La Terre est notre planète, je ne vous apprends rien. Nous en sommes tous des colocataires: humains, animaux et végétaux. Mais y vivons-nous en harmonie et avec la conviction de transmettre les bonnes paroles et les gestes justes à notre descendance? Et comme le dit un des intervenants du film dont je vous parle aujourd'hui "Et si c'était nous, les humains, la race en voie d'extinction?".
"Sacred Planet" est un documentaire tourné avec la technologie IMAX et qui a commencé sa vie commerciale dans un réseau limité de seulement 18 salles le 22 avril 2004, Jour de la Terre. Sans profiter malheureusement de la qualité et de la grandeur d'une projection IMAX, les Studios Disney nous permettent aujourd'hui de posséder en format DVD ce magnifique documentaire qui en fera voyager plus d'un, avec de nombreux plans merveilleux et inédits.
Pour ceux qui se rappellent ou qui possèdent le très beau documentaire Baraka, le rapprochement sera rapide. Effectivement, il y a certaines similitudes dans les images et surtout dans la façon qu'elles étaient présentées: accélération du temps et assimilation des humains comme des milliers d'insectes allant et venant. En fait, la similitude s'arrête là. Baraka n'est pas un film tourné en IMAX et il ne possède pas le même message sous-jacent. "Sacred Planet" veut absolument nous sensibiliser sur nos différences en tant qu'êtres vivants, mais aussi en tant qu'élément d'un ensemble. Que se passe-t-il quand cet élément n'existe plus ou est modifié? Le reste de la structure s'écroule ou n'évolue plus de la même façon. Qu'est ce que l'enfance d'aujourd'hui ne doit absolument pas oublier pour que notre existence ne change pas dans le futur? Notre technologie moderne semble désormais aux portes des villages du fond de l'Afrique ou à l'entrée des forêts de Bornéo. Que vont devenir ces traditions qui ont su passer au travers de milliers d'années, car à l'abri du monde moderne? Même si la question semble simple, sa réponse, évidente, a de quoi faire réfléchir.
La technique de la diffusion accélérée des images simule, avec une certaine efficacité, le temps qui passe. Voir une ombre d'arbre se déplacer le long d'un rocher avec le ballet des nuages dans le ciel a quelques choses de poétique, mais aussi et surtout de concret: le temps passe et nous n'y pouvons rien. Le beau nuage en forme de lapin se désagrège pour laisser la place au ciel bleu ou simplement à un autre nuage, différent. Il est par contre un peu regrettable de constater la mise en avant de la narration par Robert Redford. En effet, de narration, il ne prononce que quelques phrases au tout début du film et puis c'est tout. Tous les autres commentaires sont dits par des habitants des régions traversées, en anglais, avec leur accent respectif, ce qui donne plus de cachet à l'histoire racontée.
L'origine IMAX de ce film sous-entend d'avoir un format d'image 1.33:1, car les écrans de ce type de cinéma grand format ne sont pas panoramiques, mais plutôt carrés. Il est donc un peu surprenant de constater la présence d'une version 1.85:1 anamorphique sur ce DVD. En fait, il s'agit simplement d'un recadrage de la version originale afin de s'adapter aux écrans larges. En général, ce genre de manœuvre réduit la qualité de l'image. Mais cette fois-ci, on s'en tire plutôt bien. Sans être absolument équivalente, la qualité de l'image en "panoramique forcé" est sensiblement identique à la version originale plein-écran, c'est-à-dire de superbes couleurs bien saturées et des plans naturellement éclairés. Deux bandes sonores sont disponibles. La piste DTS a toujours un petit plus à la piste Dolby Digital 5.1, mais les deux sont parfaitement adaptées aux images et augmentent sans aucun doute le plaisir du visionnement avec une ambiophonie qui nous enveloppe. Des sous-titres français sont disponibles, mais en général les dialogues sont facilement compréhensibles. Les pages de menus sont interactives et sonorisées.
En guise de suppléments, nous avons tout d'abord une piste de commentaires du réalisateur Jon Long qui nous explique tantôt les techniques employées pour faire certains plans, tel que ceux où le temps avance très vite malgré les mouvements de la caméra, tantôt les difficultés pour trouver les bons endroits, les bons villages et les bons peuples. Puis nous avons un documentaire de production "The Making of Sacred PLanet": Behind The Scenes". J'avoue avoir été un peu déçu par cette courte revuette de onze minutes, car il n'y a pas beaucoup de séquences "derrière la caméra" permettant justement de voir le travail de prises de vues. Intérêt donc plus limité. Enfin, un montage d'environ sept minutes, "Our Sacred PLanet: Unseen Moments in Time" nous permet de voir des plans qui n'ont pas été utilisés dans la version finale, le tout sur une piste audio adaptée. En fait, il s'agit souvent de l'extension de plans que nous voyons dans le film, mais ici d'une durée plus longue. Là encore, l'intérêt est limité, avec une légère frustration.
Je suis un grand amateur de documentaires et j'essaye de voir le plus de productions IMAX possible. Bien entendu, un film DVD ne rend pas la splendeur d'une projection sur écran géant. Il n'en reste malgré tout que le résultat est souvent enivrant de découvertes et de beautés. "Sacred Planet" ne faillit pas à la règle, tout en nous amenant une question en suspend: est-il encore possible de sauver notre chère planète? Alors si vous le pouvez, regardez ce film sur le plus grand écran que vous pouvez, choisissez la version plein écran et laissez-vous emporter pendant 45 minutes. Il est fort à parier que vous en redemanderez à la fin. Et je vous comprends...
| Film | 9 |
| Menu | 4 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |