Social Genocide
Mongrel Media

Réalisateur: Fernando E. Solanas
Année: 2004
Classification: PG
Durée: 114 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Non
Langue: Espagnol (DDST)
Sous-titres: Français, Anglais (brûlés dans l'image)
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
23 octobre 2005

Le réalisateur Fernando Solanas frappe un coup de masse avec son documentaire explosif "Memoria del Saqueo" qui explique dans le détail la déchéance de l'Argentine, qui est passé d'un des pays de l'Amérique du Sud les plus développés en un lieu où règne la pauvreté et la dette élevée. Pendant toute son existence, Fernando Solanas a toujours bien aimé parler de son Argentine natale. Que ce soit par la fiction ou le documentaire, il analyse sans cesse le destin de cette région pour noter ce qui fonctionne et ce qui cloche. Après des récits aussi inoubliables que La Hora de Los Hornos et, dans une moindre mesure, Tangos, le voilà qui s'attaque à la récente crise financière qui a paralysée ce pays pendant les années 1990 avec son dernier "Memoria del Saqueo" ("Mémoire d'un saccage" en français et "Social Genocide" en anglais).

Comme toujours chez le cinéaste de Sur, El Viaje et de La Nube, il lui est impossible de parler d'une problématique sans traiter de son passé. La corruption et le détournement de fonds semblent toujours avoir été monnaie courante en Argentine. À l'aide d'un montage audacieux incroyablement rythmé et jamais trop lourd, Solanas passe par-dessus de multiples successions de régimes qui ont affaibli le peuple. Il traite de ces hommes élus et des syndicats qui ont abandonné la masse, de ces capitaux envolés, de la privatisation des compagnies, de l'entrée du dollar américain, du rôle du Fond Monétaire International, du chômage perpétuel, de la mafia très présente, des enfants qui meurent de faim et bien plus encore.

Afin de ne pas perdre son spectateur, le réalisateur a découpé son documentaire en plusieurs chapitres distincts très homogènes. Il fait également appel à une multitude de sources extrêmement pertinentes pour dénoncer la chute d'une nation qui s'est littéralement fait vider ses capitaux et ses ressources sans réagir. Un saccage épouvantable, qui est survenu en période de paix.

Les images, qui proviennent de plusieurs endroits différents, offrent un éclairage toujours renversant de la situation. Cela indique également que la qualité vidéo varie énormément. Les archives ou les prises obtenues rapidement souffrent de plusieurs imperfections, alors que les caméras très stables utilisées récemment sont généralement fiables. Dans l'ensemble, il y a un peu de blocage qui peut survenir, ainsi qu'un générique qui se lit difficilement ou des teintes un peu sombres, mais c'est à peu près tout. Les sous-titres anglais ou français, en lettrage blanc, sont également faciles à décoder. Sans utiliser pleinement le potentiel des haut-parleurs, le son exprime judicieusement le chaos qui peut régner lors de différents montages presque apocalyptiques. La musique, d'une très grande force poétique, n'est jamais trop présente et elle demeure sobre. De son côté, la voix du narrateur sort toujours parfaitement bien et elle est d'un ton reposant, facile à supporter pendant près de deux heures.

À la seule vue de sa pochette, qui montre un enfant faire des doigts d'honneur, il est facile de deviner que cette œuvre sera provocante. Avec un tel sujet important et la multiplication des documents visuels et sonores, c'est dommage que ce documentaire ne tire pas parti des possibilités du DVD. Non seulement le menu principal est morne et vide (rien ne bouge, il n'y a pas de musique), mais les options se limitent seulement à en savoir davantage sur la compagnie de distribution. De quoi vouloir suivre un cours d'histoire spécialisé sur l'Amérique du Sud!

Contrairement à ses homologues (pour ne citer que Michael Moore), Fernando Solanas cherche à demeurer le plus objectif possible. Même s'il a reçu six projectiles dans le corps, cela ne l'empêche pas de chercher des réponses sans verser dans le sensationnalisme. Avec une succession de scènes démonstratives, "Memoria del Saqueo" est une décharge explosive qui fait réagir. À travers tous ces rêves brisés, le dernier chapitre parle d'espoir et d'un peuple qui va continuer encore et encore à se battre pour obtenir un minimum de démocratie. D'ici là, il faudrait souhaiter une édition spéciale avec de nombreux suppléments et, pourquoi pas, le récit d'un homme qui explique pourquoi l'Argentine lui est si importante.


Cotes

Film8
Présentation1
Suppléments1
Vidéo6
Audio6