The September Issue
E1 Entertainment / A&E IndieFilms

Réalisateur: R.J. Cutler
Année: 2009
Classification: PG
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)
Code barres (CUP): 774212102950

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
28 février 2010

"Si la mode était une religion, Vogue Magazine en serait la bible". Une phrase intrigante, une histoire qui l'est encore plus. Le documentaire "The September Issue" parle de la création de l'édition de septembre 2007 du magazine Vogue, la plus volumineuse édition à ce jour avec ses 840 pages (deux kilos!) d'influence. Le documentaire est aussi un regard sur l'agressive personnalité d'Anna Wintour et la passion de Grace Coddington. Grace, un ancien modèle devenue directrice créative est la seule personne qui tient tête à Anna. Cette dernière a atteint le poste d'éditrice en chef de Vogue en 1988, un rêve qu'elle caressait depuis 1971 lors de son passage au magazine Harper's & Queen comme assistante.

Ce documentaire nous fait comprendre pourquoi on l'appelle "Nuclear Wintour", mais plus le film avance, plus on comprend aussi son monde grâce à l'ouverture de Grace Coddington sur sa collègue. Au début du film, on ne voit que la froide Anna qui dicte à tout le monde, qui dit exactement ce qu'elle pense aux designers qui l'invitent dans leur domaine. Nous voyons des artistes qui ont du mal à faire passer leurs opinions. Mais voilà que Grace entre en scène et fait presque tourner la caméra sur elle pour le reste du documentaire (elle qui ne voulait même pas les voir). Son opinion à propos de ce qu'elle ressent suite aux actions d'Anna vaut de l'or. Sa déception est tangible, tout autant que celle d'Anna quand elle se fait faire le même coup par un de ses photographes (qui personnellement aurait besoin d'un coup pied au cul). Nous venons à apprécier Anna pour sa franchise, qui ne change pas pour plaire au "politically correct". Par exemple, elle aime... pardon... elle adore la fourrure et tient à ce que les pages de son magazine en contiennent largement, peu importe ce que les gens disent (elle est très haute sur la liste d'ennemis de PETA!). Ce que j'ai vraiment aimé, c'est Anna à la maison avec sa fille Katherine (qui ne veut pas vraiment suivre les traces de sa mère - pour l'instant!). Disons de la voir se promener avec le demiard de crème pour mettre dans son café nous fait retomber sur Terre de tous ces excès. Et quand elle contemple la fin prochaine de sa carrière, elle a comme un pincement au coeur et ça se voit. Elle parle de la fin de sa carrière de son père et se sert de sa réflexion pour savoir quand ce sera sa fin à elle.

Pour la qualité audiovisuelle, je ne m'attends jamais vraiment gros de la part d'un documentaire, mais ici nous avons une image vivante, bien ajustée autant en couleurs qu'en profondeur. Il y a quelques éléments de compression numérique quand nous regardons de près, mais rien de vraiment alarmant. Comme supplément, il y a une piste de commentaires très élaborée du réalisateur R.J. Cutler qui nous enseigne tout ce qu'il y a à savoir pour tourner un tel projet tout en nous donnant de délicieuses anecdotes. Cela est suivi d'une galerie de photos capturées par le cinématographe Bob Richman. Pendant huit mois, Cutler a eu accès comme personne pour faire la chronique de la construction d'un mois de Vogue et a capturé plus de 300 heures de travail et de commentaires des proches collaborateurs d'Anna. Nous retrouvons donc des séquences retranchées à travers les deux disques. Celles du premier disque sont plus ou main intéressante, à l'exception des séquences au "7th On Sale" où nous pouvons voir Anna la mère, Anna la businesswoman, Anna fâchée (mais qui se retient), Anna la fierté, Anna contemplative, Anna satisfaite. Cela aurait dû faire partie du film. Sur le second disque, il y a à ma satisfaction, beaucoup de séquences avec sa fille qui font le tour des designers de Paris (Channel et Nina Ricci, ...), le tout avec des conversations personnelles sur bien des sujets. Nous avons même des discussions préparatoires pour les photographies de Michelle Obama dans Vogue. Mais rien de tout cela n'est aussi émotionnel que de l'entendre parler au mémorial de Isabella Blow, une de ses anciennes assistantes. Le second disque montre aussi des séquences additionnelles à propos de Grace Coddington, Andre Leon Talley et Thakoon Panichgul en plus d'une version longue de la session de photo de Sienna Miller qui avait fait la page couverture de l'édition de septembre 2007 du magazine. En tout, près de deux heures de scènes supplémentaires s'offrent à vous si vous avez aimé le film. Vraiment excellent.

L'auteur Lauren Weisberger laisse transpirer à travers de son personnage Miranda Priestly la ressemblance avec son ancienne patronne dans son livre The Devil Wears Prada (aussi dans le film du même nom avec Meryl Streep), mais avec ce documentaire, nous voyons que ce n'est pas tout rose pour tous les côtés de la médaille..., et ce, probablement tous les mois d'édition du magazine. Voilà un film que j'attendais depuis un petit bout et si vous aimez les documentaires et la mode en général, je vous le conseille fortement. Et si la mode est votre dada, vous aller pouvoir du même coup jeter un coup d'œil aux créations de noms tels que Thakoon Panichgul (qui se voit donner une idée pour GAP directement d'Anna!), Oscar de la Renta, Patrick Demarchelier, Karl Lagerfeld, Nicolas Ghesquière, Jean Paul Gaultier, Stefano Pilati, Phillip Lim et Isabel Toledo, qui pour la plupart restent sans mots lorsque Anna leur donne son opinion et ajoute qu'il manque de couleurs!


Cotes

Film10
Présentation5
Suppléments8
Vidéo7
Audio7