtout sur le maire Jimmy Walker, un ancien acteur et surtout un beau parleur. C'est le gouverneur de l'état, Franklin Delano Roosevelt qui fera comprendre à Walker, après la découverte évidente de la corruption de la police et de la justice, qu'il est temps de partir. Les projets de nos deux visionnaires peuvent enfin se concrétiser, à commencer par l'aéroport La Guardia en 1939.

Disque 7: The City and the World (1945 – 2000): Le réveil est difficile pour la "Grande Pomme" qui doit se relever de la grande dépression, mais aussi des effets de la Seconde Guerre mondiale. Désormais, la ville semble souffrir de sa formidable expansion des dernières décennies. Il faut combattre les problèmes structurels et urbains qui sont désormais la bête noire de l'administration. Il faut démolir et reconstruire. Il faut créer et modéliser, tout comme Robert Moses l'avait proposé dans les années trente. Le défi est de taille et le 21e siècle est à nos portes. Les efforts paieront et la ville connaîtra un nouvel essor.

Disque 8: The Center of the World (1946 – 2003): ce dernier épisode, d'une durée spéciale de trois heures (et au format panoramique), est principalement consacré au World Trade Center de New York. Depuis le projet dans les années cinquante jusqu'à la fin, le 11 septembre 2001, les tours jumelles ont été pendant longtemps l'identification de la ville à travers le monde, prenant largement la place de la Statue de la Liberté ou de l'Empire State Building. Les étapes de la construction y sont largement documentées. Son achèvement et les heures de gloire montrées. Puis c'est l'horreur avec ces images qui ont fait le tour de la Terre et certaines inédites. Nous suivons la progression des attaques ainsi que celle des secours, jusqu'à l'effondrement des tours. Attention: certaines séquences, non diffusées lors de la couverture de l'attentat, sont très difficiles à regarder et à ne pas conseiller à un public sensible. Puis c'est la consternation, le nettoyage et les hommages. Le visage de New York a changé. Il y a un vide désormais.

La qualité de cette production est irréprochable, principalement par la quantité de documents, écrits, photos ou films, à laquelle nous avons accès. Bien entendu, les images provenant de vieux documents ont subi l'usure du temps et l'ensemble ne bénéficie pas, malheureusement, d'une excellente qualité d'image. Malgré tout, le plus important, reste bien entendu le contenu. Les menus sont sobres, avec de douces transitions et une musique accompagnatrice.

Nous pouvons retrouver des suppléments sur les disques 1 et 7 principalement. Sur le premier disque, un entretien de Charlie Rose avec Ric Burns, diffusé en 1999, alors que la série ne comportait que six parties, la bande-annonce originale de la série (d'une durée de dix minutes) et une petite collection très intéressante de films muets de Thomas Edison, tournés entre 1899 et 1921, de piètre qualité, certes, mais d'une grande richesse historique. Sur le septième disque, nous avons des scènes supprimées: le crash d'un avion bombardier américain sur l'Empire State Building en 1945 (retiré volontairement en raison de l'attentat de 2001, année de sortie initiale du premier coffret), une ouverture différente pour l'épisode six (certainement pour la même raison que précédemment) ainsi qu'une partie de l'épilogue de l'épisode sept (ici aussi, certainement pour la même raison). Toujours parmi les suppléments du disque 7, des extraits non retenus des entretiens avec Martin Scorcese, Fran Lebowitz, Donald Trump, Allen Ginsberg et Robert Caro. À noter que ces derniers suppléments sont en basse résolution.

Sur le disque 8, de nouveaux suppléments sont accessibles. Nous y retrouvons un entretien récent avec Ric Burns qui nous explique les raisons de ce huitième chapitre consacré au World Trade Center et l'importance de cette icône dans le monde, mais surtout dans la ville. Nous retrouvons une nouvelle fois, plus appropriée cette fois-ci, le documentaire sur le crash de l'Empire State Building (le même que dans les suppléments du disque 7, mais avec une page explicative sur son retrait). Enfin, un ensemble d'entretiens de plusieurs personnalités, dont le funambule Philippe Petit.

Nous ne pouvons que nous réjouir de pouvoir posséder de tels ensembles de documentaires. La qualité de production et surtout l'immense travail de recherche nous donnent un ensemble à garder et un savoir à transmettre. Le huitième disque, différent des sept autres, est un excellent résumé des tours jumelles et de la tragédie s'y rapportant. Un coffret exemplaire pour une ville unique.


Cotes

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